La Shri Ram Chandra Mission n'est pas la seule organisation à proposer des méthodes de méditation. La transmission dont elle est si fière se traduit souvent par un asservissement qui fait perdre tout repère et isole inéluctablement l'individu de son environnement.
La Shri Ram Chandra Mission a été classée comme secte dans un rapport parlementaire français. Avant d'adhérer, informez vous !

439 articles – 3449 commentaires – Dernier ajout le 9/09/2017

“Take criticism seriously, without anger or sadness. Use it for correcting yourself, and welcome it.”
Kamlesh Patel (1/04/2015)

26 avril 2008

Souriez, vous êtes fichés !

Recensement général des abhyasis
Alexis a ajouté un nouveau commentaire sur votre message blog "Politique et idolâtrie" :

Souriez, vous êtes fichés !


Le saviez-vous ?
Même si 25% d'entre vous ne payent aucune cotisation, la SRCM France n'a de cesse de vous quémander une adhésion, quitte à baisser ses tarifs. Vous voilà fichés une première fois, en France et donc sous le régime de la CNIL (Commission informatique et libertés, pour ce qui ne connaissent pas).

Ensuite, on vous demande de prendre une "carte d'identité internationale" propre à la Mission (mais oui, mais oui !), indispensable si vous souhaitez participer au moindre séminaire international de la Mission. Vous voilà donc fichés une deuxième fois, mais en Inde cette fois-ci. Le fichier n'est donc plus soumis aux règles auxquelles nous sommes habitués, qui nous garantissent un minimum de liberté (déjà relativement maigre).

Vous êtes fichés une troisième fois, toujours en Inde, à chacun de vos sittings avec un précepteur du fait qu'il envoie un rapport mensuel de ses activités (où figurent les noms des personnes qu'il accueille et les dates de leurs sittings). Vous avez du apprendre récemment sur le blog d'Elodie qu'Ajay a répondu par un grand silence aux questions des précepteurs français sur l'intérêt de ces rapports, accompagné du seul commentaire qu'ils devaient faire confiance et obéir !

Mais ce n'est pas fini, comme si cela ne suffisait pas…
Vous ne connaissez pas la dernière ?
Ne voilà-t-il pas qu'ils ont passé la consigne discrètement à tous les responsables de Centres d'effectuer partout un recensement exhaustif des abhyasis pratiquants qui participeront aux célébrations de l'anniversaire de Babuji le 30 avril.
Non ? Mais si ! mais si… ils ne reculent devant rien.

A croire qu'ils veulent tester le degré d'obéissance de vos responsables après le bref esclandre des précepteurs qui ont enfin osé poser une question sensée. Dommage qu'ils finissent toujours par se ranger et suivre comme les moutons bêlants qu'on leur demande d'être.

Babuji voulait des lions, Chari des moutons qui croient être des lions…
La seule réponse intelligente à une telle attitude devrait être le boycott du recensement par vos responsables, ou carrément celui de la journée par vous, les abhyasis !

19 avril 2008

Politique et idolâtrie

On m’a fait parvenir quelques extraits des discours de Chariji contenus dans « He, the Hookah and I ». En voici une première sélection, des textes choisis sur le rôle des précepteurs : servir les abhyasis comme on sert le Maître, travailler en équipe et être discipliné.


« (…) Il y a des abhyasis isolés qui n’ont pas accès à un précepteur. Ils progressent souvent plus vite que dans les centres où il y a quatre ou cinq précepteurs. Je me souviens qu’une fois Babuji a déploré le fait que quand il n’y avait qu’un précepteur dans chaque endroit, les choses se passaient bien. Dès qu’arrivait un second précepteur, c’était le chaos. On voulait savoir qui était le plus important, qui était le senior, vous savez, des choses comme ça. (…) » in The importance of the Guru 9 a.

Cela me rappelle terriblement le témoignage de Michael. Le senior précepteur s’était inquiété de l’arrivée d’un jeune précepteur dans son Centre. Il avait peur de devoir partager avec un autre son pouvoir local jusque là exclusif. Il s’en est ému auprès de Chariji. Qu’a fait le Maître ? Il a révoqué le jeune précepteur, donc conforté le pouvoir local, la compétition, la hiérarchie et l’absence de coopération.

« (…) Nos précepteurs doivent apprendre que, tout d’abord, ils doivent devenir disciplinés (…) L’obéissance nous donne la capacité de commander plus tard. Ils doivent apprendre cela, (…) Et plus important que tout – pas de politique dans la Mission. Je ne parle pas du Congrès ou du Hindu Sabha, ou de choses de ce genre. Je parle d’actions entreprises dans un but politique à l’intérieur de la Mission pour évincer quelqu’un du pouvoir, pour incriminer quelqu’un injustement, pour dire du mal de quelqu’un qui n’est pas mauvais, pour encenser quelqu’un qui n’est qu’un gredin et un vaurien. C'est ceci, faire de la politique, sous sa pire forme : assassinat de personnalité. A moins que les précepteurs ne surmontent ces tentations afin d’obtenir de l’avancement en marchant sur le cadavre de quelqu’un qu’ils ont détruit - la Mission ne pourra pas survivre, et elle ne sera qu’un nom sur quelques bâtiments vides. J’espère que la Shri Ram Shandra Mission n’en arrivera jamais là parce que, après tout, il y a une hiérarchie bienveillante, qui nous guide et qui veillera sûrement à l’avenir de la Mission, à son bien-être, à sa capacité à aider l’humanité et à l’encourager de plus en plus au fil du temps. » in Discipline 17

Chariji reprend ici les risques que la compétition entre précepteurs (l’histoire de Michael, par exemple) font courir à la Mission. Il espère que cela n’arrivera pas, sauf que c’est déjà arrivé il y a fort longtemps. La hiérarchie interne n’est qu’un vaste regroupement de parvenus qui essaient de s’écraser les une les autres. La Shri Ram Chandra Mission originelle n’y a pas survécu, c’est une marque commerciale sur des bâtiments vides. Non pas vides d’abhyasis assoiffés de pouvoir mais vides d’âmes en quête de spiritualité.

« (…) lorsqu’un précepteur commence à imaginer qu’il sert les abhyasis, en quelque sorte il commence à se prendre pour un gourou et alors commence sa chute. C’est une leçon très importante que les précepteurs doivent apprendre. C’est important également que les abhyasis s’en souviennent car s’ils pensent que le précepteur les sert cela devient en quelque sorte de l’idolâtrie. Car quelle est l'erreur dans l’idolâtrie selon l’explication de Babuji ? C’est que nous prenons l’idole pour Dieu au lieu de la considérer comme la représentation d’un Dieu qui est quelque part ailleurs, qui est partout. » in The importance of the Guru 9 a.

Un jour, Chariji a commencé à imaginer qu’il servait les abhyasis, il a commencé à se prendre pour un gourou. C’est alors qu’a commencé sa chute. De même, si les abhyasis imaginent que Chariji les sert, cela devient de l’idolâtrie. Ils prennent Chariji pour Dieu.

Qu’ajouter d’autre ? Même Chariji dresse un constat identique au notre.

Elodie

11 avril 2008

Obéissez !

La devise de la Shri Ram Chandra Mission devrait être : "Obéissez et faîtes aveuglément confiance au Maître", ou bien la formule inverse "Faîtes confiance au Maître et obéissez aveuglément".

Obéir, faire confiance, ne surtout pas réfléchir. Nous l'avons déjà dit sur ce blog à maintes reprises, avec de nombreux exemples à l'appui.

Alexis et une abhyasi anonyme nous en apportent de nouvelles preuves aujourd'hui.

Je devrais être blindée maintenant, mais à chaque fois au contraire, je me sens plus révoltée. Le culot et l'aplomb de Chariji me sidèrent. Aucune justification sur la raison pour laquelle les précepteurs doivent remplir un rapport annuel, ne serait-ce que dans l'intérêt de la Mission.

Aucun état d'âme à abandonner les participants du séminaire international américain au profit des moscovites, aucune explication ni aucune excuse. Non, rien, strictement rien.

Le Sahaj Marg originel méritait tellement mieux.

Elodie


Le commentaire d'Alexis :

De Moscou à Berlin…

Il est passé par ici, il repassera par là !
Chari a de nouveau la bougeotte. Il devrait être à Moscou pour l'anniversaire de Babuji, et un séminaire international pouvant accueillir 800 personnes s'y tiendra du 27 avril au 1er mai.

Donc finalement, il a annulé Cleveland pour mieux se rendre à Moscou. Sympa pour les abhyasis des Amériques, gageons qu'ils sauront apprécier l'événement à sa juste valeur !
Normal, ils doivent obéir sans chercher à comprendre. Les voies du maître sont impénétrables…

Ensuite il devrait arriver à Milan le 12 mai (depuis Dubaï ?), passer à Grenoble et Montpellier, à Figueras en Espagne, puis Toulouse et Paris, Brême enfin en Allemagne le 30 mai …

Telles sont les décisions de Chari.
"Ici et maintenant… ou jamais", le slogan de Cleveland 2008, s'est donc bel et bien transformé en "Jamais", peut-être en "Plus tard" dans le meilleur des cas.

Faut vraiment avoir la foi pour accepter de tels revirements…


Et le commentaire d'une abhyasi anonyme :

Bonjour,

Lors d'une discussion avec mon Précepteur j'ai été mise au courant que les Précepteurs français ont posé à notre frère Ajay la question sur la nécessité ou pas de continuer à produire leur rapport annuel à envoyer à note Maître. Ils seraient nombreux à affirme que ces rapports ne sont lus par personne et que par conséquence ils ne servent à rien.

La réponse de Frère Ajay m'a laissé cependant perplexe car il invite le Précepteurs à ne pas se poser la question s'ils servent ou pas à quelques chose, s'ils sont ou pas lus par quelqu'un. En fait pour lui l'envoi de ces rapports c'est un signe d'obédience à notre Maître. Chaque Précepteur doit donc juste se laisser guider par Lui sans se poser des questions. Sans avouer qu'il n'est pas d'accord avec la réponse d'Ajay, mon Précepteur préfère éviter la question (et le sujet)sans me donner une véritable réponse. Je n'étais pas au courant de ce rapport et je me pose des questions sur les liens spirituels et l'obéissance, sur ce qui est important et ce qui ne l'es pas, sur ce qui est juste et ce que nous devons accepter pour nous sentir intégrés.

3 avril 2008

Qu'est-ce que le Sahaj Marg ?

Alexis nous livre ici la sixième et dernière partie de sa présentation du Sahaj Marg (http://srcmsmproject.blogspot.com/). Je vous rappelle que vous pouvez aussi trouver :
- l'analyse de Cricri sur http://srcmtm-fr.blogspot.com/
- la présentation de 4d-don (anglais) sur
http://thesahajmargproject.blogspot.com/
- celle de Shahswat (anglais) sur
www.geocities.com/sha211_211/srcm.html
- celle de Michael (anglais) sur
http://innercircleofsrcm.blogspot.com/

Qu'est-ce que le Sahaj Marg ?
Approche d'un concept évolutif

1. Préambule


Selon ses partisans, le Sahaj Marg est un raffinement du Raja yoga. La transmission de l'énergie divine par le maître vers le coeur de l'adepte serait sa spécificité, unique au Monde.La pratique du Sahaj Marg, très simple, serait adaptée à la vie familiale et professionnelle actuelle. Mais on oublie seulement de dire qu'elle s'est peu à peu recentrée presque exclusivement autour de l'adoration du maître...

2. Origines et spécificité

La forme de yoga la plus connue en Occident est le Hatha Yoga, qui se résume le plus souvent à la pratique des postures yogiques. Mais le yoga est beaucoup plus que cela, c'est une discipline ancestrale d'origine hindoue (près de 5000 ans), dont le but est de réaliser l'unification de l'être humain dans ses composantes physique, psychique et spirituelle.

2.1. Du Raja Yoga au Sahaj Marg

Le Raja Yoga (yoga royal ou union royale) est le yoga exposé dans les "Yoga Sutra" de Patanjali, auteur supposé de ce traité du yoga entre -250 et + 500 ans de notre ère.
On l'appelle aussi Ashtanga Yoga (yoga à 8 branches), ce qui reflète les 8 étapes de cette voie :

  • Yama - Code de conduite, retenue de soi
  • Niyama - Niveau religieux : engagement à la pratique, étude et dévotion
  • Āsana - Intégration de l'esprit et du corps par l'activité physique
  • Pranayama - Régulation de la respiration qui mène à l'intération de l'esprit et du corps
  • Pratyahara - Abstraction des sens, retrait des objets de leur perception
  • Dharana - Concentration, esprit sur un point
  • Dhyāna - Méditation : l'acitvité silencieuse mène au samadhi
  • Samadhi - L'état silencieux de conscience

Shri Ram Chandra de Shahjahanpur (1899-1983), surnommé Babuji, est le fondateur du Sahaj Marg en 1945, un enseignement spirituel équivalent au Raja Yoga. Sa particularité est de s'affranchir des 6 premières étapes pour débuter par la méditation (dhyana), aux dires de Babuji et K.C. Varadachari.

Bien que Babuji revendique Lalaji comme précurseur, il gomme l'origine soufiste de sa pensée spirituelle pour l'habiller de yoga et la rapprocher beaucoup plus des éminents hindouistes Ramakrishna (1836-86) et Swami Vivekananda (1863-1902), qui ont vivement contribué à faire connaître l'Hindouisme en Occident au début du XXème siècle, en même temps qu'on (re)découvrait le yoga (en savoir plus...).

"Le sahaj marg est en relation étroite avec le raja-yoga. Seules quelques modifications ont été apportées au système connu jusqu'à présent sous le nom de raja-yoga afin d'en éliminer tout élément superflu."

En clair, le Sahaj Marg serait un raffinement du Raja Yoga.


2.2. La transmission (pranahuti)

Débuter directement par la méditation, septième étape du raja yoga, n'est rendu possible que grâce à la transmission, ou pranahuti, spécificité exclusive du Sahaj Marg, disent ses partisans.
Le caractère le plus unique du Sahaj Marg, ce serait que le Maître aide l'aspirant spirituel à progresser en déversant dans son coeur l'énergie divine qui va permettre sa transformation. C'est LA spécificité annoncée du Sahaj Marg.

A bien y regarder, cette exclusivité du Sahaj Marg est un leurre. Les sufis utilisaient déjà cette technique il y a bien longtemps. Et face au feu des critiques, les tenants du Sahaj Marg le reconnaissent eux-mêmes. Ils arguent ensuite que la qualité de la transmission est bien meilleure chez eux qu'ailleurs. A cet exercice, on peut dire ce que l'on veut, puisque chaque expérience est personnelle et unique, donc incomparable à toute autre. En clair, les sufis peuvent en dire autant, personne ne pourra jamais trancher.

On notera aussi que l'unification de l'être humain, but du yoga, s'est muée dans le Sahaj Marg en unité avec le divin. D'où la revendication des grands maîtres d'avoir atteint la "région centrale". Personne ne définit clairement cette région ni ne la décrit. Tant et si bien que, là encore, ils sont nombreux les gurus qui revendiquent être allés dans la région centrale, depuis le Sahaj Marg et ses différents avatars à Radhasoami, en passant par tant d'autres...

3. des pratiques qui évoluent

Pour profiter pleinement de cette énergie divine, l'aspirant spirituel doit fournir un effort personnel, codifié par un ensemble de pratiques spirituelles, la sadhana. Celle-ci comporte plusieurs abhyas, destinés à créer les meilleures conditions intérieures à l'aide du maître.

3.1. Les dix commandements

Babuji a résumé l'ensemble de la pratique spirituelle qu'il recommandait aux abhyasis (ceux qui pratiquent les abhyas) dans ses 10 commandements. Au delà des attitudes "humanistes", ils comportent une prière, si possible avant le lever du soleil, ainsi qu'une repentance pour les péchés commis au coucher du soleil. Sans oublier d'avoir un coeur empli d'amour et de dévotion, et que le but est d'atteindre l'unité avec Dieu. C'est donc une pratique simple, qui permet à la SRCM d'affirmer que le Sahaj Marg est adapté à la vie familiale et professionnelle d'aujourd'hui.

Mais les choses ont beaucoup évolué depuis 1945. Les 10 commandements se sont transformés en maximes, sauf à l'ISRC. Et la pratique s'est complexifiée. A l'heure actuelle, c'est une pratique de méditation centrée sur le cœur, dont le cadre principal repose sur une pratique quotidienne (abhyas), des sittings hebdomadaires et quelques obligations permanentes.

Méditation, cleaning et prière sont les trois abhyas quotidiens qu'il faut absolument pratiquer de manière assidue si l'on veut faire des progrès rapides, donc tendre vers le but ultime mais surtout faire plaisir au Maître.

  • La méditation : elle doit être réalisée pendant une heure, avant le lever du soleil et après s'être lavé. C'est un moment de passivité totale où il faut s'abandonner au divin. C'est-à-dire intérioriser l'adoration au Maître par une totale dévotion.
  • Le cleaning : C'est une méthode active de nettoyage des impuretés accumulées durant la journée. Elle a donc lieu le soir avant diner pendant une demi-heure. Les impuretés, ou samskaras, doivent s'échapper de l'arrière comme de la fumée...
  • La prière : Ce sont quelques mots pour formuler sa complète dépendance au Maître divin. Elle doit être répétée deux à trois fois, avant le coucher, pendant une dizaine de minutes, avec dévotion et dans une attitude suppliante.

Aux abhyas quotidiens individuels s'ajoutent des séances collectives. Ces sittings ou satsangh sont des séances de méditation collective. Elles ont lieu deux fois par semaine, le mercredi soir et le dimanche matin en général, dans les différents centres de la SRCM. Il est vivement suggéré aux abhyasis d'en suivre au minimum une par semaine. Un sitting de méditation individuelle avec un précepteur est aussi recommandé au moins deux fois par mois.

Outre ses abhyas quotidiens et les sittings de groupe, il est conseillé pour progresser rapidement de lire et relire les dix maximes du Sahaj Marg, de tenir un journal quotidien, ainsi que de pratiquer la renonciation, le non attachement et de développer le souvenir constant du Maître (constant remembrance). Enfin, il est naturellement suggéré de rencontrer le Maître le plus souvent possible.

Mais avant toutes choses, pour démarrer, le nouvel abhyasi doit suivre un minimum de trois sittings d'introduction avec un précepteur, pour effectuer son nettoyage ou cleaning initial, sur une période de deux à trois jours consécutifs, à raison d'une demi-heure à chaque fois. Ce n'est qu'ensuite qu'il pourra commencer ses abhyas quotidiens...

3.2. Dérives vers le culte de la personnalité

Le souvenir constant du but à atteindre, l'unité avec Dieu, s'est totalement transformé avec le temps en souvenir constant du Maître.

Cette évolution a débuté bien avant Chari, puisque Babuji écrivait déjà dans Rôle de l'abhyasi dans le Sahaj Marg : "Le moyen le plus facile et le plus sûr d'atteindre le but est de s'abandonner au Grand Maître et de devenir soi-même un mort-vivant (...). L'abandon de soi n'est rien d'autre qu'un état de complète résignation à la volonté du Maître, avec un complet désintérêt de soi. Demeurer en permanence en cet état mène au commencement de l'état de négation (...). En cet état un homme ne pense et ne fait que ce que la volonté de son Maître lui ordonne (...). Sa volonté sera complètement subordonnée à la volonté du Maître."

Les pratiques ont évolué, par un glissement lent mais permanent des 10 commandements pris dans leur ensemble vers une prépondérance des pratiques qui favorisent le plus le culte de la personnalité. Ainsi, correspondre et rencontrer le maître sont vivement encouragés. En plus ou à défaut, le souvenir constant du Maître et un abandon total à sa volonté deviennent les règles de base.

De leur côté, les abhyasis se prêtent volontiers au jeu. Ils envoient leur journal à Chari, le questionnent régulièrement sur toutes les décisions qu'ils doivent prendre au quotidien et affichent son portrait partout dans leur maison. Enfin, ils se pressent à ses pieds quel que soit l'endroit où il se rend dans le monde, prêts à tout pour l'apercevoir, le toucher ou susciter une réaction de sa part, comme n'importe quelle groupie teen-ager fan d'un chanteur...

La confusion entre Dieu et le Maître a donc été savamment entretenue. De l'abandon au maître, on est passé au culte de la personnalité. Qui des abhyasis ou de Chari a commencé ? Nul ne le sait plus, c'est comme l'oeuf et la poule, cela n'a pas grande importance, le résultat est là. Les abhyasis sont totalement dépendants de Chari, et Chari en redemande toujours davantage.

4. Pour approfondir

Témoignage de Madeleine :
Après des années d'adhésion inconditionnelle, Madeleine est devenue précepteur du Sahaj Marg. Mais elle commence à douter de la qualité de cet enseignement, gangréné par l'expansion matérielle, surtout après le centenaire de la naissance de Babuji en 1999. Elle nous livre ici le résultat de ses recherches historiques sur le soufisme, Lalaji et Babuji, ou sur la transmission (en savoir plus...)

Dr. K.C. Subramaniam :
Dans l'extrait choisi, ce docteur dont l'article a été publié par la SRCM, reconnaît que la transmission n'est pas spécifique au Sahaj Marg, loin de là (en savoir plus...)