La Shri Ram Chandra Mission n'est pas la seule organisation à proposer des méthodes de méditation. La transmission dont elle est si fière se traduit souvent par un asservissement qui fait perdre tout repère et isole inéluctablement l'individu de son environnement.
La Shri Ram Chandra Mission a été classée comme secte dans un rapport parlementaire français. Avant d'adhérer, informez vous !

438 articles – 3444 commentaires – Dernier ajout le 25/03/2017

“Take criticism seriously, without anger or sadness. Use it for correcting yourself, and welcome it.”
Kamlesh Patel (1/04/2015)

11 septembre 2009

Quand la dépression mène au Sahaj Marg

Voici le texte complet d'Alexis. Comme 4d-Don le disait l'autre jour, Alexis me confirme que Blogger Google a limité la taille des commentaires à 4096 caractères. Si votre texte est plus long, n'hésitez pas à me le dire et nous l'échangerons par email.
Elodie


Il y a un an, Ajay Kumar Bhatter s'étonnait de la quantité de précepteurs dépressifs. J'ai rapporté ses propos en m'interrogeant sur la question : est-ce que la Shri Ram Chandra Mission rend les gens dépressifs ? Et les derniers témoignages viennent conforter cette incertitude.
Il semblerait que l'inverse soit vrai aussi, selon certains. On peut passer de la dépression à la spiritualité, grâce à la méditation. En un mot, soigner la dépression par le Sahaj Marg et guérir par la méditation à la SRCM…

Qu'en est-il exactement ?
Un psychiatre suisse a fait une intervention intitulée "Dépression et Opportunités de la Crise" au 20ème Congrès du GRAAP à Lausanne le 14 mai 2009. Ainsi, il explique aux participants de ce Congrès du Groupe Romand d'Accueil et d'Action Psychiatrique que l'issue de la crise générée par une dépression peut être de trois ordres : régression, stagnation ou progression. Il poursuit aussitôt en disant que cette crise constitue donc une opportunité pour franchir un palier vers un stade supérieur de l'évolution existentielle. Et il ajoute que c'est souvent après un conflit d'ordre moral qu'on entre en crise, un conflit entre valeurs anciennes et nouvelles. Admirez le saut qualitatif, commençant par une lapalissade et s'achevant sur une généralisation abusive…
Selon lui, l'approche néo-structuraliste bio-psycho-spirituelle s'est développée en occident sous l'influence des traditions spirituelles orientales dans le courant des années 70. L'approche philosophique indienne met l'accent sur la notion de crise évolutive, avec la conviction qu'une crise est un cadeau de la Nature, une opportunité pour se rapprocher de la "Source Ultime", la fusion avec le Divin.
"Cette position dépressive, telle que je l’ai observée chez moi-même et chez la plupart des patients avec qui j’ai pu travailler efficacement, comporte un travail de deuil, autrement dit de désinvestissement d’un acquis de croyances, de conceptions, de buts ou d’objectifs existentiels, autrement dit une désidentification à une partie de soi-même, ou plutôt de l’image jusqu’ici préservée de sa propre identité. L’expérience montre en effet que ce n’est qu’en passant par ce travail de deuil préalable que le stade évolutif atteint jusque là pourra être suffisamment désinvesti pour être transcendé. Au cours d’un tel processus, le degré de conscience s’élargit suffisamment pour que la personne puisse entrevoir de nouveaux investissements, de nouveaux objectifs, un nouveau but existentiel. On observe ensuite que la personne s’unifie un peu plus et devient plus réaliste. Dans ces cas, la souffrance et la crise qui résultent de ce processus de deuil restent supportables et contenues, si bien que la personne en position dépressive ne présente pas de débordement symptomatique cliniquement repérable. Ses conflits intérieurs et extérieurs seront donc perlaborables et leur issue sera favorable, débouchant sur une progression évolutive."
Pour ce psychiatre, la dépression constitue donc une opportunité de progression évolutive vers de nouvelles dimensions spirituelles.
Texte extrait d'un article à retrouver intégralement sur :
www.psychologie-therapies-spiritualite.ch/articles/articles_pdf/correct_articles/ART-GRAAP.pdf

Mais qui est donc cet intervenant qui considère que la dépression constitue une opportunité spirituelle ?
Ferdinand Wulliemier. Né en 1942, ce psychiatre suisse découvre le Sahaj Marg à l'âge de 40 ans, devient rapidement précepteur puis membre du Sahaj Marg Research Institute et crée la fondation suisse Sahaj Marg Spiritualité. Parallèlement, il exerce durant 35 ans en tant que thérapeute et enseignant à la Faculté de Médecine, la Faculté des Sciences sociales et politiques et au Centre d’Etude de la Famille à Lausanne.
Précurseur du courant de la Psychiatrie spirituelle durant les années 90, il introduit dans le champ psychiatrique les notions d'invertendo et de région centrale si chères au Sahaj Marg, en ajoutant aux stades d'évolution psychologique de l'individu un dernier état dit transpersonnel ou spirituel.
Maintenant retraité, il a créé un website (http://www.psychologie-therapies-spiritualite.ch/ ) où il vend ses séminaires plus ou moins spiritualisés, de 2 à 8 jours pour 380 à 800 CHF (240 à 500 €).

En tant que psychiatre et cofondateur de la psychiatrie spirituelle, Ferdinand Wulliemier considère donc que la dépression constitue une opportunité spirituelle. Par le passé, il nous apprenait que près d'un quart de ses patients avaient suivi une psychothérapie avant de méditer, que près d'un tiers d'entre eux avaient une personnalité "peu structurée".
Les faits nous montrent que les abhyasis du Sahaj Marg sont souvent dépressifs, Ajay Kumar constate qu'un grand nombre de précepteurs de la SRCM le sont aussi.
Alors, est-ce la dépression qui mène à la méditation, ou bien la méditation qui mène à la dépression ? Répondre à cette question, c'est un peu comme tenter de répondre à la question qui de l'œuf ou de la poule était là le premier. Dépression et méditation vont de pair, et visiblement la méditation ne permet pas de guérir de la dépression, puisque les abhyasis du Sahaj Marg sont souvent dépressifs et méditent dans le même temps.
Est-ce que la méditation accentue la dépression ? Je n'ai pas la réponse, mais la question mérite d'être posée et examinée avec soin. Sameer Sachdeva et sa triste expérience de dépression et folie sont là pour nous le rappeler…

Alexis




Voir aussi à ce sujet :

2 commentaires:

Alexis a dit…

La descendance de Babuji et la SRCM de Shahjahanpur

Shri Ram Chandra Babuji de Shahjahanpur (30/04/1899-19/04/1983) a eu cinq enfants, trois garçons nommés Prakash, Umesh et Sarvesh Kumar Saxena, et deux filles nommées Smt Maya Indira et Smt Chaya Saxena.

Babuji fait figurer son jeune fils aîné Prakash dans la liste des membres fondateurs de la Shri Ram Chandra Mission, quand il dépose ses statuts en 1945. En 1980, Umesh part en tournée aux Etats-Unis avec deux full précepteurs de son père, Raghavendra Rao et Ramachandra Reddy, sans aucune délégation de Babuji. Le 16 avril 1982, il désigne secrètement son fils Umesh comme son successeur dans un courrier qu'il lui adresse. Pourtant, tout le monde s'accorde à dire que les enfants de Babuji ne participaient pas aux méditations collectives hebdomadaires et n'ont jamais montré aucun signe d'intérêt pour les choses spirituelles jusqu'au début des années 80.

Babuji décède le 19 avril 1983. Au comité de travail qui se réunit dans la foulée en juillet suivant, Prakash présente son propre fils Sharad pour succéder à Babuji. Cette demande est rejetée par le comité qui accepte en revanche Umesh et sa lettre de nomination secrète en février 1984. La famille ouvre alors une bataille juridique contre Rajagopalachari qui prétend aussi à la succession, sur les thèmes de la présidence de la Shri Ram Chandra Mission et des propriétés qui lui sont rattachées.

Ils rappellent les statuts de la Shri Ram Chandra Mission qui stipulent que son siège est à Shahjahanpur et que son président hérite du poste en droite ligne de succession, ce qu'ils traduisent par "liens du sang". Ils ajoutent que la prétendue lettre de nomination de Rajagopalachari est un faux parce qu'elle est antidatée, ne fait aucune référence à Lalaji ce que jamais Babuji n'aurait pu faire, de même que la formule "président du système du Sahaj Marg" ne signifie rien et que le canadien Donald Sabourin, le soi-disant témoin de cette nomination, ne pouvait être présent à cette date.

Courant 84, l'état de l'Uttar Pradesh instaure l'obligation légale, pour les organisations déclarées comme la Shri Ram Chandra Mission, de la tenue d'élections pour désigner leurs présidents. A l'issue du vote, SP Srivastava est élu. D'après le fils d'Umesh Chandra Saxena, Srivastava a été nommé président du comité de travail et BD Mahajan son secrétaire, pour éviter une explosion du mouvement, en raison des déclarations de Kasturi favorables à Rajagopalachari. L'ashram subit une première tentative avortée de reprise par la force du fait du clan de Rajagopalachari en 88.

En 1994, Umesh Chandra est élu président à la place de SP Srivastava, et KV Reddy devient le secrétaire de la Mission. En 97, une nouvelle tentative de reprise en force de l'ashram échoue. Umesh se promène armé dans l'ashram. En 98, l'un de ses précepteurs, parti aux Etats-Unis le représenter, ouvre un website intitulé 'sahajmarg.org'. Cela donne lieu à une querelle supplémentaire avec le clan de Rajagopalachari. La Commission d'arbitrage américaine sur les noms de domaines rend un avis favorable en faveur du clan d'Umesh en 2000, mais le site est abandonné en raisons des pressions exercées par le clan de Rajagopalachari.

Alexis a dit…

LA SUITE

Umesh Chandra Saxena décède le 3 novembre 2003. Son fils Navneet Kumar Saxena est désigné président le lendemain, KV Reddy est confirmé à son poste de secrétaire. Le clan de Rajagopalachari tente sans succès de s'emparer à nouveau de l'ashram quatre jours plus tard, le 7 novembre. Du coup, on n'entre plus facilement dans l'ashram, même sur recommandation express. Jusqu'à ce qu'il soit finalement repris le 2 avril 2006 par le clan de Rajagopalachari qui place à sa tête Sarvesh, le frère d'Umesh. Le procès se poursuit toujours, d'appel en appel, mais Navneet décide alors de s'exprimer aussi sur le web en janvier 2007, d'abord sur des blogs puis en créant son propre website 'srcmshahjahanpur.org'. Cette fois, la commission d'arbitrage indienne tranche en faveur du clan de Rajagopalachari en juillet suivant.

Aujourd'hui fin 2009, Prakash et Umesh sont décédés. La femme de Prakash assiste aux satsanghs conduits par Kasturi à Lucknow. Sarvesh, qui figure sur la liste des précepteurs de Rajagopalachari, ouvre l'ashram de Shahjahanpur à tous ceux qui le souhaitent. Le frère de Navneet, Puneet, ainsi que sa mère ont enregistré leurs témoignages contre les méthodes du clan de Rajagopalachari dans des vidéos tournées par Shashwat Pandey. Et on attend toujours l'issue du procès…