J'ai longuement réfléchi sans qu'aucune solution ne me satisfasse vraiment. Je vais donc rester sur ma première impression : le texte de Cricri dépourvu de ses insinuations conserve tout son intérêt. En voici donc une version légèrement remaniée par moi.
Elodie, une bisounours mazie judéo-maçonne qui s'ignorait
Un point théologique essentiel est passé inaperçu de tous. Or, il est fondamental, fondateur et subtil. Il est commun à tous les systèmes mystico-religieux, comme autant de pyramides de contrôle intégrées à la tour de Babel globale.
Dans les religions comme dans le sahaj marg, il est constamment fait référence à la lumière divine. La lumière divine est une donnée a priori, que tout le monde accepte sans songer, jamais, à questionner ce point. Babuji en parle, utilisant parfois la terminologie de "lumière divine" comme un synonyme pour dieu, et posant la lumière divine comme la base même de la pratique puisque c'est sur la lumière divine dans notre cœur qu'il nous demande de méditer.
Les satanistes et les maçons, comme les chrétiens et les musulmans, sont tous des serviteurs de la lumière divine, les uns athées et les autres croyants, selon qu'ils sont en plus ses adorateurs ou non. Des différences de raffinement existent ensuite dans la manière de s'adonner au service et à l'adoration, stipulées par la forme des dogmes et des pratiques pour adapter le système mystique général à la culture et au psychisme des individus. Sur le devant de la scène, dans le show historico-politique, chacun y va donc de son suprême et de ses cultes, rituels et mythes bien que tous fassent essentiellement la même pratique.
Tous sont subjugués par la notion de hiérarchie puisque notre représentation dieu est réduite à l'archétype du père, supérieur, suprême et absolu. Les adeptes sont donc naturellement infantilisés au bas de la pyramide et ils espèrent gravir les échelons pour se faire une place au soleil (accéder au statut adulte, libre et responsable), en général après la mort -- c'est-à-dire jamais. Les prêtres s'affairent dans les étages intermédiaires, et tous regardent vers le haut, où se tiennent l'élite et dieu, dans la lumière de ce dernier et l'air pur des cimes sociales.
Puisque nous cherchons à revenir aux sources, rappelons que les théologiens définissent Lucifer, l'ange de la lumière, comme un ange déchu parce que séparé de dieu. Lucifer est donc un ange. A partir de cette idée de déchéance, les théologiens ont développé l'idée de révolte et de perversion, et l'ange de la lumière est devenu le symbole du mal, puis le mal lui-même. Or, il s'agit d'un développement mythologique récent (moyen-âge) issu des religions du livre. Dans l'antiquité, en particulier chez les Grecs et les Romains, Lucifer, dieu de la lumière et de la connaissance, gardait pleinement sa signification première de "porteur de la lumière". Lucifer était considéré comme bénéfique et positif.
Ainsi, la planète Vénus était-elle appelée Lucifer parce qu'elle annonce l'arrivée du soleil le matin. Plus surprenant, Lucifer aurait aussi été le nom respectueusement donné à Jésus-Christ de son vivant, "le porteur de la lumière" (ref). Car tel est bien le sens étymologique du mot "lucifer", qui n'a donc, initialement, aucune signification démoniaque ou maléfique.
La lumière est la première manifestation de dieu, sa première création.
L'ange de la lumière est déchu parce qu'expulsé de dieu, mécaniquement, du seul fait de la création.
Lucifer est le maître et l'administrateur du monde, dieu est le créateur du monde et de son administrateur, Lucifer : Dieu n'administre pas, il crée et il délègue.
Lucifer, plus proche entité cosmique de dieu, est aussi le passeur au pouvoir double. S'il est celui qui nous amène à dieu en nous éclairant et en nous guidant lors de notre parcours, il est aussi celui qui nous masque la subtilité du néant créateur par son éclat.
Lucifer est la créature, qui s'oppose par essence à Dieu, le créateur.
Il ne s'oppose pas à dieu comme l'affirme la théologie chrétienne, parce qu'il se serait révolté contre dieu, mais parce qu'il n'appartient pas à la même réalité.
Lucifer est le phare de l'univers qui, d'où que nous regardions, nous révèle où se trouve l'accès à dieu: en lui-même.
Enfin, l'existence de Lucifer nous informe que le processus de création se poursuit en ce moment-même, que du néant créateur, quelque chose continue de s'échapper qui alimente la grande machine de l'univers.
De Lucifer ou de dieu, lequel des deux est le but spirituel ? Nous sommes convaincus que c'est dieu. Pourtant, que nous fait-on faire par le biais des systèmes spiritualistes et religieux lorsqu'on nous demande d'adorer la lumière divine comme si c'était dieu ? Ne nous égare-t-on pas à la racine même de notre démarche en nous focalisant sur le sommet de la pyramide au lieu de nous faire sortir de celle-ci ?
Le but n'est-il pas, en focalisant les esprits sur un objet autre que celui annoncé, d'empêcher quelque chose de particulier de se produire au sein de l'humanité ? Qui cause ces confusions en manipulant les systèmes de croyance et les enseignements spirituels donnés à l'humanité ?
Lorsqu'une religion comme le christianisme nous apprend à adorer le Christ (= Lucifer), fils unique de dieu (= première création), et à vénérer la lumière divine comme la gloire de l'esprit saint (= première manifestation), n'est-on pas dans un système organiquement sataniste, qui enseigne à ses adeptes à adorer Lucifer sans le leur dire, tout en leur faisant croire par ailleurs qu'ils adorent et servent dieu, et qu'ils doivent redouter Lucifer comme étant le mal et l'ennemi de dieu ? Pourquoi nous font-ils redouter Lucifer ? Cette schizophrénie de l'esprit humain est de toute évidence causée à dessein. Par qui et dans quel but ?
Comme le démontrent les développements à la SRCMtm, ce que nous croyons consciemment importe peu, car pour la lumière divine, nous sommes tous égaux, donc tous interchangeables. Aussi, la SRCMtm accepte-t-elle dans son système totalitaire toute "personne" (= non-individu) indépendamment de son genre, de son ethnie, de sa culture, de sa nationalité et de ses croyances, excepté si ces croyances mettent en cause le processus de soumission au sommet de la pyramide (auquel cas la secte attribue un statut de paria à ces individus : ils sont comme Lucifer, déchus parce qu'ils se sont révoltés contre dieu et ont refusé de servir).
Puisqu'aujourd'hui, une partie de l'humanité s'éveille à un niveau supérieur d'élaboration psychique, dans lequel la schizophrénie religieuse fondée sur l'opposition manichéenne du bien et du mal ne fonctionnera plus pour contrôler les masses, une nouvelle panacée mystico-religieuse la remplacera pour les siècles à venir. Parmi les candidats, le sahaj marg présente l'avantage sur les religions antérieures d'être une schizophrénie plus subtile, plus difficile à détecter, qui serait au-delà de cette dualité du bien et du mal -- quoique.
Pourtant, comme tous les autres systèmes de croyance spirituo-religieux qui envahissent et avilissent l'humanité, le sahaj marg respecte strictement le même schéma logique que n'importe quel monothéisme.
L'enseignement de Babuji est hérité du sufisme et de l'hindouisme, dont il garde les schémas manipulateurs fondamentaux : respectivement pyramide et homme-dieu. Via l'Islam est héritée une antique connaissance mystique ayant existé au Moyen-Orient aux débuts de l'histoire. Via l'hindouisme, auquel le sahaj marg se rattache directement par affiliation spirituelle à l'avatar Krishna, il intègre un vestige antédiluvien pouvant avoir quelque origine commune avec les fondateurs de l'Égypte pharaonique. Ce rapprochement peut être fait à partir des mythes Hindous relatifs à la civilisation antédiluvienne de Hind. Elle aurait correspondu au territoire aryen, qui englobait l'Inde et le Moyen-Orient (où la Mecque était un lieu de pèlerinage Shivaïte), puis s'étendait de l'Asie centrale à l'Europe de l'ouest et du nord. Selon l'académicien Georges Dumézil, fossiles linguistiques et mythologiques corroborent l'hypothèse d'une civilisation antédiluvienne aryenne s'étendant sur un territoire aussi vaste. Ceci est par ailleurs confirmé par l'analyse génétique des groupes humains dans cette zone du monde.
L'Égypte pharaonique nous est connue pour vouer un culte à la lumière divine symbolisée par le suprême dieu-soleil. Mais elle n'est pas la seule civilisation à s'être vouée à ce culte. De l'autre côté de l'océan atlantique aussi, le culte du soleil, peut-être issu des mêmes origines, était pratiqué. Le culte de la lumière divine se retrouve dans la mythologie judaïque, judéo-chrétienne et judéo-maçonnique, duquel émerge l'illuminatisme (illumination, lumière), et avec lequel fricote encore et toujours le satanisme (ou luciférisme, lus étant la racine indo-européenne pour lumière). Tous ces systèmes idéologiques représentent des manifestations possibles du culte de la lumière divine.
Pourquoi Babuji nous demande-t-il de méditer sur la lumière divine dans le cœur plutôt que sur dieu ? Quelqu'un peut-il nous "éclairer" sur ce glissement à la racine, qui semble-t-il n'est pas sans conséquences ?
On ne s'étonnera pas que le monothéisme engendre des société violentes et une psychologie de conquête, concurrentielle et dominatrice, ainsi qu'une psychologie tout aussi pathologique de soumission masochiste, une passion servile prise pour de la foi, de la dévotion et de l'amour sacrificiel.
D'une part, pour se rapprocher de dieu, il faut gravir les étages, donc lutter contre d'autres pour sa propre ascension (par exemple rivaliser entre abhyasis et précepteurs pour approcher physiquement du maître et s'en faire remarquer). Cette lutte fratricide, qu'on appelle une fraternité spirituelle à la SRCMtm, prend appui sur les étages inférieurs maintenus par l'énergie vitale des esclaves de la base (= activisme dévotionnel). Pour se rapprocher de dieu, il faut aussi augmenter la hauteur de l'édifice pour une ascension plus importante, donc étendre sa base pour que cela soit possible. Cela veut dire asservir toujours plus de monde en rameutant les masses au nom de leur salut, ce que Chari fait en demandant à ses préfets de fournir du chiffre. Nous sommes donc dans un paradigme de quantité, c'est-à-dire matérialiste.
D'autre part, pour servir dieu, il faut se soumettre, et comme dieu est absolu, la soumission ne peut être que totale. On le voit, la pyramide, outil prométhéen de la civilisation, est la cause d'un totalitarisme qui s'origine hors de l'humanité et qui est imposé à l'animal humain pour faire de celui-ci de la chair à société corvéable à merci. Grâce à la pyramide, l'âme humaine se trouve mise en mouvement dans une aspiration à s'élever, et se trouve structurée par les contraintes que génère ce désir dans une structure pyramidale. Cela s'appelle de l'ingénierie mentale, et l'origine de ce système n'est pas humaine mais implantée sur Terre au Moyen-Orient il y a plusieurs millénaires.
Un modèle imposé par qui et pour le compte de qui ?
Le monothéisme, c'est-à-dire le culte de la lumière divine en lieu et place du culte du néant créateur, n'est rien d'autre que l'application du modèle de la pyramide à la spiritualité, c'est-à-dire à la vie pour canaliser et utiliser celle-ci. Le monothéisme, c'est du satanisme.
Le modèle de la pyramide est celui de la hiérarchie céleste dans la création. La pyramide est donc bien un système logique qui n'a rien à voir avec dieu mais avec la création, rien à voir avec le créateur, mais avec la créature. Au sommet de l'édifice ne se trouve pas dieu, mais l'administrateur suprême de la création, le fils unique de dieu, Lucifer.
Si nous voulons un nouveau paradigme réellement libérateur pour l'avenir, il nous faut arrêter de pratiquer le satanisme sous ses diverses formes. Dieu, c'est la fin des pyramides dans l'humanité. C'est la fin des religions et du satanisme, et c'est la fin des mystifications. Encore nous reste-t-il à nous apercevoir de la plus subtile des mystifications pour se doter d'une chance de changer réellement les choses et de libérer enfin l'humanité, prisonnière d'un piège mental particulièrement envahissant.
Selon Babuji, il ne sert à rien de prier dieu car dieu n'a pas de mental. Alors comment faire pour l'atteindre ? Selon Babuji, encore, il n'est même pas possible d'atteindre dieu de notre vivant. Il relate en effet sa propre tentative pour franchir la dernière limite qui le séparait de dieu, et l'échec auquel il dû faire face. Notre seule issue serait de nous approcher de dieu le plus possible, et de poursuivre ce voyage sans fin (et probablement sans commencement). Aussi, qui nous ment en nous offrant la réalisation de dieu comme un produit bon marché ? Est-il possible d'accéder à dieu et comment fait-on ? Si ce n'est pas possible, qu'atteint-on lorsqu'on atteint la Réalisation ? Devient-on comme le christ, fils unique de dieu, le dieu vivant, Lucifer ?
Nous avons accusé Chari d'usurper le rôle de maître spirituel.
Or il n'usurpe rien lorsqu'il évacue malhonnêtement l'origine sufie du sahaj marg, lorsqu'il utilise la violence et la force physique pour parvenir à ses fins, ou lorsqu'il met de côté Lalaji et Babuji pour occuper pleinement une position centrale de maître spirituel siégeant au sommet de l'édifice. En devenant le centre et le sommet, il est au contraire en parfaite cohérence avec la théorie de Babuji et des sufis sur le maître vivant, incarnation divine en charge de guider les aspirants et de les servir. Encore faut-il que ce soit là son but.
Pourtant, comme d'autres disciples de Babuji qui ont fait de Babuji une image immortelle remplissant à jamais le rôle du guide, Chari renie lui aussi la réalisation spirituelle ultime de Babuji. Babuji n'était-il pas supposé avoir atteint de son vivant la totale négation ? Or, en nous parlant depuis l'au-delà par le biais d'une medium, Babuji continue à exister comme une individualité humaine ayant survécu à la mort (!!!) alors qu'il était supposé avoir perdu son individualité au cours du processus de réalisation. Chari met donc implicitement en cause le statut divin de Babuji, comme Babuji le faisait avec Lalaji en intercommuniquant avec lui, et il teinte ainsi sa filiation spirituelle d'une forme subtile de matérialité qui ne peut que dégénérer en idolâtrie avec le temps. Toutefois, tout ceci n'est pas de l'usurpation : c'est de l'imaginaire, de l'attachement et de l'autosatisfaction, soit une mauvaise utilisation des pouvoirs de l'esprit sous l'effet du désir individuel et de la manipulation extérieure. Chari, ne l'assumant pas totalement et encore sous le coup de la culpabilité de ses actes, se dédouane de ces sentiments en ayant recours à un intermédiaire, la médium. Cette professionnelle est ainsi chargée de crédibiliser la communication (= les messages ne viennent pas de Chari, donc ce ne peut être une fraude de sa part), tout autant que de renforcer la légitimité de Chari par le biais de l'information "reçue".
L'usurpation du rôle de maître a lieu à un niveau invisible, celui de la structure conceptuelle du système que Chari s'est construit sur mesure et sous l'effet d'une manipulation l'envahissant de l'extérieur. Chari introduit une dérive essentielle par inversion de valeurs dans la doctrine du sahaj marg. Il organise, oriente, contrôle, dirige, au lieu de s'abandonner à la volonté divine. Avec Chari, le maître n'est plus un serviteur de l'humanité qui se consacre aux abhyasis pour en faire des assistés totalement dépendants, mais un prédateur, qui chasse, qui soumet et qui exige. Chari fait de ses abhyasis des esclaves à son service sous le prétexte que dévotion rime avec évolution, n'hésitant pas à en appeler à la terreur apocalyptique pour instiller un sentiment d'urgence chez ses adeptes, promouvoir l'irrationalité, et faire accepter n'importe quoi.
D'une dépendance à une autre, direz-vous, quelle différence ? Si le résultat semble être le même, il n'en est rien. Dans le premier cas, les principes de base de la spiritualité étant respectés, l'abandon et l'amour du disciple se produisent. Dans le deuxième cas, l'abandon n'existe pas au sens réel du terme. Il s'agit de soumission, provoquée par le viol du libre arbitre de l'individu grâce à la tromperie, l'intimidation de son intelligence et la manipulation. Il en est de même de l'amour réel (remplacé par de la servilité et du sentimentalisme), du service (remplacé par de l'activisme pour se faire remarquer et aimer du guru), du respect (crainte de l'enfer, soit la réincarnation) et du sacrifice. Le sacrifice n'existera jamais dans une telle société, qui se fonde sur le gain personnel, fut-il énoncé en termes spirituels (libération, points, etc.). Elle encourage donc la compétition et le profit, c'est-à-dire l'égoïsme de ses membres. C'est la tactique de tous les systèmes fondés sur la peur plutôt que sur la confiance : ils divisent pour mieux régner.
Dans les deux cas, la dépendance de l'adepte qui résulte du processus indique pourtant que les fondations de la démarche sont erronées, et elles le sont car tout se passe au sein de la pyramide. Peut-il en être autrement ?
Chari usurpe le rôle de maître en réalisant pleinement les potentiels totalitaires de la pyramide du pouvoir sur la base d'une conception matérialiste de la spiritualité tout en assumant pleinement sa propre divinité pour en abuser politiquement dans une société humaine. Manque d'éthique ? Pas du tout : la fin justifie les moyens. Telle est l'éthique actuelle, une éthique évidemment différente selon qu'on évolue au sommet ou à la base de la pyramide.
En faisant cela, Chari ne fait que réaliser jusqu'à l'ultime le programme sataniste, contenu dans l'enseignement du sahaj marg sous la forme des graines héritées de l'Islam et de l'Hindouisme. Chari relègue ainsi le divin au second plan, celui du mystère, de la foi, et de l'inconnaissable, donc de l'inaccessible. Alors qu'avec Babuji dieu était une promesse à jamais à portée de main, avec Chari, dieu redevient un prétexte et un instrument de pouvoir, comme dans n'importe quelle religion. Avec Chari, dieu se perd dans l'éblouissante et fascinante lumière divine, dont l'avantage est de nous masquer l'ignorance crasse du guru en matière de guidance spirituelle. Promesse tenue ?
Cricri, librement adapté par Elodie