La Shri Ram Chandra Mission n'est pas la seule organisation à proposer des méthodes de méditation. La transmission dont elle est si fière se traduit souvent par un asservissement qui fait perdre tout repère et isole inéluctablement l'individu de son environnement.
La Shri Ram Chandra Mission a été classée comme secte dans un rapport parlementaire français. Avant d'adhérer, informez vous !

439 articles – 3449 commentaires – Dernier ajout le 9/09/2017

“Take criticism seriously, without anger or sadness. Use it for correcting yourself, and welcome it.”
Kamlesh Patel (1/04/2015)

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29 avril 2015

Séduction compulsive au Sahaj Marg


Après Natural Path Meditation sur MeetUp.com, après le relooking de la page d’accueil de Sahajmarg.org, voici Heartfulness.org, un pas de plus vers une présentation aseptisée du Sahaj marg et de la Shri ram chandra mission.

Comme le disait Michael à propos de Natural path meditation, la SRCM a bien compris que les gens sont attirés par la spiritualité mais que les gourous leur font peur.

Ici, aucune mention d’un maître ou gourou, aucune mention du Sahaj marg et de la Shri ram chandra mission (sauf le bas de page : Sahaj marg spirituality foundation Inc. à l’origine de ce nouveau website).

Petit florilège :

Heartfulness, a spiritual adventure
Learn to Meditate with the help of yogic transmission
Experience the beauty of the heart
Experience Heartfulness
The Way of Experience

Ici, tout est basé sur l’esthétique : de belles photos évocatrices et quelques bons mots à la calligraphie soignée. Un site épuré pour le plaisir de l’œil et des sens ! Tout doit attirer, rien ne doit rebuter…

Des liens vers tous les réseaux sociaux ! Et bien sûr, tout un tas de rendez-vous pour découvrir cette "nouvelle" aventure spirituelle.

Kamlesh Patel a ouvert le champ de compétences des précepteurs pour qu’ils puissent accueillir tous les nouveaux venus. La SRCM a déployé ses filets et ses hameçons en espérant que la pêche sera bonne…


Alexis

A lire aussi :

13 février 2015

Le Sahaj Marg de Patel


ENGLISH TRANSLATION

Deux discours au lendemain de la mort de Chari et quelques Sahaj sandesh plus tard, le programme de Patel transparait et se dessine peu à peu. Les Whispers publiés (presque) en temps réel en renforcent et clarifient certains aspects.

D’abord pour marquer sa différence et s’affirmer, Patel ouvre le droit d’inventaire sur l’héritage de la période "charique" (1983-2014) de la SRCM et du Sahaj marg. Manque d’unité, problèmes d’organisation, de communication, etc etc. Bref, un système de classes et de privilèges, de jalousie et de compétition auquel Chari n’a pas su ni voulu s’opposer.
“(...) I am so mad. Privileges. We have crossed the limits of spiritual civility by showing ourselves to be so important. (…) We start establishing a class system in our Mission, (…) thinking ourselves as superior to others (…). You are not exclusive (…). Jealousy, discord and competition (…) kills everything.(…) This class system will be finished once and for all. (...)”

Ensuite, après avoir ouvert la porte aux critiques sur l’héritage du Père spirituel, Patel exprime son allégeance aux rédacteurs des Murmures du Monde lumineux. Renouant avec la tradition charique d’infatigable globe-trotter, il commence par rendre visite à “Mother” Hélène Peyret, l’une des médiums françaises dont il rompt l’anonymat. « Les médiums ne manquent pas dans la Mission, quelles que soient les possibilités que ceux-ci s’attribuent. » ajoutent les Whispers. « Bien des décisions seront à prendre ; il [Patel] sera sans cesse guidé et éclairé au mieux sur ce qu’il convient de faire. (…) »
En prêtant allégeance aux médiums, Patel relance le mystère autour du mythe religieux du Sahaj marg. La Région centrale devient soudain un niveau beaucoup plus lointain et inaccessible, tandis que les Whispers accélèrent le rythme en passant au chapitre de l’« étape finale », ce qui nous rapproche d’autant plus de l’apocalypse.
Le scénario prend des allures de science-fiction… On est loin du Paradis ! Le Monde lumineux n’est plus que l’antichambre de l’au-delà où Babuji, Chari et le cartel des grands maîtres attendent les abhyasis pour les guider, parce que le voyage ne fait que commencer. “Many people dream of the Brighter World, but it is just a waiting period for our Masters. They would like to take us and show us the other worlds.” ou bien encore : « Beaucoup d’êtres humains n’ont pas encore cette notion de la réalité de leur passage ici-bas et de la continuité de leur existence ailleurs sur d’autres plans de conscience (…) ». Il faudra gravir ensuite de multiples échelons, passer d’une dimension à l’autre pour approcher la Région centrale. “It is not a journey from place to place; it is from dimensions to dimensions (…). I don’t know how many of you have read a message by an entity called The Foreigner. I think he is mentioned in the third or fourth volume of Whispers. He is introduced as a person arriving into the Brighter World (…). Who is this Foreigner? He descended from yet another higher dimension. So there are many, many, many dimensions awaiting us. That travel is awaiting us; don’t waste time here, breaking your head and heart (…).” En chemin, on pourra croiser les créatures les plus improbables, pas nécessairement des plus avenantes…

Les whispers ajoutent que Chari n’avait rien compris au Monde lumineux : « Parthasarathi découvre la voie du Sahaj Marg autrement, vue de très haut pourrait-on dire. (…) Notre très cher Parthasarathi s’émerveille de ce qu’il découvre, hors de portée d’un être incarné, si grand soit-il. »
Patel dénonce les excès du règne de Chari, mais les Whispers appellent au renforcement de la hiérarchie voulu par Chari et promettent une restructuration :
« Son extension importante [celle de la SRCM] nécessitera une mise en place plus structurée avec de hauts responsables dans ses différentes parties. (…) une haute Hiérarchie veillera à la cohésion de cette structure essentielle au bon fonctionnement de l’empire spirituel sans précédent qu’il deviendra (…). [Chari] envisageait des aménagements pour faciliter certains aspects de la pratique ; tout doit être fait dans ce sens (…). Des changements se produiront dans la Mission : de nouvelles règles seront instituées (…). La Mission grandit, la charge des responsables aussi, elle devra à l’avenir se structurer différemment pour parvenir à une cohésion mondiale. (…) De nouvelles règles seront établies ; la progression de la Mission dans le monde appelle des changements qui seront profitables à tous. Nous veillons sans cesse et soutenons cette voie du cœur dont l’élu confortera ce qui existe pour son développement mondial. »
Et Patel de confirmer sa dépendance aux whispers pour la réorganisation de la SRCM dans un Sahaj Sandesh (N°2015.7 du 28 janvier) : “[Patel] mentioned some of the new changes the Hierarchy of Masters have permitted in the Mission, as have also been indicated in recent messages from the Brighter World.”
Patel et les mediums annoncent des changements, pour répondre à la dérive de la SRCM en système de classes et de privilèges sous la présidence de Chari selon Patel, pour assurer sa croissance future selon les médiums. Ils s’accordent sur un point : il faut changer, restructurer l’organisation, renforcer la hiérarchie… donc conforter l’establishment.
Les Whispers reviennent ensuite sur la nécessité de modifier les règles du préceptorat : « Être précepteur n’est pas anodin, cet engagement envers le Maître et la Hiérarchie toute entière est à considérer avant toute chose. Des changements parfois doivent se produire pour répondre aux nécessités du moment. (…) Son extension dans le monde appellera des règles nouvelles, notamment en ce qui concerne le préceptorat ; il sera à redéfinir dans le temps et à renouveler selon les circonstances(…). » Et Patel de poursuivre dans un Sahaj Sandesh (N°2015.13 du 12 février) : “(…) There were many important topics related to prefect work discussed as well. There have been requests from so many prefects to share the contents of the talks delivered to prefects in New Jersey. I would like to share the same theme in person with prefects all over the world in a systematic way. The program will be announced shortly. (…)”
Mais c’est encore les médiums de Whispers qui résument le mieux les choses : « La vie change, le monde évolue et la Mission grandit ; tout ceci amène une nouvelle façon de voir les choses dans son organisation, cela à tous les niveaux. Nous laissons notre cher Kamlesh s’installer dans son rôle de Maître pour amener quelques changements nécessaires. Un ajustement devra se faire en plusieurs points ; le temps écoulé a permis de voir ce qui devait être changé pour le bien de tous. Nous y veillons, de nouvelles règles devront être instituées, nous y reviendrons ; chaque chose en son temps.(…) Le nombre grandissant des abhyasis nécessitera des aménagements nouveaux, nous y reviendrons en évoquant quelques points à modifier. Que nos abhyasis se rassurent, tout sera fait pour leur bien et pour celui de la Mission. Nous inspirerons le Maître en place, pour le guider dans cette restructuration nécessaire en quelques points, dans la pratique notamment. »

Patel fournit aussi le calendrier de la Mission pour les mois à venir : célébration de l'anniversaire de Babuji à Lucknow (avec une probable visite de Kamlesh à l'ashram de Shahjahanpur), une grande fête d'anniversaire pour Chari à Thiruvallur.
Enfin, Patel réaffirme l’importance pour Chari du “ongoing Kanha project” à Hyderabad, auquel il rendra probablement visite aussi. Puis c’est au tour d’un whisper le 15 janvier : « (…) ce grand édifice en construction [Hyderabad]  deviendra un point important et symbolique de ce qu’elle [la Mission] représente désormais dans la vie de beaucoup d’êtres humains.(…) » Tout cela après un premier whisper de Babuji le 9 septembre 2014 : « (…) Ce haut lieu de la Mission en devenir (Hyderabad) aura une place de choix, il deviendra le phare, le point attractif de cette mission en connexion parfaite avec tous les autres centres de la mission en ce monde. (…) »
Le siège de la SRCM était à Shajahanpur sous Babuji, puis à Manapakkam sous Chari, sera-t-il demain à Hyderabad pour Patel ?

Hyderabad, capitale d’une SRCM restructurée par le renforcement de la hiérarchie et de l’establishment, selon l’exigence des médiums et malgré la diatribe antisystème de Patel, avec pour priorité la réforme du préceptorat…

Volonté de changement et de réforme ? Simples effets d’annonce ou prémices d’un changement prochain ? L’avenir le dira…

Alexis


A lire aussi :
- Le portrait de Kamlesh Patel, version Alexis

8 février 2015

Le Sahaj Marg de Chari


Un système régressif et protecteur
«Rien ne remplacera jamais l'expérience et le ressenti intérieur» répondent Fabrice et les autres abhyasis à nos critiques.
Honneur aux sensations, au détriment de l’évolution spirituelle.
Babuji prétendait rien de moins qu’offrir à ses disciples une méthode pour réaliser la fusion divine (accès à la région centrale) durant leur courte vie terrestre.
Avec Chari, nous avons oublié cela. Nous sommes heureux d’avoir des sensations, et cela nous suffit.
Nous ressentons quelque chose « le temps d’un moment, d’une médit, d’un séminaire » et tout est pour le mieux. Un instant partagé auprès de Chari, un temps d’extase fugace autour de l’expérience méditative ou de l’égrégore d’un séminaire, voilà qui suffit à hisser le Sahaj Marg sur le piédestal de la spiritualité, de quoi se croire supérieur aux autres, trop matérialistes pour ressentir quoi que ce soit.
Les Whispers des médiums, ces milliers de messages distillés au quotidien, ont remplacé la région centrale et la fusion divine par trop inaccessibles par un accès au Monde lumineux et aux grands maîtres quand nous mourrons : « Lorsque nos abhyasis quittent ce monde, ils peuvent alors mesurer le chemin parcouru et ils s’en réjouissent. »
Chari et les abhyasis ont construit un système où le Divin a disparu, remplacé par le maître vivant incarné et les promesses des Whispers pour le futur et l’Au-delà.

Concurrence et surenchère extatique,  sensation fugace, domaine de l’égo et pensée magique, «  le problème ... c'est NOUS !! NOUS avec notre immaturité , NOUS avec notre naïveté, NOUS avec nos demandes avides d'un PAPA idéal (Chari) et d'une MAMAN protectrice et aimante (la SRCM), NOUS avec cette peur enfantine d'être moins aimé, si on se met à critiquer (cela ne vous rappelle rien ?), NOUS avec cette peur viscérale d'entrer dans la vie, NOUS avec notre petit ego de plus en plus subtil, et... de plus en plus dur, NOUS avec tous ces mécanismes de défense (voir Anna Freud…), NOUS avec cette tentation très humaine de nous replier sur nous mêmes (Voir l'excellent Film d'un réalisateur indien "The Village" disponible dans tous les vidéos-clubs…), NOUS avec cette quête du Graal quasi obsessionnelle, NOUS avec ce penchant très égotique de vouloir sortir de la masse (J'AI une voie spirituelle, J'AI un Maître en Inde, JE ressens plein de choses, bref JE suis différent de vous (vous = masse laborieuse et matérialiste), NOUS avec ce transfert de responsabilité (nous sommes censés ne rien savoir, ne rien comprendre, et vivre ce pseudo-abandon comme une qualité spirituelle) alors qu'en fait il s'agit simplement de laxisme et d'irresponsabilité.
Nous cultivons donc les sensations... ce qui nous permet de nous en tirer à bon compte. Car la véritable spiritualité est exigeante, demande un effort considérable, une éthique exceptionnelle, un don de soi hors du commun et peut-être peu d'entre nous sommes capables d'envisager la spiritualité sous cet angle (cela nous remettrait beaucoup trop en cause). Et grâce à toutes ces sensations, nous avons l'impression de sortir de notre torpeur… le temps d'un moment, d'une médit, d'un séminaire...
Mais, au tout début... rappelez-vous… il n'était pas question de rechercher des sensations... mais d'évoluer !! De se sentir plus humain, plus aimant… bref de GRANDIR !! Au lieu de tout cela, NOUS avons participé à ce système régressif. » (Peter)

Patel ne dit pas autre chose : « Jalousie, discorde et compétition » (Discours du 27/12/2014 Serve our Master by Serving Humanity)

Elodie

22 avril 2014

La fabuleuse épopée du Sahaj Marg

Le dossier [HISTOIRE] d’Alexis mis à jour le 21 avril 2014 :


1945-2014 : Le Sahaj marg a 70 ans…
Il s’est répandu partout sur la planète. Déculturé, déterritorialisé et standardisé, il a mal résisté à l'évolution générale vers la mondialisation et l'individualisme. L’histoire officielle, passant de Lalaji à Babuji puis Chari… et bientôt Patel, constitue une vaste fresque historique de plus d’un siècle, linéaire et fluide mais complètement fantasmatique.
Cette légende fantasmée cache en réalité des origines religieuses multiples, un spiritisme teinté de paranoïa et des conflits de succession permanents. Une histoire non pas linéaire et fluide, mais heurtée, saccadée et violente…

La fabuleuse épopée du Sahaj Marg
A la fin du dix-neuvième siècle, Lalaji rencontre un maître soufi. Ensemble, ils fondent un enseignement syncrétique entre hindouisme et soufisme, dans le nord de l'Inde. En 1945, sur ordre posthume de Lalaji, Babuji fonde la Shri Ram Chandra Mission et la méthode du Sahaj marg. Une fois débarrassée de ses références soufies, celle-ci se répand jusque dans le sud de l'Inde. Arrivé en 1964, Rajagopalachari réalise une ascension fulgurante au sein de la Mission. En 1982, Babuji malade et vieillissant renie Chari et contre toute attente désigne son fils pour lui succéder.
Aussitôt après sa mort, Rajagopalachari tente de s'imposer à la tête du mouvement grâce à l'appui des Occidentaux, tandis que les partisans du fils de Babuji continuent de développer le Sahaj marg depuis son fief historique dans le nord de l'Inde, à Shahjahanpur. En 1999, Rajagopalachari rentre célébrer le centenaire de la naissance de Babuji en inaugurant le somptueux ashram de Manapakkam, à côté de Chennai. Fort de ses troupes d'adeptes occidentales et du pouvoir financier qu'elles lui confèrent, il revient triomphant dans son pays. Mais pour réussir ce tour de force, il a largement adapté et modifié le produit spirituel de Babuji. Il a exploité sans limites les plus bas instincts de ses troupes. Il est devenu un gourou autocrate, mais les résistances se multiplient…


D'abord un enseignement syncrétique issu de l'hindouisme et du soufisme (1891-1930)
A la fin du dix-neuvième siècle, en 1891 très exactement, un jeune hindou du nom de Ram Chandra Lalaji de Fatehgarh rencontre le maître d'une lignée soufie indienne. Cette rencontre entre un hindou et un musulman n'a rien d'exceptionnel dans cette région du nord de l'Inde, l'Uttar Pradesh, très peuplée et fortement islamisée. Leur amitié est beaucoup plus surprenante en cette époque politiquement sensible où les tensions interreligieuses entre communautés s'exacerbent.
Hazarat ou Maulana Shah Fazal Ahmad Khan de Raipur (1857-1907), surnommé plus simplement Hujur, est le guide spirituel de la Tariqa Mazahariya. Cette ramification de la confrérie soufie de la Naqshbandiya, créée par Mirza Mazhar Zanzana (1701-1781), est durablement implanté dans l'Uttar Pradesh. C'est déjà une sorte de syncrétisme entre les principales confréries soufies indiennes et certains enseignements traditionnels hindous. Hujur enseigne déjà indifféremment aux musulmans et aux hindous. Mais il va aller encore plus loin dans cette voie avec son disciple Lalaji. Ensemble, Ils mettent en évidence les équivalences entre les spiritualités soufie et hindoue et en réalisent une nouvelle synthèse. Leur objectif, totalement à contre-courant de l'histoire immédiate dominée par le repli identitaire face à l'envahisseur britannique, est d'abolir les frontières interreligieuses.
Le fruit de leur travail établit que la responsabilité principale de l'évolution spirituelle de l'aspirant repose dans les mains de son maître, à condition qu'il entre en contact quotidien avec son gourou par le biais de la méditation. Le maître déverse l'énergie divine dans le cœur de son disciple en le libérant de ses pensées impures. On retrouve des bases du Santmat posées par Kabir au quinzième siècle, comme des éléments des onze principes de la Naqshbandiya qui prônaient déjà la méditation silencieuse du cœur et le souvenir constant de la présence divine.
A la suite d'Hujur, Lalaji devient le premier guide spirituel hindou de la Tariqa Mazahariya, sans jamais se convertir à l'Islam. Son enseignement s'inspire de plus en plus du Santmat de Kabir et de ses successeurs au fil du temps. Ainsi, plusieurs de ses disciples fondent le courant des Ramashram Satsang, sorte de syncrétisme entre soufisme et Santmat, qui se répand dans le nord de l'Inde.
En 1930, un an avant sa mort, Lalaji désigne son propre fils Jag Mohan Narain pour lui succéder à la tête de l'ordre, contrairement au souhait d'Hujur de voir y accéder le neveu de Lalaji, Brij Mohan Lal Dadaji. Il crée ainsi pour la première fois au sein du soufisme un lignage héréditaire, qui porte le nom de Tariqa Ramchandriya.
NaqshMuMRA (Tariqa Ramchandriya soufie des descendants de Lalaji), Golden sufi center (Tariqa soufie issue du neveu de Lalaji), Ramashram satsang et Akhil bhartiya santmat satsang (deux syncrétismes entre soufisme et santmat) sont tous encore aujourd'hui des mouvements spirituels qui revendiquent un héritage direct de Lalaji et de sa famille.

Quelques liens


Le Sahaj Marga, un raffinement du raja-yoga (1931-73)
En 1945, non loin de Fategarh, Ram Chandra Babuji de Shahjahanpur s’auto-proclame unique héritier spirituel de Lalaji.
Différentes personnalités décédées depuis longtemps s'adressent à lui dans des rêves qu'il appelle des intercommunications, tels Lalaji, les soufis Hujur et Baqi Billah ou les hindous Swami Vivekananda, Ramakrishna et Bouddha lui-même. Ils demandent à Babuji de créer l'enseignement du Sahaj Marga (easy way, la voie facile) et de fonder l'organisation Shri Ram Chandra Mission (SRCM) à Shahjahanpur.
Babuji a réellement rencontré Lalaji trois fois en tout et pour tout. Le reste est le fruit d'une intercommunication qui débute au lendemain de la mort de Lalaji en 1931 puis s'interrompt pour reprendre à partir d'avril 1944. Entre temps, il fréquente différents mouvements issus de l’enseignement de Lalaji comme le Ramashram satsang du Docteur Chaturbhuj à Etah et celui de Shri Krishna Lal à Sikandrabad. Il rêve aussi qu'il se rend à Kanpur, siège de la famille de Raghubal Dayal Chachaji, le frère de Lalaji et père de Brij Mohan Lal Dadaji. D'après son journal, Babuji considérait qu'il était entouré de concurrents et d'ennemis. Ceux-ci auraient même tenté de l'empoisonner et de l'assassiner. Réalité ou délire paranoïaque ?
Les parents du jeune Babuji se sont d’abord offusqués qu'il fréquente des musulmans. Lui-même ensuite, avec son livre "Efficacy of Rajayoga in the Light of Sahaj Marg" publié en 1947, effectue un recentrage stratégique de son enseignement autour du raja-yoga et de Lalaji, effaçant ainsi toute référence au soufisme. Il est vrai que l'indépendance et la partition sont au cœur de l'actualité indienne du moment. Plus tard, en 1963, il exprime même l'opinion que le Sahaj Marga a remplacé les différentes confréries soufies qu’il juge dépassées.
Raffinement du raja-yoga, l'enseignement spirituel du Sahaj Marga élimine les difficiles étapes préliminaires à la méditation, le rendant ainsi plus facile et praticable pour notre époque. Les dix commandements édictés par Lalaji à Babuji précisent que la pratique comporte aussi une prière avant le lever du soleil, ainsi qu'une repentance pour les péchés commis au coucher du soleil. Sans oublier d'avoir un coeur empli d'amour et de dévotion, et que le but est d'atteindre l'unité avec Dieu.
Babuji débute son enseignement spirituel dans l'Uttar Pradesh, où il s'allie Kasturi Chaturvedi qu'il déclare bientôt "sainte du Sahaj Marga". Mais sa notoriété déborde rapidement du nord de l'Inde et se propage à l'ensemble du pays. Des hommes du sud le rejoignent, tels Raghavendra Rao au sud-ouest (Raichur, Karnataka), le Docteur KC Varadachari au sud-est (Tirupati, Andhra Pradesh), puis Parthasarathi Rajagopalachari plus au sud encore (Chennai, Tamil Nadu).
La rencontre entre Babuji et le Docteur Varadachari se transforme vite en une profonde amitié. Titulaire de la célèbre Chaire de Vivekananda à l'Université de Madras, ce professeur de philosophie crée le Sahaj Marg Research Institute en 1965 et contribue ainsi largement à la diffusion du Sahaj Marga auprès du grand public.
Babuji nomme des précepteurs, chargés de servir de canal de transmission entre lui et ses disciples. A la fin des années soixante, certains d'entre eux partent à l'étranger et commencent à diffuser le Sahaj Marga. Babuji effectue son premier voyage en Occident en 1972, accompagné de Parthasarathi Rajagopalachari. Et la Shri Ram Chandra Mission s'agrandit.
Le Docteur Varadachari alerte Babuji sur les risques de dérives de l'enseignement dues à son expansion dès 1970, mais il décède l'année suivante. Et Babuji vieillit et fatigue lui aussi, il a 75 ans en 1974 quand il est hospitalisé à Lucknow. L'année précédente, Kasturi Chaturvedi, Raghavendra Rao et Parthasarathi Rajagopalachari lui ont proposé de le seconder dans son travail spirituel. Kasturi s'occuperait du nord, Rao du sud et Rajagopalachari de l'extérieur de l'Inde, mais Babuji a refusé et il continue inlassablement de voyager.

Quelques liens


Le Sahaj Marg, enjeu de pouvoir (1974-84)
Babuji a d'abord préparé son grand ami le Docteur Varadachari à sa propre succession. Mais ce dernier est mort bien avant lui, dès le 30 janvier 1971, le laissant dans l'embarras. Il se rapproche alors de Rajagopalachari devenu son disciple en 1964, le nommant secrétaire de la Mission en 1970, et tout semble bien aller entre eux. Mais soudain, tout bascule en 1982. Babuji lui fait de graves reproches dans un courrier en date du 6 avril et il nomme un autre secrétaire à sa place le 28 juin.
En septembre 82, très malade et affaibli, Babuji écrit depuis Paris que certains complotent pour accaparer les biens de la Mission. Il accuse Rajagopalachari d'avoir tenté de l'empoisonner à de multiples reprises depuis huit ans. Il ajoute enfin que celui-ci se présente aux disciples occidentaux comme le futur président de la Mission, alors qu'il vient de nommer secrètement son propre fils pour lui succéder. Réalité, paranoïa ou bien sénilité ?
A Paris, Babuji est malade. Il délire et ne peut marcher seul. Le médecin qui l'accompagne confirme qu'il n'aurait jamais dû entreprendre ce voyage vu son état de santé. Le français André Poray en profite pour lui voler la vedette. Dans son coin, Rajagopalachari susceptible broie du noir et devient taciturne et agressif.
Babuji décède le 19 avril 1983. Lors du rassemblement qui se tient le 10 juillet suivant, deux prétendants se manifestent. Le fils aîné de Babuji, Prakash Chandra, présente la candidature de son fils, Sharad Saxena, tandis que Parthasarathi Rajagopalachari présente une lettre de nomination datée du 23 mars 1974. Le comité de travail renvoie sa décision au mois de février suivant.
En février 84, Rajagopalachari profitant de l'anniversaire de la naissance de Lalaji va à Shahjahanpur, mais on lui fait comprendre qu'il n'est pas le bienvenu et il doit se retirer de l'ashram. Le comité se réunit donc en dehors de sa présence. Lors de sa réunion des 6 et 7 février, le nouveau secrétaire général SA Sarnad propose que le comité soit présidé par son doyen, PC Chaturvedi. Les deux candidatures de Sharad et Rajagopalachari sont rejetées pour tromperie. Le comité précise que la lettre de Rajagopalachari a été oblitérée à une date antérieure à celle qui figure à l'intérieur et que Babuji avait porté plainte pour le vol de quatre lettres à entête de la SRCM. Sarnad présente alors au comité la lettre de nomination secrète qu'évoquait Babuji et qui désigne un autre de ses fils, Umesh Chandra Saxena, datée du 16 avril 1982. Le comité l'examine, la valide et déclare Umesh Chandra président. Sarnad est chargé de diffuser une circulaire pour annoncer sa nomination qui est entérinée en assemblée générale devant 982 membres le 8 février 84.
Selon les partisans de Rajagopalachari, Kasturi et le canadien Donald Sabourin ont été les témoins de sa nomination. Le fils du Docteur Varadachari, K.C. Narayana ajoute que Babuji lui a annoncé en 1979 qu'il aurait à travailler en étroite relation avec Rajagopalachari après sa mort. On dit aussi que Babuji déclarait toujours en 1980 à Munich qu'il lui laisserait le pouvoir. Et tout le monde s'accorde à dire que les enfants de Babuji ne participaient pas aux méditations collectives hebdomadaires et n'ont jamais montré aucun signe d'intérêt pour les choses spirituelles.
Mais Parthasarathi Rajagopalachari, cet homme du sud, fumeur de cigarettes américaines très occidentalisé, n'est pas du tout apprécié par les seniors précepteurs. En 1981, deux d'entre eux, Raghavendra Rao et Ramachandra Reddy, ont effectué une tournée non officielle aux Etats-Unis en compagnie d'Umesh Chandra Saxena, qui n'est pas même précepteur. Les détracteurs de Rajagopalachari affirment aussi que Babuji l'a destitué de toutes responsabilités et ils ajoutent qu'il a accompagné Babuji sans son accord dans sa dernière tournée en France, déclarant qu'il serait président avant la mort de Babuji à des disciples danois.
Alors, la lettre de nomination de Rajagopalachari est-elle une contrefaçon ? Babuji a-t-il démis Rajagopalachari de toutes ses fonctions ? L'accuse-t-il à juste titre des pires atrocités ou bien son courrier de Paris n'est-il que le fruit du délire et de la sénilité ? Pourquoi sa famille a-t-elle commencé par présenter la candidature de Sharad en juillet 83 avant de faire valoir la lettre de nomination secrète d'Umesh Chandra ? Autant de questions qui resteront sans doute à jamais sans réponses.
En désignant son fils, Babuji stipulait qu'il deviendrait président de la Shri Ram Chandra Mission de Shahjahanpur et représentant spirituel en droite ligne de succession. Dans son courrier d'accusation, il précisait qu'il serait secondé dans sa tâche par KC Narayana, SP Srivastava et deux autres disciples. Mais Umesh Chandra cède provisoirement sa place à Srivastava, nouveau président élu et non pas désigné, pour éviter la dislocation de l'organisation. Ce dernier siège donc à Shahjahanpur et s'attelle à la publication du journal de Babuji.
Rajagopalachari fait sécession, rassemble un autre comité à Hyderabad qui le désigne président, puis il siège à l'ashram de Chennai dans le sud de l'Inde, et parcourt le monde en quête d'appuis. Narayana reste fidèle à la demande de Babuji de 1979 et trahit celle de septembre 82, il rallie Rajagopalachari et refuse de seconder Umesh Chandra. C'est ensuite au tour de Sarnad de rejoindre le clan de Rajagopalachari, interrompant ainsi la diffusion de la circulaire de nomination d'Umesh. Rajagopalachari, quant à lui, contacte les précepteurs nommés par Babuji, leur donnant l'ordre de le reconnaître président, faute de quoi il les démet de leur fonction.
En Europe, certains disciples de Babuji complètement égarés suivent André Poray, tandis que débute une longue bataille juridique entre Umesh Chandra Saxena et Parthasarathi Rajagopalachari, pour la présidence de la Shri Ram Chandra Mission et le contrôle de l'ashram de Shahjahanpur.

Quelques liens


Le Sahaj Marg à la conquête du monde (1984-2004)
Parthasarathi Rajagopalachari, surnommé Chari ou plus affectueusement Chariji par ses disciples, est en quête d'une légitimité qui lui manque. Il connaît bien la culture occidentale et la maîtrise parfaitement. Diplômé d'une licence scientifique, il a séjourné deux ans en Yougoslavie puis commencé à travailler dans l'ingénierie chimique. Rapidement, il a intégré le conglomérat industriel indien TTK & Co de Krishnamachari, d'où il dirige sa filiale Indian Textile Paper Tube jusqu'à sa retraite en 1985. Son travail l'a ainsi amené à parcourir le monde à de nombreuses reprises, représentant son pays lors d'une Conférence internationale sur les normes ISO en Suisse entre autres. Habile chef d'entreprise, il sait parfaitement diriger les hommes et gérer ses affaires.
Sans cesse en voyage, il parcourt tous les continents, faisant de l'Occident sa tête de pont. Il courtise ses disciples et ils sont vite subjugués par cet homme. Ils le trouvent charismatique et doté d'un regard étrange, à la fois pénétrant et troublant, en un mot fascinant. Ils le suivent partout, se pressent à ses pieds, lui demandent son avis sur tout et n'importe quoi et affichent son portrait chez eux. Les germes du culte de la personnalité sont tous là, il va savamment les exploiter pour renforcer son pouvoir d'attraction et la dépendance de ses disciples qui se transforment progressivement en adeptes asservis.
Il modifie la pratique spirituelle, sa définition et son histoire pour qu'elles répondent mieux à ses besoins. Une fois la pratique codifiée et ritualisée, la légende instaurée et le produit spirituel bien standardisé, la marque Sahaj Marg™ est déposée à l'Agence américaine du Département du commerce (U.S. Patent & Trademark Office) le 29 juillet 1997. Pour couronner le tout, les statuts de la SRCM, société californienne, sont déposés dans la foulée.
Rajagopalachari nomme des précepteurs à tour de bras, non plus sur leur profil spirituel mais en fonction de leur ambition et de leur arrivisme. Il pratique alors un prosélytisme débridé, leur demandant de recruter sans cesse de nouveaux adeptes. Selon Babuji, l'objectif était d'atteindre la taille critique nécessaire au basculement de l'humanité dans la spiritualité. Il galvanise donc ses troupes de précepteurs après les avoir préalablement culpabilisées pour leurs manques de résultats. Ils doivent faire du chiffre, toujours plus de chiffre, rien que du chiffre. Les précepteurs sombrent alors dans l'angoisse de déplaire au maître, de ne jamais en faire suffisamment pour mériter son affection. Un mal-être permanent qu'il entretient soigneusement.
La stratégie de séduction des Occidentaux utilisée par Rajagopalachari ainsi que ses méthodes de management s'avèrent payantes si l'on en croit les chiffres avancés par les uns et les autres. Lalaji avait 100 à 200 disciples, Babuji environ 3 000 et 180 précepteurs. Rajagopalachari porte ce nombre à 20 000 en 1991, 50 à 55 000 vers 1995-97 et 75 000 en 2000 avec environ 1 500 précepteurs. De nombreux centres sont ouverts au Danemark, en France et en Suisse, au Canada et aux Etats-Unis, en Afrique du sud, en Australie, en Malaisie et à Singapour ou à Dubaï.
Fort de son succès occidental, Rajagopalachari revient donc tout puissant en Inde en 1999 pour fêter le centenaire de la naissance de Babuji. Le 30 avril, il inaugure le Babuji Memorial Ashram, à Manappakam dans la banlieue de Chennai, un ashram de cinq hectares qui peut accueillir 13 000 personnes à l'intérieur de son hall de méditation.
De son côté, la Shri Ram Chandra Mission de Shahjahanpur n'a pas connu le même succès. Elu en 84 puis réélu en 90, Srivastava a publié la seconde partie du journal de Babuji (mai 44 à juin 55) en trois volumes qui paraissent de 1987 à 89. En 1994, Umesh Chandra Saxena a été élu à la place de Srivastava, mais rapidement il ne fait plus l'unanimité. Il ne travaille pas, utilise l'argent de la Mission pour soutenir le train de vie de sa famille et invite des politiciens véreux pour des fêtes tapageuses. Raghavendra Rao et Srivastava prennent leurs distances, de même qu'André Poray en France.
Les défections n'ont pas épargné non plus le clan de Rajagopalachari. KC Narayana, qui avait repris la tête du Sahaj Marg Research Institute créé par son père, abandonne son poste en 1991 pour fonder l'Institute of Sri Ramchandra Consciousness (ISRC) à Hyderabad. Il reproche à Rajagopalachari de laisser se développer le culte de la personnalité et se refuse à lui reconnaître le titre de représentant spirituel de Babuji. Kasturi Chaturvedi dit à peu près la même chose lors d'un discours mémorable le 30 avril 95 devant les adeptes de Rajagopalachari assemblés à Chennai. N'ayant jamais joué de rôle administratif, elle prend encore un peu plus de distances et se retire à Lucknow.
En réalité, Rajagopalachari n'a jamais été complètement absent de son pays, mais il s'est cantonné dans son fief du sud à Chennai. Pour asseoir sa légitimité, il fait figurer sur la liste de ses précepteurs des célébrités comme Kasturi ou le petit-fils de Lalaji, Dinesh Kumar Saxena, avec ou sans leur consentement. Il développe des relations fort utiles avec des personnalités indiennes de poids. Il intègre à son propre comité de travail des représentants de la justice, des fonctionnaires de police et des entrepreneurs.
Fort de ses appuis intérieurs et de l'argent qui lui vient de ses troupes occidentales, il n'hésite pas à reprendre de force des ashrams tenus par ses adversaires. Ainsi dès 1984-85, ses sbires s'emparent des ashrams de Visakhapatnam, Nellore et Vadodara. En 88, c'est au tour de l'ashram d'Allahabad puis en 91 de Delhi et Moradabad, jusqu'à une première tentative avortée à Shahjahanpur même en 97.
Si l'on en croit le principal intéressé, le retour de Parthasarathi Rajagopalachari en Inde connaît un succès foudroyant et est couronné par une victoire à plate couture sur son organisation rivale, la Shri Ram Chandra Mission de Shahjahanpur. En 2003, il annonce que le nombre de ses disciples a été multiplié par trois en trois ans. De 75 000 en 2000, il serait passé à 200 ou 300 000 dès 2003-04.

Quelques liens


Le Sahaj MargTM, multinationale spirite et apocalyptique (2005-14)
Au crépuscule d'une multinationale parvenue à son apogée
Parthasarathi Rajagopalachari réunit facilement plus de 50 000 personnes lors des grandes cérémonies annuelles qu'il organise pour fêter son anniversaire. Il y a des pratiquants réguliers, des cotisants et des sympathisants. Avec cette approche, on obtient une très large fourchette de 71 000 pratiquants à 260 000 sympathisants à travers le monde. Tout cela pour un peu plus de 3 000 précepteurs…
Le Sahaj Marg™ de Rajagopalachari, c'est aussi un petit empire foncier, immobilier et financier. En 1997, Umesh Chandra Saxena estimait son patrimoine à quelques 200 millions d’euros quand elle déclarait 55 000 adeptes. Si le patrimoine avait suivi la même évolution que les effectifs, on frôlerait aujourd’hui le milliard. Des dizaines d'ashrams, des centres de retraite, un institut de recherche et de formation, une école internationale, une marque internationale … L'organisation qui gère cette multinationale dans la plus grande opacité est composée de 5 fondations créées entre 1994 et 2012 en Suisse, aux Etats-Unis, en Inde, à Dubaï et Hong Kong. Auxquelles viennent s'ajouter une association mère (SRCM) et une vingtaine d’associations nationales satellites, 2 sociétés pour la gestion de l’Omega School et un trust pour la vente des publications.
Grisé par son pouvoir, Rajagopalachari en use et en abuse sans limites. Ainsi en 2003, ses sbires essaient à nouveau de s'emparer de l'ashram de Shahjahanpur seulement quatre jours après le décès d'Umesh Chandra Saxena. Ils renouvellent leur tentative avec succès le 2 avril 2006 et s'emparent aussi de l'ashram de Raichur après le décès de Raghavendra Rao. Rajagopalachari se rend lui-même à Shahjahanpur en octobre 2007 pour marquer sa victoire symbolique. Autoproclamé seul maître vivant du Sahaj Marg mondial, il impose sa volonté aux courants alternatifs aussi bien qu'à ses propres adeptes.
Repoussant toutes limites, il ne demande plus à ses adeptes que d'obéir et servir. En 2005, faisant appel à leur seule confiance, il lance une campagne de souscriptions de 250 € par adepte pour un livre dont le contenu n'est pas divulgué. En 2007, la souscription passe à 1200 dollars USD pour un cadeau tout aussi secret… Oubliés les 10 commandements de Babuji, le livre « Whispers from the Brighter World » devient la nouvelle Bible du Sahaj margTM. Produit du spiritisme entre une médium française et un Babuji depuis longtemps décédé, cette nouvelle religion promet à l’humanité une apocalypse mondiale. Elle promet aussi aux meilleurs de ses adeptes que leurs enfants constitueront une nouvelle race, une élite chargée de régénérer un Nouveau monde spirituel à venir.
Fort de son patrimoine et de son pouvoir sur les hommes, Chari est aussi parti à la recherche de la reconnaissance extérieure qui lui fait défaut pour obtenir une certaine respectabilité. Pour ce faire, il flirte avec les Nations unies sur les thématiques humanitaires et éducatives. Côté humanitaire, il ouvre quelques ashrams indiens pour prodiguer des soins gratuits ou distribuer de la nourriture, les centres de lumière. Côté éducation, à partir d'un travail élaboré par son Institut de recherche, il diffuse les valeurs spirituelles du Sahaj Marg (VBSE) dans une centaine d'écoles indiennes puis fonde en 2005 sa propre école, la Lalaji Memorial Omega International School (LMOIS).
La même année, son organisation s'associe au Département de l'information de l'ONU (UNDPI). En 2009, la SRCM organise une compétition nationale de composition écrite dans toutes les écoles indiennes en collaboration avec le Centre d'information des Nations unies pour l'Inde et le Bhoutan (UNIC), à l'occasion de la journée internationale de la jeunesse du 12 août. Cette action, entreprise par la seule SRCM depuis 1989, aurait mobilisé près de 75 000 enfants et jeunes participants de 10 à 24 ans en 2008.
A Chari, tout sourit ! Sahaj marg et SRCM sont à leur apogée. Tout lui sourit, mais le déclin pointe son nez…
Depuis Dubaï en octobre 2008, Chari décrète soudain l'austérité financière et gèle tous les projets d'avenir. En janvier 2009, il déclare qu'un cancer ronge le Sahaj marg de l'intérieur et que son organisation est menacée de désintégration. L'indiscipline règne partout, il y a des scissions entre communautés, des centres dissidents qui ignorent la Mission. Bref, il fait des cauchemars où il voit la SRCM se désintégrer en 240 petites missions. Son successeur désigné Ajay Kumar Bhatter démissionne en 2010. Acculé, Chari en nomme un nouveau en 2011 et annonce sa démission à son profit le 15 août 2012 dans un gigantesque bhandara spécial…
Réalité, paranoïa ou bien sénilité ? Crise financière, crise morale, crise d'ego ? C'est en tous les cas une atmosphère de fin de règne…
En effet, Parthasarathi Rajagopalachari vieillit à son tour. Il a fêté ses 85 ans en 2012, désigné des successeurs pour étouffer les conflits internes. Mais ce n'est pas pour autant l'entente cordiale au sommet de la hiérarchie. Tout va bien tant qu'il est là, mais demain ? Ses opportunistes lieutenants attendent leur heure. Son fils unique PR Krishna le richissime héritier et ses petits-enfants Barghav et Madhuri, son dernier successeur désigné Kamlesh Desaibhay Patel, Santosh Khanjee l'éminence grise ou bien encore AP Durai et US Bajpai ses hommes de mains, tous fourbissent leurs armes.
Parmi les adeptes aussi, tout ne va pas bien. En 2005, il a fini par déclencher des réactions à force de toujours réclamer plus d'argent. Un livre vendu 250 € pièce, des ventes aux enchères organisées pendant les séances de méditation collective lors des rassemblements internationaux de Vrads Sande au Danemark et de Lignano en Italie, c'en est trop. En janvier suivant, ne pouvant s'exprimer librement en interne, une adepte suisse désespérée ouvre sur le web un blog intitulé « Pour que vive le Sahaj Marg, débarrassé des dérives de la Shri Ram Chandra Mission », bientôt suivie par d'autres. Les mythes qu'il avait construits sont dénoncés les uns après les autres.
En janvier 2007, Navneet Kumar Saxena arrive à son tour sur le web. Petit-fils de Babuji et président de la Mission de Shahjahanpur, il informe que la bataille juridique engagée par son père contre Rajagopalachari n'est toujours pas clause et l’accuse, documents officiels à l'appui. Quand il jette l’éponge et se tait, c’est au tour d’un autre petit-fils de Babuji, Sharad Chandra Saxena, de prendre la relève.
Des disciples de Raghavendra Rao et de Kasturi Chaturvedi ouvrent des blogs et accusent eux aussi. Dinesh Kumar Saxena, petit-fils de Lalaji, crée un site web ; KC Narayana, le fils du docteur Varadachari, personnalise le sien ; SP Srivastava crée une association… En France et au Canada, des gens qui avaient suivi André Poray ou Kasturi dévoilent sur le web qu'il existe un peu partout des communautés indépendantes de disciples fidèles à l'enseignement de Babuji, toujours bien vivantes aujourd'hui.
Chari s’est imposé comme le patron incontournable du Sahaj marg et l’a développé au-delà de toute attente. Les parts de marché du Sahaj marg sont énormes mais elles seront bientôt à prendre. Tout le monde s'agite, jusqu'à dire et faire n'importe quoi. Comme cette personne restée anonyme qui a proféré des accusations de viol, d'inceste et de pédophilie sans que l'on sache précisément quel leader du Sahaj marg était incriminé. Comme une médium française anonyme délirant dans les jardins du Babuji Memorial Ashram sans que personne ne l’arrête, démolissant un couple au passage et n’hésitant pas à s’ériger comme la représentante spirituelle de Babuji tout en prédisant pour 2010 l’apocalypse nucléaire entre la Chine et l’Europe, où le Royaume-Uni serait totalement détruit…
Ce n’est que le début, et c’est loin d’être fini ! Dans cette atmosphère délétère et apocalyptique, toutes les hypothèses les plus folles sont envisageables. La seule certitude est que le Sahaj marg et la SRCM n’ont strictement plus rien à voir de près ou de loin avec la spiritualité, si tant est que ce fut le cas un jour…

Quelques liens

Alexis

24 mars 2014

SRCM et Sahaj Marg en France

ENGLISH TRANSLATION

La SRCM en France, un article d'Alexis

En bref
1 200 abhyasis en 2013 (estimation)
9% des effectifs hors Inde (27% de l’Europe de l’ouest)
0% de croissance annuelle (stabilité depuis 2000)
Pénétration : près de 20 abhyasis par million d'habitants (15 dans le monde)
Précepteurs : 110 en 1995, 97 en 2007 – Estimation 2013 : 110-120
Ashrams : Château d’Augerans, siège européen de la Mission, de 1988 à 2003
Autres principaux ashrams : Paris, Montpellier & Nice
43 centres et 6 zones en 2006-09 : 8 grands centres (dont 3 avec un ashram) et 35 petits centres, dont 8 sans précepteurs...
1 association loi 1901 SRCM créée le 9 août 1986 à Dôle (Jura), rapatriée depuis à Paris
- Chiffre d’affaires > 300 000 €, variable selon les années
- Patrimoine > 2 millions d’euros
- Montant de la cotisation de base : 150 € depuis 2009, 75 € auparavant
836 000 € de donations françaises aux SRCM et SMSF indiennes sur 7 ans (période 2006-12, d’après le FCRA (Ministère indien des affaires intérieures)

Créé en 1972, Nice est le premier centre occidental de la SRCM avec le célèbre full précepteur André Poray. Et longtemps, la France a été le premier pays après l'Inde pour l'importance de sa communauté d'abhyasis. Les effectifs ont flirté avec la barre des 2 000 à la fin des années 90, pour s'effondrer ensuite autour du millier. Non pas à cause de la politique française sur les sectes mais en raison d'importantes dissensions internes.
Chari n’a pas que des amis en France. Une part importante des abhyasis de Babuji a refusé de suivre Chari à sa mort, André Poray en tête. Plusieurs communautés frondeuses et autonomes existent encore aujourd’hui, notamment autour de Vendôme et Lyon.
En 1986 était créée l'association SRCM France. En 1988, le château d'Augerans (39) était acheté pour devenir le siège européen de la Shri Ram Chandra Mission et le premier ashram occidental. Il a été revendu en 2003, sous la pression de Chari.
La répartition géographique des abhyasis est très inégale. Ils se concentrent principalement en région parisienne et dans le sud, autour de Montpellier et Marseille-Nice-Toulon. Déjà en 1995, l'Ile de France et la zone sud réunissaient trois quarts des abhyasis, deux tiers des précepteurs et la moitié des centres.
Le Management committee se confond avec le conseil d'administration de cette association loi 1901. Il est composé du président Chari, d'un vice-président (Country-in-charge), un secrétaire, un trésorier, un auditeur interne et une personne chargée des relations extérieures ainsi que de quelques membres, dont une grande partie sont étrangers. Il existe aussi différents secteurs d'activités : finances, information interne, séminaires, aspects juridiques, éditions-publications et centres.
Sur le plan de l'organisation spirituelle depuis 2012, la France et son vice-président 5CIC) sont sous la responsabilité d’un Regional coordinator "West Europe" (RC), lui-même sous un Region-in-charge "Europe" (RIC). Ensuite, la France est elle-même découpée en 2 zones, nord et sud avec leur Zone-in_charge (ZIC). Ces découpages "administratifs" changent régulièrement, au gré des humeurs de Chari et des faveurs/punitions qu’il veut accorder aux uns et aux autres (ainsi, il y avait 6 zones en France dans la période 2006-09). Il y a quelques années, sont venues se greffer sur cette hiérarchie des "développeures", en charge du développement des petits centres de la zone à laquelle elles sont rattachées.
En 2009, Chari a décidé unilatéralement du doublement de la cotisation de 75 à 150 €. Auparavant, 3 quarts des abhyasis étaient cotisants : la moitié des cotisants payaient 75 €, 48% versaient plus, 2% moins. Sur les 75 € de base, 60 € partaient au niveau national, 15 € seulement restaient au centre local…

Alexis

A lire aussi :


6 mars 2014

Le Sahaj Marg : tu l’aimes ou tu le quittes


Un nouvel article d’actualités d’Alexis :

Deux personnes sur trois quittent la Mission

Le 21 septembre 2013, Kamlesh Patel adressait un courrier aux ZIC et CIC (responsables de zones et de centres de la SRCM), où il insistait sur la nécessité d’entourer les nouveaux arrivants pour qu’ils ne soient pas tentés d’abandonner le Sahaj marg au bout de quelques semaines.
“(…) Thanks to the good work being done by all, the Mission has been growing slowly, yet steadily. The growth of our Mission needs to be well balanced on 2 counts - Quality & Quantity. We need to ensure that we are able to offer the necessary support to ensure that those who commence their practice, get to stay on, instead of dropping away after a few weeks or months.(…)”
On savait le taux d’abandon élevé, en voici une nouvelle confirmation. Rappelez-vous les mots de son prédécesseur Ajay Kumar Bhatter : il faut 3 introductions pour faire un nouvel abhyasi ! Autrement dit, 2 personnes introduites au Sahaj marg quittent la mission quelques temps plus tard…

Prasanna Krishna, regional in charge pour l’Océanie, ne dit pas autre chose lors de sa visite au printemps 2013 :
“When asked about why abhyasis leave the mission and how we can prevent this, Br Prasanna mentioned that in most cases it is noticed that abhyasis leave after two to three years of practice. They complain that they don’t feel anything happening and basically reach a state of stagnation. (…)“
Le constat est le même, seule l’échelle de temps diverge de quelques semaines à quelques années.

Suite au passage de Prasanna et en réaction à ses dires, un abhyasi local ajoute : “I realised that Sahaj Marg is really like a large family. When we are all together, something changes at a subtle level, we begin to feel that there is no real difference between people inspite of apparent differences which tend to be more superficial in nature than core. Just being together fills us with an inexplicable inner joy. We are all a team of people with our imperfections, working on ourselves, trying to achieve the same goal in one glorious journey together.”
Pour que la magie du Sahaj marg opère, il est indispensable que les abhyasis se regroupent autour d’un objectif commun qu’ils partagent, "comme une grande famille", et c’est seulement alors que quelque chose "change à un niveau subtil"…
Voilà donc l’explication fournie quant à la magie du Sahaj marg : la nécessité d’une vie de groupe, une vie de famille. Ils appellent ça un égrégore, les sociologues parlent plus couramment et surtout plus prosaïquement des effets de groupe, de psychologie des foules ou de conscience collective.

“(…) Lastly Br Prasanna touched on the topic of pain and suffering. He mentioned that suffering in our lives is important for spiritual growth. Many times apparently what seems to be suffering or loss helps in spiritual evolution.“
Comme si cela ne suffisait pas, avec le Sahaj marg, il faut savoir souffrir avant de pouvoir connaître une évolution spirituelle. On comprend mieux pourquoi tant de personnes décrochent rapidement, on est loin très loin du paradis sur terre. Au Sahaj marg, la souffrance est au cœur de l’apprentissage…

MeetUp et Natural Path Meditation

Traditionnellement, la croissance de la Mission est dévolue aux précepteurs qui doivent faire du prosélytisme tous azimuts. Mais les parts du marché mondial de la méditation ne sont pas extensibles à l’infini, alors que l’offre mondiale de techniques de méditation est pléthorique.
La croissance de la SRCM marque le pas, les abandons sont nombreux. Alors, comment rebondir et s’adapter au marché du XXIème siècle ?
Il faut s’adapter : une présence accrue sur le web et dans les réseaux sociaux, se focaliser sur la gestion du stress et le bien-être, en occultant tout ce qui peut faire fuir un Occidental moyen : le gourou fait penser aux sectes, whispers et l’égrégore sont trop ésotériques. Alors on oublie, on efface, on gomme ! Toutes les aspérités…

Premier pas, dénoncé depuis 2 ans déjà par Michael : la présence de groupes d’abhyasis sur MeetUp.com, réseau social pour "des voisins qui se rencontrent pour apprendre quelque chose, faire quelque chose, partager quelque chose…". Proximité et centres d’intérêt sont les 2 entrées principales de ce réseau.
Dès 2010, les abhyasis nord-américains ont été parmi les premiers à s’engouffrer dans cette voie, mais l’expérience se développe partout, comme le montre l’exemple ci-dessous. Une requête rapide sur google renvoie immédiatement à pas moins de 2 douzaines de groupes locaux d’abhyasis affiliés au Sahaj marg.

Ainsi, peut-on lire dans Echoes of Oceania d’avril 2013 : “Over the past quarter, we discussed initiatives in Melbourne to find ways to bring Sahaj Marg to the community. We all know the system is simple, we've all heard about ‘Meditation through Human Integration’. So, it was time to really put it to action. We received approval to trial a site on www.meetup.com.
These days when people want something the first thing they do is to search the internet. So, we found many people were searching for meditation, something that will help them unburden their thoughts, better deal with their stress etc. The site allows us to organize ‘Meet-ups’ with the interested persons seeking to know about meditation and plan to hold an open house called a meet up. We prepared a very simple presentation and for our first meetup, four people attended, all of whom took introductory sittings. About a month later we had to schedule a second meetup because of the demand of the members at our site. This time ten people attended and eight decided to take introductory sittings.
In the last five months we have had at least twenty introductions. We found the best way to present was to be simple, keep it simple and keep HIM in our hearts. Let HIS fragrance spread. This is our Master's Mission and it is in our hands to take it further.
During Cultural Diversity Week we set up a stall, talked to people and gave out pamphlets. (…) There was a quite a lot of interest with many people taking brochures. “

Deuxième étape, Natural path meditation a partout remplacé Sahaj marg, sans doute jugé moins accrocheur, plus clivant et pas assez fédérateur.
Remplacer Sahaj marg par Natural path meditation sur MeetUp est une chose, mais il faut aller plus loin, jusqu’au website sahajmarg.org. Qu’à cela ne tienne, le site a été l’objet d’un complet lifting-relooking courant 2013. Certes rien n’a été effacé du contenu précédent, mais il est masqué, caché. Il faut maintenant cliquer sur un tout petit lien en haut de la seconde page pour accéder vraiment au site. Un lien nommé [abhyasi], terme abscons s’il en est pour n’importe quel primo-arrivant.

Un nouveau portail d’accès a donc pris lieu et place de l’ancien contenu. Page dépouillée, « Sahaj marg, the Natural path, Learn to meditate » constitue la totalité du texte de ce nouveau portail centré sur un imposant et joli symbole ésotérique dénué de toute signification. Une flèche [Explore] invite à en savoir plus… Change, Balance, Heart, Yoga et Infinity sont les seuls mots clés de cette deuxième page presque aussi dépouillée.
Opération séduction du grand public, vaguement tenté par la méditation ou le yoga. Pas un mot sur le maître spirituel ou le gourou…
Chaque mot clé renvoie à une autre page assortie d’une belle et grande image choisie pour son pouvoir évocateur et le texte accrocheur ci-dessous : une question, une réponse et quelques mots en relief, c’est tout.
A ces 5 pages associées aux 5 mots clés s’ajoutent seulement, sous Learn to meditate, [The practice] et [How to start]. Une présentation ultra-light pour séduire le public le plus large possible.
Pas un mot sur la nécessaire souffrance indispensable à la progression spirituelle ! Quand on vous disait que le Sahaj marg s’était transformé en un produit spirituel mondialisé et aseptisé…

Growth - change - evolution
Have you ever wanted to change something about yourself, and found it difficult?
Our life on Earth is one of change and evolution, yet we often resist moving into the unknown and out of our comfort zone.
It is not easy to remove habits, fears, and beliefs. They are like walking tracks or riverbeds - over time they become fixed. The challenge is to remove them in a way that is deep and permanent.
If you are interested in letting go of unwanted patterns and rising above yourself, there is a daily practice called 'cleaning' in Sahaj Marg that helps.

Simplicity - balance - integration
Is your mind filled with thoughts? Do you find it hard to concentrate?
We are bombarded from all sides most of the time, and it is not so easy to still the mind. This affects the very fabric of our lives, our quality of sleep, and our mental and physical wellbeing.
We need to find time for ourselves, and to be in touch with the simplicity and beauty of the inner Self. Then balance, harmony and integration are possible. This is best done through a spiritual practice of heart-based meditation.
As we continue to meditate, we find that we become progressively more balanced and simple.

Joy - heart - feel
How often do we look for happiness in life through pleasure?
We have been taught to look for happiness externally: be it through family life, friendships, work and worldly pursuits. Sometimes we find it, but as soon as the external reasons for happiness are gone, the happiness goes too.
What brings long-lasting happiness and purpose to human life? This question takes us on an inward journey of discovery, into the heart of the human being.
It is a great relief to realise that happiness is not dependent on the outer circumstances of life, but can be found within us. This inner joy is stable, silent, subtle and nourishing, and gives life a deeper purpose. In fact, through the heart we discover a dimension of our existence with limitless potential.
How do we discover this inner joy and purpose? We find it through meditation.

Raja yoga - mind
Raja yoga focuses on the mind, through meditation.
In raja yoga, the mind gradually becomes purified, so that it is a perfect instrument for the heart's evolution.
Sahaj Marg is a refined practice of raja yoga, simplified for modern life. It is designed to be a natural part of your everyday routine, balancing the material and spiritual aspects of existence.
Have you ever tried meditating on your own?
It is not easy to still the mind. In Sahaj Marg meditation, we are able to progressively train the mind to ignore thoughts and turn our attention deeper within ourselves. This is made possible by an ancient yogic technique called pranahuti or transmission, which was rediscovered by one of the guides of the Sahaj Marg system. Transmission is at the heart of Sahaj Marg and gives life to meditation.

Towards infinity - oneness
When have you felt drawn to something greater than yourself?
It is hard to express this pull in words, but the feeling is unmistakable. Human beings have always had a deep yearning to understand who we are beyond the physical existence - to explore our original nature, our essence. This yearning has been at the base of religious and scientific enquiry throughout human history, and is also the purpose of yoga.
The spiritual journey is infinite and full of wonder.
Through the heart, we explore an inner universe that has no beginning and no end. We have been on that journey, without conscious awareness, since the beginning of time. We continue it consciously through a guided individual practice of meditation that becomes part of our daily life.

Voir aussi :

Alexis