La Shri Ram Chandra Mission n'est pas la seule organisation à proposer des méthodes de méditation. La transmission dont elle est si fière se traduit souvent par un asservissement qui fait perdre tout repère et isole inéluctablement l'individu de son environnement.
La Shri Ram Chandra Mission a été classée comme secte dans un rapport parlementaire français. Avant d'adhérer, informez vous !

438 articles – 3445 commentaires – Dernier ajout le 14/05/2017

“Take criticism seriously, without anger or sadness. Use it for correcting yourself, and welcome it.”
Kamlesh Patel (1/04/2015)

6 octobre 2009

Srivastava, Kasturiji, Narayana et les autres

La diaspora des seniors précepteurs
Professeur de philosophie aujourd'hui retraité, SP Srivastava a enseigné la science yogique à l'Université de Lakhimpur (Uttar Pradesh, Inde). Sa rencontre avec Babuji date de 1948-49. Il a présidé le comité de travail de la Shri Ram Chandra Mission à Shahjahanpur pendant dix ans, de 1984 à 1994, en profitant pour publier la deuxième partie des mémoires de Babuji. Ensuite, il s'est éloigné du fils de Babuji et de l'enseignement du Sahaj Marg. Il voulait abolir la frontière entre les sciences dites dures, le yoga et la spiritualité. A cet effet, il a créé une association dont la branche belge a été baptisée Shri Ram Chandra Memorial International Society Promoting Spirituality As A Science (INSPSAAS).

La Shri Ram Chandra Mission de Shahjahanpur devient vite une coquille vide après son départ. Raghavendra Rao et Ramachandra Reddy avaient accompagné Umesh Chandra Saxena dans sa tournée aux Etats-Unis en 82, mais c'était plus par opposition à Rajagopalachari que par fidélité au fils de Babuji. Le comportement d'Umesh agace et déplait. Progressivement, les seniors précepteurs prennent leurs distances. Le véritable Sahaj Marg est désormais enseigné par une nébuleuse de précepteurs répartis un peu partout à travers le pays, tel un réseau sans tête ni structure, voyageant aussi d'une communauté à l'autre, y compris à l'étranger.

Raghavendra Rao a abandonné sa place au comité de travail qu'il occupait depuis 84. Ce full précepteur reste désormais dans son ashram de Raïchur dans le Karnataka où il enseigne le Sahaj Marg de Babuji à tous ceux qui viennent le voir, jusqu'à la fin de sa vie au printemps 2006. Avec la complicité de la police, des sbires armés de Rajagopalachari se seraient aussitôt emparé de son ashram. Peu après, Suresh Kumar Makam a créé un blog à sa mémoire (http://makamsureshkumar.blogspot.com/). Le Karnataka est riche de vieux précepteurs : à Gulbarga, le full précepteur Narayan Rao, né vers 1922, poursuit encore son enseignement, tandis que le docteur Shiam Rao prend du recul avec le temps. A Bangalore, l'ancien magistrat de la Haute cour de justice, le full précepteur Vital Rao, surnommé affectueusement Judge, poursuit lui aussi son enseignement malgré son grand âge (il est né vers 1924).

Ramachandra Reddy, de son côté, abandonne aussi sa place au comité de travail et retourne à Cuddapah dans l'Andhra Pradesh. Ce full précepteur crée la Shri Ram Chandraji Maharaj Seva Trust, une structure au nom distinct de la Mission pour éviter toute querelle légale, et y enseigne le Sahaj Marg jusqu'à sa mort en 2008. Cette structure est actuellement dirigée par l'avocat TV Srinivasa Rao. Jogarao, un très vieux précepteur né vers 1913, est décédé l'année d'avant à Hyderabad.

En Europe, André Poray (né vers 1909 et décédé à plus de 90 ans) est l'un des tout premiers occidentaux à avoir rencontré Babuji. D'abord ami de Rajagopalachari, ce full précepteur de Sanary dans le Var (France) s'en est éloigné dès 80-82, lors des tournées de Babuji à Munich et à Paris. Il a alors créé une association loi 1901 dénommée "La voie de la réalité" où il enseignait un Sahaj Marg légèrement teinté de bouddhisme tibétain qu'il affectionnait tout particulièrement. Rajagopalachari lui avait d'abord enjoint de le rejoindre avant de le destituer de sa charge de précepteur, ce qui l'avait bien fait rire, tout comme les autres précepteurs.

Comme en Inde, il y a aujourd'hui des groupes indépendants en France à Lyon, Tours et Paris, dans le sud ouest et les Alpes Maritimes, mais aussi en Espagne à Barcelone, ou bien encore en Suisse. Chaque année, une rencontre européenne est organisée en octobre à Sanary. Ces disciples de Babuji reçoivent de temps à autres la visite de ces grands précepteurs, ou bien vont à leur rencontre en Inde au gré de leurs déplacements. Fin 2008, Cyrille Roux sortait de l'ombre pour s'exprimer sur le web et faire connaître l'existence de leurs groupes. Pour quelles raisons ?

Kasturi et Narayana, à l'inverse des précédents, ont toujours pensé que Babuji avait préparé Rajagopalachari pour lui succéder à la présidence de la Shri Ram Chandra Mission. En conséquence, ils n'ont jamais suivi son fils Umesh. En revanche, ils refusent à quiconque le droit de se proclamer représentant spirituel de Babuji, comme le fait aujourd'hui Rajagopalachari.

Kasturi Chaturvedi, full précepteur et "sainte" du Sahaj Marg selon les propos de Babuji, a fait sa rencontre en 1949. Depuis Lucknow (Uttar Pradesh), elle enseigne le Sahaj Marg de son maître intemporel dans une grande indépendance vis-à-vis de la Shri Ram Chandra Mission, étant toujours restée à l'écart de sa gestion administrative.

Le 30 avril 1995, elle prononce un discours mémorable à Madras devant Rajagopalachari et 12 000 de ses adeptes où elle reconnaît d'abord que Babuji a préparé Rajagopalachari pour être son représentant spirituel et le président de la Mission, ajoutant même que Babuji lui a dicté sa déclaration de nomination de Rajagopalachari à la présidence - c'est cette prise de position de Kasturi qui aurait entraîné le retrait d'Umesh en 84 et la nomination de Srivastava à sa place, dans le but d'éviter un possible éclatement de la Mission. Mais après cette introduction, toute la suite de son discours se focalise sur le fait qu'elle ne peut plus accepter l'idole Rajagopalachari que ses adorateurs ont fabriquée avec leur propagande.

Interviewée au téléphone par Shashwat Pandey le 20 février 2009, elle affirme désormais que Rajagopalachari n'est pas le maître de la Shri Ram Chandra Mission, mais seulement son manager. Elle prétend maintenant qu'elle n'a jamais vu sa lettre de nomination et que le seul maître de la Mission est Babuji. Elle dénonce ensuite de manière très policée et néanmoins acerbe tout ce que fait Rajagopalachari (célébrations de mariages, grands ashrams, appels à donations, publication de Whispers, etc.). Elle dit aussi qu'elle sait que tous les ashrams créés du temps de Babuji ont été repris de force par les partisans de Rajagopalachari, qu'un procès l'oppose aux descendants de Babuji, tout cela parce qu'il y a beaucoup d'argent en jeu, d'où l'évolution actuelle de la Mission qu'elle regrette et qu'elle a donc quittée. Malgré cela, Kasturi étant une personnalité qui fait autorité au sein de la mouvance du Sahaj Marg, Rajagopalachari l'a conservée sur sa liste de précepteurs. Elle ajoute aussi que Lalaji n'a rien à voir avec le Sahaj Marg, l'un de ses collaborateurs ajoutant que Lalaji c'est le Santmat.

Ses collaborateurs Akshat Gupta et Pandit Ji Somesh ont créé un blog à sa dévotion en novembre 2006 (http://kasturibhenji.blogspot.com/), réserv�� à ses seuls membres depuis le printemps 2009. On peut retrouver une présentation de ses bouquins sur http://kasturibhenjibooks.blogspot.com/ et quelques uns de ses discours sur http://kasturibhenjitalks.blogspot.com/. En France, après Cyrille Roux, ce sont aussi Denise et Jean-François Mincet, originaires de Tours et exilés au Canada, à Victoria en Colombie britannique, qui évoquent fin 2008 les groupes qui lui sont liés, la traduction de ses textes, etc. Pourquoi sortent-ils de l'ombre maintenant après 25 ans de silence ?

Après Babuji et Kasturi, le Docteur KC Varadachari (14/08/1902-30/01/1971) est sans doute l'une des plus grandes personnalités historiques du Sahaj Marg. La rencontre entre Babuji et le Docteur Varadachari date de 1955 et se transforme vite en une profonde amitié. Titulaire de la célèbre Chaire de Vivekananda à l'Université de Madras, ce professeur de philosophie de Tirupati (Andhra Pradesh) crée le Sahaj Marg Research Institute en 1965 et contribue ainsi largement à la diffusion du Sahaj Marg auprès du grand public et à son ré ancrage hindouiste autour du raja-yoga. Mais en 1970, il alerte Babuji sur les risques de dérives du Sahaj Marg dus à son expansion.

Karumbur Chakravarthy Narayana est son troisième enfant, né le 11 juin 1939. Il a rencontré Babuji chez lui pour la première fois en 1955 et a été introduit au Sahaj Marg en décembre 1956, à l'âge de 17 ans. Babuji lui a demandé en 79 d'épauler Rajagopalachari après sa mort dans sa tâche de président de la Shri Ram Chandra Mission, ce qu'il effectue jusqu'en 91. Il a même repris en 89 la tête du Sahaj Marg Research Institute créé par son père. Mais il finit par le quitter pour fonder l'ISRC (Institute of Sri Ramchandra Consciousness) à Hyderabad en août 1991. Il lui reproche de développer un culte de la personnalité malsain au travers des concepts de maître vivant et de représentant spirituel de Babuji, ce qu'il n'est pas.

Avec l'ISRC (http://www.sriramchandra.org/), KC Narayana enseigne un Sahaj Marg fortement emprunt des idées de son père Varadachari, le Pranahuti Aided Meditation. L'ISRC compterait environ 150 instructeurs, pour la plupart en Inde ou aux USA, deux d'entre eux résident en France. Il a aussi créé son propre centre de recherche et de formation baptisé Imperience (http://www.imperience.org/) ainsi que sa propre Fondation Sahaj Seva Samsthan (http://www.sahajsevasamsthan.org/), qui gère un hôpital, des écoles et la fabrication de divers produits.

Présents sur le web depuis fort longtemps, l'ISRC et Narayana ont aussi créé un website dédié uniquement au Docteur Varadachari (http://drkcv.org/), ce que l'on peut aisément comprendre en raison de sa notoriété. Mais le 23 juin 2008, c'est un website auto promotionnel de Narayana qui voit le jour (http://www.kcnarayana.org/), contredisant par les faits un enseignement soi-disant centré sur Babuji et totalement dépersonnalisé. Ainsi il n'hésite pas à nous lister ses qualités, à citer les propos louangeurs de Babuji à son égard, preuves à l'appui, et nous parle de sa carrière et de sa famille… Bref, tous les ingrédients de la personnalisation de la spiritualité façon ISRC sont maintenant en place !

Récapitulons. Aujourd'hui, avec les disparitions des uns et des autres au fil du temps, il ne reste donc plus guère que les petits-fils de Babuji, Navneet et Puneet Kumar Saxena, à la tête d'une Mission devenue virtuelle depuis la prise de l'ashram de Shahjahanpur, en procès contre la Mission californienne de Rajagopalachari. De la diaspora des seniors précepteurs, restent aussi les full précepteurs vieillissant Kasturi à Lucknow, Narayan Rao à Gulbarga et Vital Rao à Bangalore, avec une multitude de communautés éparses en Inde et à l'étranger, sans oublier la très structurée ISRC de KC Narayana. De son côté, Rajagopalachari semble plus ou moins bien manipuler le dernier fils vivant de Babuji à Shahjahanpur, Sarvesh, ainsi que le petit-fils de Lalaji, Dinaysh, à Fatehgarh.

Alexis

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour à tous,

Difficile d’y voir plus clair dans les méandres des filiations historico-spirituelles du Sahaj Marg, mais je salue l’énergie d’Alexis d’essayer.
« La cause profonde de toutes ces manipulations, c'est leur étroitesse d'esprit religieux », c’est ainsi qu’Elodie conclu sont message sur l’Epitome du Sahaj Marg.
Puisses-tu avoir vu juste, qu’il n’en serait qu’un moindre mal.
A mon sens toutes ces manipulations n’ont d’autre but que d’asseoir la postérité de notre guru préféré.
Dans le monde des terriens rien ne vaut un bon dépôt de marque (TM) pour marquer son territoire et éloigner les pales copies, ça c’est fait !
Quand on a acquis, de son vivant, le pouvoir et l’argent, avec en plus la déification de ses adeptes, que peut-on espérer de plus ?
De rester après sa mort comme le seul et éternel repère de cette nouvelle religion.
Pour ce faire il faut laisser une trace définitive légitimant ce statut.
Rien de tel que la publication d’une «Chère Bible » fondatrice.
Vous savez sans doute qu’elle est dictée par une médium française qui reçoit les messages de l’au-delà pour le guru.
Mais savez-vous que de l’autre côte de cet au-delà les émetteurs illuminés de ce message divin ne sont autres que Janaki, la mère de Chari, pourtant décédée avant la fondation du Sahaj Marg et de la SRCM, l’incontournable Lalaji, l’embarrassant Babuji, et bien sûr, cerise sur le gâteau, Sulochana, feue son épouse.
(ref : Chari Satkhol, Basant Panchami du 12/02/2005)
Nous voilà ainsi complètement rassurés !
D’un coup et d’un seul, Chari se trouve légitimé de façon posthume par les ascendants du Sahaj Marg et par Divine Nature qui a eu la bonne idée non seulement de le faire venir au monde par Sainte Janaki, mais en plus de lui donner comme épouse Sainte Sulochana…
Comment imaginer dans ces conditions que Chari n’est pas le dieu que tout le monde attendait ?
Les sceptiques trouveront que la mise en scène est absurde voire ridicule, mais je vous assure que les abhyasis gobent tout ça avec une certaine rassurance, voire délectation.
Plus c’est gros mieux ça passe …bien triste constat des dégâts !
A défaut de maître spirituel, difficile de ne pas lui reconnaître les attributs d’un grand stratège.

Martin

Elodie a dit…

Bonjour Martin,
Je te remercie de me prêter ces propos dont je partage le point de vue, mais ils sont de Dinesh, le petit-fils de Lalaji, traduit par Alexis.
Bien affectueusement,
Elodie

Anonyme a dit…

Bonjour Elodie,

Pardon pour cette méprise !
Affectueusement,

Martin

Alexis a dit…

@ Martin
Je m'intéresse à toutes ces personnalités parce que je suis persuadé que certains espèrent bien tirer leur épingle du jeu quand Chari ne sera plus là…
Pour Whispers, tu as bien raison
Quelques petites choses amusantes à ce sujet :
Amusant de constater que Chari a besoin d'un medium pour recevoir les messages de Babuji, quand celui-ci les recevait en direct de Lalaji. Plus ça va, plus la liaison se dégrade…
Dinaysh, quant à lui, considère cette liaison Lalaji-Babuji comme nulle et non avenue. "C'était dans ses rêves pendant qu'il dormait". Et Kasturi qualifie les Whispers de fumisterie, pour ne pas dire plus. Les messages d'outre tombe ont mauvaise presse, même chez de très hautes personnalités spirituelles.
Toujours est-il que Whispers est un bon moyen pour Chari de faire dire ce qu'il veut et quand il veut à babuji. Mais quand babuji s'adresse à "son très cher fils", tous les abhyasis comprennent Chari, alors qu'il aurait aussi bien pu s'agir d'Umesh…