La Shri Ram Chandra Mission n'est pas la seule organisation à proposer des méthodes de méditation. La transmission dont elle est si fière se traduit souvent par un asservissement qui fait perdre tout repère et isole inéluctablement l'individu de son environnement.
La Shri Ram Chandra Mission a été classée comme secte dans un rapport parlementaire français. Avant d'adhérer, informez vous !

439 articles – 3449 commentaires – Dernier ajout le 9/09/2017

“Take criticism seriously, without anger or sadness. Use it for correcting yourself, and welcome it.”
Kamlesh Patel (1/04/2015)

30 octobre 2009

Trottez et galoppez

Dans une vidéoconférence adressée aux Nords-Américains, Chariji a dit le 11/10/2009 : "I have very little to say except to say, keep on — keep moving. First the horse walks, then it trots, then it canters, and then it gallops. You got it? Walk, trot, canter, gallop. So I am happy to see that all of our abhyasi sisters and brothers are getting a little revitalized, because to me it appears that the Mission in the U.S. had gone into some sort of — I won’t say coma, but a partial sort of sleep mode."
Le 31/05/2009, il avait prononcé un discours où il faisait amende honorable, reconnaissant qu’il avait privilégié la quantité au détriment de la qualité, probablement à tort. Un instant, j’avais voulu espérer une évolution favorable de la Mission, peut-être due à son grand âge.

C’était trop beau, son naturel revient au galop.

Elodie

26 octobre 2009

La création de la Shri Ram Chandra Mission

Lalaji aurait eu une centaine de disciples selon Rajagopalachari, 212 exactement selon son petit-fils, Dinaysh Kumar Saxena, principalement dans l'état d'Uttar Pradesh et ses alentours du nord de l'Inde. Ce dernier précise que neuf d'entre eux étaient ses précepteurs, dont son fils Jagmohan Narain et son neveu Brij Mohan Lal. Huit organisations en sont nées.

Babuji repart à zéro. Dans son journal, il relate ses intercommunications avec Lalaji qui lui dit de démarrer l’organisation le 30 mai 1944, puis lui donne ses instructions la concernant le 3 juin suivant. Mais c’est seulement le 10 juin 1945 que Babuji et vingt deux de ses disciples se réunissent en meeting et décident de créer la Shri Ram Chandra Mission. Un comité de travail de neuf personnes est désigné le 20 juin. Les statuts de l’association sont enregistrés à Lucknow le 21 juillet suivant. Son objectif est la promotion du système du Sahaj Marg fondé par son maître Lalaji, y est-il écrit.

L’organisation est domiciliée à Shahjahanpur et présidée par Babuji ou son représentant spirituel en ligne directe de succession. Toute personne désireuse d’y participer peut être membre, sans obligation de ne payer aucune souscription, mais sous réserve de l’approbation du président. Celui-ci nomme un comité de travail de neuf personnes pour le seconder. Madan Mohan Lal, senior précepteur de Lalaji à Shahjahanpur (non listé par Dinaysh), devient le numéro deux de l’organisation, en tant que secrétaire. Prakash Chandra Saxena, le fils aîné de Babuji, est aussi membre du comité de travail.

A cette même période, le journal de Babuji relate une série d’intercommunications entre Swami Vivekananda et Babuji. Le 20 mai 1945, Vivekananda lui désigne le nom de l’organisation à créer et lui dit de convoquer un meeting de ses disciples. Plusieurs intercommunications successives insistent sur le fait qu’il est entrain de créer une nouvelle religion, sous l’autorité de Vivekananda. Ses instructions portant sur l’emblème de la Mission viendront le 26 août suivant.

Lalaji n’est pas le fondateur du Sahaj Marg, malgré ce qu’écrivent les fondateurs de la Shri Ram Chandra Mission, sauf dans les rêves de Babuji comme le dit si bien Dinaysh. Et pourquoi Babuji ne parle-t-il plus ensuite de Vivekananda, si celui-ci a joué un rôle aussi important lors de la création de la Mission ?

Quoi qu’il en soit, Babuji a donc au moins vingt deux disciples en 1945. Vingt ans plus tard, à l’arrivée de Rajagopalachari, le nombre de ses disciples serait seulement de 42 ou 43, si l’on en croit ce dernier. Toujours d’après lui, il passe soudain à 600 en 1972, et Ajay Kumar Bhatter révèle qu'il y en aurait eu environ 3 000 à la mort de Babuji en 1983. La manipulation des chiffres a déjà commencé, Rajagopalachari ayant tout intérêt à minimiser le nombre d'adeptes avant son arrivée en 1964 pour le magnifier ensuite et s'attribuer ainsi les bénéfices de la croissance.

Alexis

19 octobre 2009

Encore et toujours Whispers



Le vendredi 26 janvier 2001 à 10 heures, Babuji aurait prononcé ces paroles relatées ainsi dans Whispers : "Si le nombre de nos aspirants est stationnaire, voire en régression en certains endroits, il n'y a rien d'alarmant à cela. Ne t'ai-je pas dit, il y a quelques années, que le Sahaj Marg devait s'épurer ?"

Amusant quand on sait que Chari annonce 75 000 abhyasis en 2000 et, 3 ans plus tard, que leur nombre a triplé en Inde. Tout cela pour nous dire ensuite que la SRCM compte 200 à 300 000 adeptes…

Babuji aurait dit cela en 2001, en pleine phase d'expansion ? Peut-être… Mais ce message du monde plus lumineux a été diffusé sur le website de la SMSF le 9 juin dernier seulement, soit juste 9 jours après le discours de Chari sur les changements d'horaires à New Delhi (Change of Satsangh Timings, 31/05/2009) :

"(…) We have made the mistake of not obeying Babuji's principles where he said, "I want quality, not quantity." I believe that somewhere along the way in the past forty five years, this mistake was made by me first, that we started thinking of numbers and not quality so that today we have a great deal of numbers and not much quality."
La communication de la SRCM est vraiment bien rodée. Soit Babuji était un visionnaire en 2001 (ou bien sa médium ou Chari comme on voudra) et ceux qui diffusent ses messages choisissent sciemment le bon moment pour les diffuser, soit ces messages sont écrits à rebours pour coller à l'actualité. C'est au choix !


Alexis

14 octobre 2009

A la conquête de l'Europe

Le VBSE pour l'Europe ?
Il est temps de développer l'éducation spirituelle basée sur des valeurs (VBSE) dans toute l'Europe, vient d'annonce Ajay Kumar Bhatter. Tous les coordinateurs VBSE devraient présenter et développer les activités VBSE aux abhyasis dans leurs pays européens. Une première rencontre aura lieu à l'ashram de Berlin du 16 au 18 octobre 2009...
Il est grand temps de s'inquiéter, le VBSE a fait des ravages en Inde. Il ne faudrait pas qu'on en arrive au même résultat en Europe.
Je vous propose un bref retour sur quelques faits saillants en guise d'illustration.

Le Sahaj Marg Research and Training Institute (SMRTI) s'est intéressé au jeune et au très jeune public dès 2000. Il a développé des fables et comptines pour développer la "Culture du Sahaj Marg" auprès de la petite enfance et mis en place toute une gamme de services pour les jeunes, ainsi que des programmes pour leurs enseignants. Il a aussi encouragé la constitution de groupes de méditation dans les universités, américaines notamment.
Tout cela a amené l'institut à créer une sorte de guide des valeurs pour une éducation dite spirituelle (Value Based Spiritual Education, VBSE), à destination des éducateurs, des enseignants et des parents. Et il a rapidement été utilisé dans l'éducation et la formation des enfants et des jeunes par les adeptes du Sahaj Marg. Il serait aujourd'hui utilisé par plus d'une centaine d'écoles en Inde, selon la Shri Ram Chandra Mission. Sous des dehors très humanistes, il véhicule la pensée de Rajagopalachari, souvent moins reluisante.
Mais cela ne lui a pas suffit. Toujours en quête de reconnaissance et de respectabilité, Chari a créé sa propre école le 28 février 2005, la Lalaji Memorial Omega School qui est devenue plus tard internationale (LMOIS), où est largement utilisé le VBSE. Echoes India de juillet 2008 s'attardait sur les camps d'été de la SRCM pour les enfants et les jeunes, citant pas moins de 8 exemples indiens, où est encore largement utilisé le VBSE.
Il ne lui restait alors plus qu'à profiter de son accréditation auprès de l'UNDPI. Tout cela s'est donc concrétisé le 12 août dernier dans une compétition nationale de dissertation proposée aux jeunes dans toutes les écoles de l'Inde à l'occasion de la Journée internationale de la jeunesse, organisée par la SRCM en collaboration avec le Centre d'information des Nations unies pour l'Inde et le Bhoutan (UNIC).

Selon la SRCM, cette action aurait mobilisé près de 75 000 enfants et jeunes participants de 10 à 24 ans en 2008, sans la collaboration de l'UNIC.

Combien y en a-t-il eu cette année avec l'UNIC ?
Est-ce cela que nous souhaitons pour l'Europe ?
Alexis

9 octobre 2009

C'est une médium française qui reçoit les messages

Whispers,
Une médium française reçoit les messages de l’au-delà à la place du guru

Martin a dit :
Bonjour à tous,
Difficile d’y voir plus clair dans les méandres des filiations historico-spirituelles du Sahaj Marg, mais je salue l’énergie d’Alexis d’essayer.
« La cause profonde de toutes ces manipulations, c'est leur étroitesse d'esprit religieux », c’est ainsi qu’Elodie conclu sont message sur l’Epitome du Sahaj Marg [c'est le petit-fils de Lalaji qui le dit].
Puisses-tu avoir vu juste, qu’il n’en serait qu’un moindre mal.
A mon sens toutes ces manipulations n’ont d’autre but que d’asseoir la postérité de notre guru préféré.
Dans le monde des terriens rien ne vaut un bon dépôt de marque (TM) pour marquer son territoire et éloigner les pales copies, ça c’est fait !
Quand on a acquis, de son vivant, le pouvoir et l’argent, avec en plus la déification de ses adeptes, que peut-on espérer de plus ?
De rester après sa mort comme le seul et éternel repère de cette nouvelle religion.
Pour ce faire il faut laisser une trace définitive légitimant ce statut.
Rien de tel que la publication d’une «Chère Bible » fondatrice.
Vous savez sans doute qu’elle est dictée par une médium française qui reçoit les messages de l’au-delà pour le guru.
Mais savez-vous que de l’autre côte de cet au-delà les émetteurs illuminés de ce message divin ne sont autres que Janaki, la mère de Chari, pourtant décédée avant la fondation du Sahaj Marg et de la SRCM, l’incontournable Lalaji, l’embarrassant Babuji, et bien sûr, cerise sur le gâteau, Sulochana, feue son épouse.
(ref : Chari Satkhol, Basant Panchami du 12/02/2005)
Nous voilà ainsi complètement rassurés !
D’un coup et d’un seul, Chari se trouve légitimé de façon posthume par les ascendants du Sahaj Marg et par Divine Nature qui a eu la bonne idée non seulement de le faire venir au monde par Sainte Janaki, mais en plus de lui donner comme épouse Sainte Sulochana…
Comment imaginer dans ces conditions que Chari n’est pas le dieu que tout le monde attendait ?
Les sceptiques trouveront que la mise en scène est absurde voire ridicule, mais je vous assure que les abhyasis gobent tout ça avec une certaine rassurance, voire délectation.
Plus c’est gros mieux ça passe …bien triste constat des dégâts !
A défaut de maître spirituel, difficile de ne pas lui reconnaître les attributs d’un grand stratège.

Martin


Alexis a ajouté :
Quelques petites choses amusantes à ce sujet :
Amusant de constater que Chari a besoin d'un medium pour recevoir les messages de Babuji (et même de sa propre femme), quand celui-ci les recevait en direct de Lalaji. Plus ça va, plus la liaison se dégrade…
Dinaysh, quant à lui, considère cette liaison Lalaji-Babuji comme nulle et non avenue. "C'était dans ses rêves pendant qu'il dormait". Et Kasturi qualifie les Whispers de fumisterie, pour ne pas dire plus. Les messages d'outre tombe ont mauvaise presse, même chez de très hautes personnalités spirituelles.
Toujours est-il que Whispers est un bon moyen pour Chari de faire dire ce qu'il veut et quand il veut à babuji. Mais quand babuji s'adresse à "son très cher fils", tous les abhyasis comprennent Chari, alors qu'il aurait aussi bien pu s'agir d'Umesh…

6 octobre 2009

Srivastava, Kasturiji, Narayana et les autres

La diaspora des seniors précepteurs
Professeur de philosophie aujourd'hui retraité, SP Srivastava a enseigné la science yogique à l'Université de Lakhimpur (Uttar Pradesh, Inde). Sa rencontre avec Babuji date de 1948-49. Il a présidé le comité de travail de la Shri Ram Chandra Mission à Shahjahanpur pendant dix ans, de 1984 à 1994, en profitant pour publier la deuxième partie des mémoires de Babuji. Ensuite, il s'est éloigné du fils de Babuji et de l'enseignement du Sahaj Marg. Il voulait abolir la frontière entre les sciences dites dures, le yoga et la spiritualité. A cet effet, il a créé une association dont la branche belge a été baptisée Shri Ram Chandra Memorial International Society Promoting Spirituality As A Science (INSPSAAS).

La Shri Ram Chandra Mission de Shahjahanpur devient vite une coquille vide après son départ. Raghavendra Rao et Ramachandra Reddy avaient accompagné Umesh Chandra Saxena dans sa tournée aux Etats-Unis en 82, mais c'était plus par opposition à Rajagopalachari que par fidélité au fils de Babuji. Le comportement d'Umesh agace et déplait. Progressivement, les seniors précepteurs prennent leurs distances. Le véritable Sahaj Marg est désormais enseigné par une nébuleuse de précepteurs répartis un peu partout à travers le pays, tel un réseau sans tête ni structure, voyageant aussi d'une communauté à l'autre, y compris à l'étranger.

Raghavendra Rao a abandonné sa place au comité de travail qu'il occupait depuis 84. Ce full précepteur reste désormais dans son ashram de Raïchur dans le Karnataka où il enseigne le Sahaj Marg de Babuji à tous ceux qui viennent le voir, jusqu'à la fin de sa vie au printemps 2006. Avec la complicité de la police, des sbires armés de Rajagopalachari se seraient aussitôt emparé de son ashram. Peu après, Suresh Kumar Makam a créé un blog à sa mémoire (http://makamsureshkumar.blogspot.com/). Le Karnataka est riche de vieux précepteurs : à Gulbarga, le full précepteur Narayan Rao, né vers 1922, poursuit encore son enseignement, tandis que le docteur Shiam Rao prend du recul avec le temps. A Bangalore, l'ancien magistrat de la Haute cour de justice, le full précepteur Vital Rao, surnommé affectueusement Judge, poursuit lui aussi son enseignement malgré son grand âge (il est né vers 1924).

Ramachandra Reddy, de son côté, abandonne aussi sa place au comité de travail et retourne à Cuddapah dans l'Andhra Pradesh. Ce full précepteur crée la Shri Ram Chandraji Maharaj Seva Trust, une structure au nom distinct de la Mission pour éviter toute querelle légale, et y enseigne le Sahaj Marg jusqu'à sa mort en 2008. Cette structure est actuellement dirigée par l'avocat TV Srinivasa Rao. Jogarao, un très vieux précepteur né vers 1913, est décédé l'année d'avant à Hyderabad.

En Europe, André Poray (né vers 1909 et décédé à plus de 90 ans) est l'un des tout premiers occidentaux à avoir rencontré Babuji. D'abord ami de Rajagopalachari, ce full précepteur de Sanary dans le Var (France) s'en est éloigné dès 80-82, lors des tournées de Babuji à Munich et à Paris. Il a alors créé une association loi 1901 dénommée "La voie de la réalité" où il enseignait un Sahaj Marg légèrement teinté de bouddhisme tibétain qu'il affectionnait tout particulièrement. Rajagopalachari lui avait d'abord enjoint de le rejoindre avant de le destituer de sa charge de précepteur, ce qui l'avait bien fait rire, tout comme les autres précepteurs.

Comme en Inde, il y a aujourd'hui des groupes indépendants en France à Lyon, Tours et Paris, dans le sud ouest et les Alpes Maritimes, mais aussi en Espagne à Barcelone, ou bien encore en Suisse. Chaque année, une rencontre européenne est organisée en octobre à Sanary. Ces disciples de Babuji reçoivent de temps à autres la visite de ces grands précepteurs, ou bien vont à leur rencontre en Inde au gré de leurs déplacements. Fin 2008, Cyrille Roux sortait de l'ombre pour s'exprimer sur le web et faire connaître l'existence de leurs groupes. Pour quelles raisons ?

Kasturi et Narayana, à l'inverse des précédents, ont toujours pensé que Babuji avait préparé Rajagopalachari pour lui succéder à la présidence de la Shri Ram Chandra Mission. En conséquence, ils n'ont jamais suivi son fils Umesh. En revanche, ils refusent à quiconque le droit de se proclamer représentant spirituel de Babuji, comme le fait aujourd'hui Rajagopalachari.

Kasturi Chaturvedi, full précepteur et "sainte" du Sahaj Marg selon les propos de Babuji, a fait sa rencontre en 1949. Depuis Lucknow (Uttar Pradesh), elle enseigne le Sahaj Marg de son maître intemporel dans une grande indépendance vis-à-vis de la Shri Ram Chandra Mission, étant toujours restée à l'écart de sa gestion administrative.

Le 30 avril 1995, elle prononce un discours mémorable à Madras devant Rajagopalachari et 12 000 de ses adeptes où elle reconnaît d'abord que Babuji a préparé Rajagopalachari pour être son représentant spirituel et le président de la Mission, ajoutant même que Babuji lui a dicté sa déclaration de nomination de Rajagopalachari à la présidence - c'est cette prise de position de Kasturi qui aurait entraîné le retrait d'Umesh en 84 et la nomination de Srivastava à sa place, dans le but d'éviter un possible éclatement de la Mission. Mais après cette introduction, toute la suite de son discours se focalise sur le fait qu'elle ne peut plus accepter l'idole Rajagopalachari que ses adorateurs ont fabriquée avec leur propagande.

Interviewée au téléphone par Shashwat Pandey le 20 février 2009, elle affirme désormais que Rajagopalachari n'est pas le maître de la Shri Ram Chandra Mission, mais seulement son manager. Elle prétend maintenant qu'elle n'a jamais vu sa lettre de nomination et que le seul maître de la Mission est Babuji. Elle dénonce ensuite de manière très policée et néanmoins acerbe tout ce que fait Rajagopalachari (célébrations de mariages, grands ashrams, appels à donations, publication de Whispers, etc.). Elle dit aussi qu'elle sait que tous les ashrams créés du temps de Babuji ont été repris de force par les partisans de Rajagopalachari, qu'un procès l'oppose aux descendants de Babuji, tout cela parce qu'il y a beaucoup d'argent en jeu, d'où l'évolution actuelle de la Mission qu'elle regrette et qu'elle a donc quittée. Malgré cela, Kasturi étant une personnalité qui fait autorité au sein de la mouvance du Sahaj Marg, Rajagopalachari l'a conservée sur sa liste de précepteurs. Elle ajoute aussi que Lalaji n'a rien à voir avec le Sahaj Marg, l'un de ses collaborateurs ajoutant que Lalaji c'est le Santmat.

Ses collaborateurs Akshat Gupta et Pandit Ji Somesh ont créé un blog à sa dévotion en novembre 2006 (http://kasturibhenji.blogspot.com/), réserv�� à ses seuls membres depuis le printemps 2009. On peut retrouver une présentation de ses bouquins sur http://kasturibhenjibooks.blogspot.com/ et quelques uns de ses discours sur http://kasturibhenjitalks.blogspot.com/. En France, après Cyrille Roux, ce sont aussi Denise et Jean-François Mincet, originaires de Tours et exilés au Canada, à Victoria en Colombie britannique, qui évoquent fin 2008 les groupes qui lui sont liés, la traduction de ses textes, etc. Pourquoi sortent-ils de l'ombre maintenant après 25 ans de silence ?

Après Babuji et Kasturi, le Docteur KC Varadachari (14/08/1902-30/01/1971) est sans doute l'une des plus grandes personnalités historiques du Sahaj Marg. La rencontre entre Babuji et le Docteur Varadachari date de 1955 et se transforme vite en une profonde amitié. Titulaire de la célèbre Chaire de Vivekananda à l'Université de Madras, ce professeur de philosophie de Tirupati (Andhra Pradesh) crée le Sahaj Marg Research Institute en 1965 et contribue ainsi largement à la diffusion du Sahaj Marg auprès du grand public et à son ré ancrage hindouiste autour du raja-yoga. Mais en 1970, il alerte Babuji sur les risques de dérives du Sahaj Marg dus à son expansion.

Karumbur Chakravarthy Narayana est son troisième enfant, né le 11 juin 1939. Il a rencontré Babuji chez lui pour la première fois en 1955 et a été introduit au Sahaj Marg en décembre 1956, à l'âge de 17 ans. Babuji lui a demandé en 79 d'épauler Rajagopalachari après sa mort dans sa tâche de président de la Shri Ram Chandra Mission, ce qu'il effectue jusqu'en 91. Il a même repris en 89 la tête du Sahaj Marg Research Institute créé par son père. Mais il finit par le quitter pour fonder l'ISRC (Institute of Sri Ramchandra Consciousness) à Hyderabad en août 1991. Il lui reproche de développer un culte de la personnalité malsain au travers des concepts de maître vivant et de représentant spirituel de Babuji, ce qu'il n'est pas.

Avec l'ISRC (http://www.sriramchandra.org/), KC Narayana enseigne un Sahaj Marg fortement emprunt des idées de son père Varadachari, le Pranahuti Aided Meditation. L'ISRC compterait environ 150 instructeurs, pour la plupart en Inde ou aux USA, deux d'entre eux résident en France. Il a aussi créé son propre centre de recherche et de formation baptisé Imperience (http://www.imperience.org/) ainsi que sa propre Fondation Sahaj Seva Samsthan (http://www.sahajsevasamsthan.org/), qui gère un hôpital, des écoles et la fabrication de divers produits.

Présents sur le web depuis fort longtemps, l'ISRC et Narayana ont aussi créé un website dédié uniquement au Docteur Varadachari (http://drkcv.org/), ce que l'on peut aisément comprendre en raison de sa notoriété. Mais le 23 juin 2008, c'est un website auto promotionnel de Narayana qui voit le jour (http://www.kcnarayana.org/), contredisant par les faits un enseignement soi-disant centré sur Babuji et totalement dépersonnalisé. Ainsi il n'hésite pas à nous lister ses qualités, à citer les propos louangeurs de Babuji à son égard, preuves à l'appui, et nous parle de sa carrière et de sa famille… Bref, tous les ingrédients de la personnalisation de la spiritualité façon ISRC sont maintenant en place !

Récapitulons. Aujourd'hui, avec les disparitions des uns et des autres au fil du temps, il ne reste donc plus guère que les petits-fils de Babuji, Navneet et Puneet Kumar Saxena, à la tête d'une Mission devenue virtuelle depuis la prise de l'ashram de Shahjahanpur, en procès contre la Mission californienne de Rajagopalachari. De la diaspora des seniors précepteurs, restent aussi les full précepteurs vieillissant Kasturi à Lucknow, Narayan Rao à Gulbarga et Vital Rao à Bangalore, avec une multitude de communautés éparses en Inde et à l'étranger, sans oublier la très structurée ISRC de KC Narayana. De son côté, Rajagopalachari semble plus ou moins bien manipuler le dernier fils vivant de Babuji à Shahjahanpur, Sarvesh, ainsi que le petit-fils de Lalaji, Dinaysh, à Fatehgarh.

Alexis

1 octobre 2009

L'épitome du Sahaj Marg

Shashwat avait interviewé le petit fils de Lalaji au début de l'année et supposé qu'il avait peur de représailles. Celui-ci publie pourtant une lettre de Babuji datée de 1963 dans laquelle il dit que le soufisme est complètement dépassé par le Sahaj Marg. Le 24 septembre, dans son commentaire intitulé Lalaji et sa famille, Alexis s'interrogeait sur le fait de savoir s'il était manipulé par Chariji. Le 29, comme en réponse, Dinesh s'exprime très longuement sur le Sahaj Marg. La critique est dure et les frontières sont clairement établies avec Lalaji et son école spirituelle.
http://laalaajinilayam.googlepages.com/epitomeofsahajmarg
Voici un résumé en français réalisé par Alexis :

Dinaysh Kumar Saxena, petit-fils de Lalaji et 44ème maître dans l'ordre de la lignée soufie Naqshbandiya Mazhariya Ramchandriya (NaqshMuMRa) précise les liens entre le Sahaj Marg de Babuji et son grand-père Lalaji, le 29 septembre 2009 dans un texte intitulé "Epitome of Sahajmarg".
Que dit-il en substance ?
Il rappelle que l'"Ecole de spiritualité de Ramchandra" (Lalaji) qui a pris le nom de NaqshMuMRa par la suite est le fruit de l'enseignement de Hazrat Maulana Fazl Ahemad Khan Saahib, maître soufi naqshbandi qui enseignait à tous indépendamment de toute caste ou religion, et de son élève hindou Lalaji. Ce dernier est donc un maître spirituel de la confrérie soufie de la Naqhsbandiya, le premier maître hindou admis sans conversion formelle à l'Islam.
Babuji a créé le Sahaj Marg et déclaré que Lalaji était son aadiguru (maître originel). Mais jusque dans son dernier testament enregistré le 23 octobre 1930, Lalaji n'a jamais employé le terme "Sahaj Marg". Le Sahaj Marg constitue donc un schisme de l'école NaqshMuMRa de Lalaji comme il y en a tant d'autres. En fait, tous les disciples de Lalaji ont respecté la philosophie et les principes de son enseignement, sauf la SRCM de Babuji où l'accent est mis sur le guru vivant, ce qui a dégénéré en un culte de la personnalité. Parmi les dévots de Lalaji, il y avait 2 catégories : celle de l'ésotérisme qui recoupe en grande partie la connaissance cachée et fait d'eux des gurus, et celle du mysticisme qui vise plutôt à attirer l'attention du croyant et fait des d'eux des enseignants. Babuji était de cette deuxième catégorie, les mystiques.
Dans son journal, Babuji raconte comment il a rêvé de Lalaji dans son sommeil juste après sa mort, ce que l'éditeur du livre a cru bon d'interpréter comme une complète immersion de Babuji dans son guru. Mais le Sahaj Marg est tout à fait différent des enseignements de Lalaji. Et de citer Chari qui déclare que l'objet de la méditation est la lumière divine dans le cœur et rien d'autre. Les choses sont plus complexes que cela dans le soufisme. Et pourquoi Chari déclare que son maître Babuji a toujours maintenu que Lalaji n'a pas eu de guru ? La cause profonde de toutes ces manipulations, c'est leur étroitesse d'esprit religieux.


Elodie