débarrassé des dérives de la Shri Ram Chandra Mission, par une abhyasi désespérée
“Take criticism seriously, without anger or sadness. Use it for correcting yourself, and welcome it.”
Kamlesh Patel (1/04/2015)
31 octobre 2007
Des enfants endoctrinés
25 octobre 2007
Abhyasis du Sahaj Marg, réveillez vous
L'exemple traité ci-dessous par Alexis n'est que l'un des mutiples exemples qui révèlent la dérive terrible du Sahaj Marg, depuis la quête spirituelle initiale jusqu'à l'adoration actuelle d'un gourou. Chari JI fait le geste banal de n'importe quel éco-citoyen et les abhyasis sont sous le charme. Un écologiste, un homme politique ou même un abhyasi l'eut-il fait, cela n'aurait soulevé aucun commentaire.
Dans quel monde vivez-vous pour que le moindre geste de Chari JI vous émeuve quand ceux de vos voisins vous laissent de glace ? Quand prendrez vous conscience de votre dépendance, de la perte de vos facultés individuelles de jugement et de votre aliénation mentale ? Comment osez vous croire que vos rares bénéfices spirituels justifient à ce point le sacrifice de vos facultés individuelles ?
Vous n'êtes plus des individus doués de raison, mais un vaste troupeau de moutons décervelés qui n'ont d'yeux que pour leur berger. Le pire est que vous êtes les premiers responsables de cette situation, bien avant Chari JI lui-même. Vous êtes à l'origine de ce culte aveugle de SA personnalité. Il lui a suffit d'en profiter.
J'ai participé à cette gigantesque mascarade et ma famille y participe toujours. Quand j'ai commencé à ouvrir les yeux, j'ai été saisie d'un irrépressible vertige. Cela n'a pas été facile et la peur du vide m'a longuement habitée. Aujourd'hui libérée de cette emprise, je respire enfin. Je me suis remise à penser par moi-même, je suis sortie de ce cauchemar, je m'assume seule.
Abhyasis du Sahaj Marg, réveillez-vous. Refusez qu'on pense à votre place, refusez qu'on vous dicte vos actes et assumez votre propre existence.
RE… VO… LU… TIO… NAIRE… !
Chari a découvert l'écologie. Les abhyasis regardent émerveillés.
Sachez le : en septembre dernier à Kolkata, une jeune femme tend à Chari une serviette en papier. Il s'en sert puis la met dans sa poche parce qu'elle n'est pas sale et peut resservir. Et il ajoute cette phrase mémorable : combien d'arbres ont été coupés pour la fabriquer ?
Commentaire du rapporteur : "Etre avec notre Maître est en soi un enseignement du fait que ses propres actions et ses propres mots nous enseignent comment nous devrions mener notre vie. Ainsi donc, lorsque nous sommes avec Lui, nous devrions faire l'effort d'observer ces choses venant de Lui et de nous en imprégner plutôt que de nous soucier d'aspects matériels (…)."
Révolutionnaire, je vous dis !
Chari vient de découvrir l'écologie. Il invente enfin un Sahaj Marg durable (Sustenaible Sahaj Marg).
Ne voilà-t-il pas qu'il faut un Grand Maître spirituel pour que les adeptes du Sahaj Marg s'intéressent à l'environnement et s'émerveillent de cette découverte.
Il était temps…
Alors qu'il suffit de sortir dans les rues de Delhi ou de Bangalore pour s'apercevoir que notre planète est menacée, Chari a du découvrir cela récemment dans les hautes sphères de la "région centrale".
La notion de développement durable existe depuis plus de 20 ans. Les états membres de l'ONU tentent depuis des années de parvenir à un accord écologique mondial. Les droits à polluer s'échangent sur les places boursières du monde entier. Al Gore et le GIEC viennent d'obtenir le Nobel de la paix. La France fait son Grenelle de l'environnement… et les abhyasis s'émerveillent soudain de la dernière trouvaille de leur gourou !
Chari n'a pas inventé l'eau chaude (on ne le lui a pas demandé), mais bientôt il inventera le fil à couper le beurre. Et les abhyasis du monde entier applaudiront à ce miracle. Ils entreront en transe et se prosterneront à ses pieds…
Mieux vaut en rire !
Alexis
16 octobre 2007
Le financement de Tiruppur
Après l'insistance de Chariji à nous vendre "Whispers", les débordements de Vrads Sande au Danemark et de Lignano en Italie (vente aux enchères pendant le satsang par exemple), c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Tout le monde est interloqué par le montant du don à effectuer ainsi que l'emploi des mots "premiers bénéficiaires". Une vague de protestation sans précédent s'empare des abhyasis. Ils prennent enfin conscience que la Mission fonctionne à deux vitesses : celle des riches et celle des autres.
Après quelques hésitations, Chariji fait marche arrière. La participation aux festivités devient libre. Les donations sont destinées aux fondations régionales de la SMSF pour développer la Mission et ses activités. Les premiers donateurs auront la primeur du dernier livre de Master, "He, the Hookah and I".
C'est seulement lors des célébrations qu'on découvre que ce "cadeau" est en réalité un coffret de 18 DVD, soit 20 heures de discours de Chariji, sous titrés en 7 langues et accompagnés par un livret de leur transcription en anglais.
Retour à la case départ : il faut toujours financer Tiruppur. Après le marketing spirituel de Chariji pour "Whispers", on surfe sur la vague des collectors, les produits dérivés. Ainsi durant les festivités, on peut acheter en exclusivité un T-shirt spécial anniversaire ou un livre inédit de photos. "Timeline - Years of Love and Guidance" coûte moins de 30 $ et contient 300 pages de photos prises entre 1983 et 2007. Preuve que la Shri Ram Chandra Mission sait produire des publications bon marché quand elle le souhaite.
L'opération doit être restée déficitaire puisque de nouvelles souscriptions sont partout ouvertes pour "Whispers" et le "Hookah" dès le retour de Tiruppur. Leur date limite initiale est pourtant largement dépassée et une fois de plus il ne devait y avoir aucune exception. On solde les publications - 1000 $ le "Hookah" au lieu de 1200 auparavant - et il est livré sans son coffret en bois, seule exclusivité des premiers bénéficiaires. Quand la culture des produits dérivés remplace la spiritualité, un marché parallèle du coffret se met aussitôt en place.
Cela ne suffit toujours pas donc la Shri Ram Chandra Mission relooke le livre exclusif de la célébration et elle annonce la sortie de "And He marches on", une édition spéciale commémoration de son 80ème anniversaire, recueil de photos et de textes de Chariji entre 1983 et 2007 pour une cinquantaine de dollars.
Le Secteur des publications de la Shri Ram Chandra Mission, initialement destiné à diffuser les discours de Chariji, a beaucoup évolué. Les donations ne suffisaient plus donc on a effectué des cadeaux aux donateurs pour mieux les inciter à donner. Le mercantilisme a ainsi grignoté peu à peu le secteur des publications, mais il s'est vraiment professionnalisé depuis 2005. Les mécanismes sont invariants : proposer un cadeau aux donateurs avant une date fixée au préalable et reporter ensuite la date malgré les allégations contraires du début. Ce qui change en revanche, c'est la multiplication des produits dérivés et l'inflation vertigineuse des prix : photos, albums souvenirs, badges, T-shirt, etc.
Que nous réserve Lucknow 2008 ?
8 octobre 2007
La véritable histoire du Sahaj Marg
Babuji a soigneusement camouflé les fondements soufis du Sahaj Marg ainsi que le rôle déterminant qu'il fait jouer à Swami Vivekananda dans la création de la Shri Ram Chandra Mission. Ceci dans le but d'afficher l'innovation majeure que représente le Sahaj Marg, soi-disant unique et inégalé, dans le monde de la spiritualité. Tandis que le Docteur K.C. Varadachari l'assimile à du Raja-Yoga, ni plus ni moins, et alerte Babuji sur les premières dérives observées.
Chari n'a pas simplement succédé à Babuji. Les affrontements ont commencé au moins 10 ans avant sa mort. Celle-ci déclenche d'ailleurs une scission d'où émergent 2 Shri Ram Chandra Mission : celle de Shahjahanpur et la SRCM® californienne. Sans parler des nombreuses personnalités issues du mouvement qui acquièrent une redoutable indépendance. Et, malgré l'incontestable succés quantitatif de Chari, l'affrontement perdure aujourd'hui.
L'age avancé de Chari (80 ans en juillet 2007) accélère peut-être le retour des charognards attirés par le pactole humain et financier que représente aujourd'hui ce mouvement...
Lalaji fut avant tout le disciple d'un maître soufi, mais peut-être a-t-il aussi puisé un peu de son inspiration auprès de maîtres hindouistes de Santmat. Il n'a probablement pas suivi les enseignements d'un maître unique, de même il a eu de nombreux disciples et en a chargé plusieurs de répandre son enseignement.
1. L'ordre soufi de la Naqshbandiyya
L'ordre soufi de la Naqshbandiyya pénètre en Inde au XVIème siècle, après d'autres confréries comme la Chishtiyya, la Suhrawardiyya et la Qâdiriyya. En 1526, Baber, descendant de Gengis Khan, fonde la dynastie des Grands Moghols. Sur ses traces, Baqi Billah (décédé vers 1598), 24ème maître de la lignée s'établit à Delhi. Son successeur Shaykh Ahmad Farouqi Sirhindi est le créateur d'une nouvelle ramification soufie, la Naqshbandiyya Mujaddidiyya. Les Moghols règnent en maîtres absolus en Inde, l'enseignement soufi est très strict. Le XVIème siècle marque l'apogée puis le déclin des Moghols.
2. Le couple Hujur-Lalaji
Après les Moghols et les Marathes, l'Inde passe sous domination britannique. La résistance contre l'envahisseur s'organise au sein des communautés malgré les appels à l'unité du peuple indien par Gandhi. La fin du XIXème siècle est marquée par le repli communautaire, notamment dans l'Uttar Pradesh d'où émergeront le Congrès national indien en 1885 et les germes de la Ligue musulmane (1906) jusqu'à la partition de 1947.
Dans ce contexte de tension inter-religieuses, Maulana Shah Fazl Ahmad Khan (Hujur ou Huzur Maharaj) et son disciple Ramchandra Lalaji tentent une nouvelle synthèse des enseignements hindouistes et soufis, totalement à contre courant de l'histoire immédiate dominée par les replis communautaires . Lalaji devient le 1er maître hindou de cet ordre soufi, sans avoir à se convertir à l'Islam.
3. Une multitude de successeurs légitimes
On l'a vu précédemment, le soufisme est constitué d'ordres, de branches et autres ramifications. Il en va de même dans les traditions indiennes où les guru, sant, pîr et autres grandes personnalités spirituelles ont de nombreux successeurs légitimes qui ont eux-mêmes plusieurs maîtres.
C’est aussi ce qu’aurait fait Lalaji, en tant que disciple, en commençant par le soufisme et en continuant avec la pratique du Sant Mat et de Radhasoami. Et d'après NaqshMuMRa Nexus, il aurait eu 212 disciples qu'il a tous chargés de répandre son enseignement appelé "Naveen Sadhana" dans leurs régions respectives, tout en les invitant à suivre aussi d'autres maîtres.
- Ramashram Satsang, une nébuleuse de groupes géographiques, avec des maîtres locaux hindouistes.
D'autres personnalités illustres s'en recommandent aussi, telles Thakur Ram Singhji ou le Docteur Chandra Gupta. Il faut aussi citer le mouvement Saral Hari Marg du Dr. Harnarayan Saxena (1908-2003), se revendiquant de l'héritage de Lalaji, qui a fait une brève apparition sur le web avant d'en disparaître.
Reste enfin le courant directement issu de Lalaji qui a été créé le plus tardivement, à savoir le Sahaj Marg de Ram Chandra Babuji, en 1945. Mais cela est une autre histoire !
1. Hésitations et tergiversations (1931-44)
Suit une longue période de silence et d'inaction qui va durer 13 ans. Le journal de Babuji s'interrompt et il ne fait pas parler de lui. durant cette période, il aurait fréquenté les Ramashram Satsang du Docteur Chaturbhuj à Etah et de Shri Krishna Lal à Sikandarabad, semble-t-il. Il rêve aussi qu'il se rend à Kanpur, siège de la famille de Raghubal Dayal, frère de Lalaji.
Les explications sur ce silence viendront plus tard. Babuji aurait été entouré de concurrents et d'ennemis. Ceux-ci auraient même été jusqu'à tenter de l'empoisonner et de l'assassiner... Délire paranoïaque ?
2. Babuji, fondateur du mythe (1944-47)
Le 21 juillet 1945, la SRCM est donc enfin officiellement constituée à Shahjahanpur et enregistrée à Bareilly (Uttar Pradesh). Babuji écrit son premier livre "Commentary on Ten Commandments of Sahaj Marg", ceux-ci lui ayant été dictés par Lalaji.
3. La diffusion, depuis Shahjahanpur jusqu'à New York (1947-74)
Durant la période 1948-49, diverses notabilités de l'Uttar Pradesh se rapprochent de Babuji, telles S.P. Srivastava, professeur de philosophie ou M.L. Chaturvedi, juge à la Haute cour de justice d'Allahabad, puis sa fille Kum. Kasturi Chaturvedi.
En 1955, Babuji sort son célèbre livre "La réalité à l'aube", sa notoriété déborde l'Uttar Pradesh. Des hommes du sud le rejoignent, comme le Docteur K.C. Varadachari ou Raghavendra Rao du Karnataka. K.C. Narayana, fils de Varadachari, le rejoint aussi en 1956. La rencontre entre Babuji et le Docteur K.C. Varadachari, professeur de philosophie à Tirupati, se transforme en une profonde amitié. En 1963, K.C. Varadachari obtient la célèbre Chaire de Vivekananda à l'Université de Madras. En 1965, il crée le Sahaj Marg Research Institute, où il répand l'idée que le Sahaj Marg n'est ni plus ni moins que du Raja Yoga. Puis arrive Parthasarathi Rajagopalachari dit Chari en 1964…
Lakshmi Narasimhan marque le début de l'internationalisation du Sahaj Marg. Il part l'enseigner à Copenhague en 1968-69. K.C. Narayana entreprend une tournée aux USA en 1971. Entre temps, Chari a été nommé Secrétaire général de la Mission en 1970, et il entraîne Babuji pour leur premier voyage commun en Occident en 1972.
Le temps des divisions
1. Le combat des chefs (1974-84)
L'attrait du pouvoir séduit les ambitieux. Chacun tente de tirer la couverture à soi. Des clans apparaissent, les alliances se forment et se déforment. A partir d'ici, le conditionnel est donc de rigueur : ainsi dès 1973, Kum. Kasturi Chaturvedi, Raghavendra Rao et Chari auraient demandé ensemble à Babuji de diviser son pouvoir entre leurs trois personnes : Kasturi au nord, Rao au sud et Chari à l'extérieur de l'Inde. Et Babuji refuse.
Certains prétendent ensuite que Chari aurait pu être nommé président de la Shri Ram Chandra Mission en 1974. D'autres affirment au contraire qu'il aurait été destitué de toutes ses fonctions vers 1980 et que Babuji aurait nommé son propre fils, Umesh Chandra Saxena, pour lui succéder. Tandis qu'en Europe, André Poray et Chari jouent au chat et à la souris...
On est alors très éloigné de toute spiritualité. Cette période sombre dure une dizaine d'années et se passe dans un climat de suspicion, d'hostilité et de diffamations en tous genres. Les uns et les autres s'épient, tentent de se positionner au mieux et s'accusent mutuellement de tentatives d'empoisonnement et de meurtres, rien que ça !
A cette époque, Umesh Chandra Saxena, fils de Babuji, estime le patrimoine de la Mission à un milliard de roupies indiennes (près de 200 millions d'euros), avec 700 centres et 70 ashrams tandis que Chari annonce 55 000 adeptes. En 2003, il dit avoir multiplié par 3 le nombre d'abhyasis indiens en 3 ans. Aujourd'hui, on balance entre 200 et 300 000 adeptes, car on n'est plus à 100 000 près. De quoi attirer les convoitises !
Chari vieillit et il en est bien conscient. Le 29 avril 2005, il nomme Ajay Kumar Bhatter pour lui succéder. Mais l'histoire est un éternel recommencement. Chari vient de fêter ses 80 ans, il est malade et fatigué. La Mission a considérablement grandi, elle s'est enrichie. Comment résister à la convoitise que provoque immanquablement ce petit empire ? Les appétits sont insatiables, il y a un tel potentiel de puissance et d'argent à portée de mains.
Essai d'analyse des évolutions
Regardons maintenant les convergences et les divergences entre tous ces mouvements. L'enseignement spirituel y évolue de manière incroyable, à tel point qu'on se demande comment ils peuvent tous être issus du même moule.
1. Le syncrétisme spirituel (1857-1945)
D'après Thomas Dähnhardt, Hujur le soufi et Lalaji l'hindou ont volontairement mis en place un enseignement spirituel syncrétique pour abolir les frontières entre religions. Les 11 principes de la Naqshbandiyya prônaient déjà la méditation silencieuse du cœur et le souvenir constant de la présence divine. Le maître déverse l'énergie divine dans le cœur de son disciple en le libérant de ses pensées impures. La responsabilité principale de l'évolution spirituelle de l'aspirant repose dans les mains de son maître, à condition qu'il entre en contact quotidien avec son gourou par le biais de la méditation. Ce travail avait déjà été réalisé par Kabir jetant les bases de Santmat au XVème siècle, mais aussi bien avant lui par d'autres illustres inconnus, le soufisme puisant ses racines dans l'hindouisme, et inversement.
Leurs successeurs ont poursuivi dans cette voie en dissociant pratique et théorie spirituelles. La pratique est restée quasi identique, tandis que la théorie est restée islamique avec les tenants de l'ordre soufi (NaqshMuMra, Golden Sufi Center, etc.) alors qu'elle a été ré-hindouisée par d'autres (le courant "Ramashram", ABSS, etc.). Les termes en arabe ou en persan ont été remplacés par leurs équivalents en sanskrit ou en hindi. Les références au Coran et à Mahomet ont été remplacées par les Upanishads et Lord Krishna.
2. Les spécificités du Sahaj Marg (1945-70)
Premier point : peu à peu, Babuji renie les origines du Sahaj Marg. Il commence par rêver de Lalaji et de ses multiples prédécesseurs soufis, puis il les oublie pour se tourner vers Vivekananda. Bientôt, il l'oubliera à son tour, reprendra Lalaji, mais sans les soufis, puis assimilera le Sahaj Marg au Raja yoga. En matière d'exclusivité, on fait mieux que le Sahaj Marg.
Autres différences quant à l'enseignement : la responsabilité du gourou, l'absence d'effort conscient du disciple en dehors de la pratique de la méditation. Cela, c'était avec ses prédécesseurs. Pour Babuji, le rôle conscient du disciple se renforce, celui de l'enseignant diminue. Chari poussera cela encore beaucoup plus loin…
Dernier point et non des moindres : Babuji invente l'exclusivité. Il est le seul et unique héritier de Lalaji. Ses disciples doivent s'attacher à un maître unique, c'est-à-dire lui-même. De son vivant, Lalaji a eu plusieurs maîtres et il a encouragé ses disciples à en côtoyer plusieurs. Face à l'ouverture d'esprit de Lalaji, Babuji crée ainsi la doctrine et jette (sans le savoir ?) les bases du culte de la personnalité qui va proliférer par la suite.
L'intégralité de la passation de pouvoir entre Lalaji et Babuji repose uniquement sur les rêves de Babuji. L'accepter, c'est croire au seul récit de Babuji, c'est adhérer au principe de ses innombrables inter-communications avec un mort, en dépit de tous les faits qui nous sont rapportés. C'est aussi découvrir le côté paranoïaque de Babuji qui voit des ennemis partout, autant à la création de la SRCM que juste avant sa mort…
3. Les évolutions actuelles de l'enseignement (1970-2007)
En 1970 déjà, le Docteur K.C. Varadachari alerte Babuji sur les risques de dérives de l'enseignement du Sahaj Marg. Il s'émeut du matérialisme qui grignote la SRCM au détriment de la spiritualité et dénonce des évolutions sensibles dans l'enseignement du Sahaj Marg par les précepteurs… Mais il meurt peu après et personne ne reprendra son combat. Tous semblent parfaitement s'accommoder de la baisse de qualité de l'enseignement et de la montée du matérialisme, son fils Narayana compris…
On est déjà loin du Sahaj Marg initial, méthode réputée à l'usage individuel des chercheurs spirituels. Il se pare d'un objectif à portée universelle : faire basculer le monde vers la spiritualité. Et cela ne pourra avoir lieu avant que le nombre d'adeptes n'atteigne un certain seuil obligé. C'est le début du prosélytisme.
S'ensuit alors une querelle de succession comme on n'en fait plus, qui se cristallise avec le décès de Babuji. Pour la SRCM de Shahjahanpur, emmenée par S.P. Srivastava, Umesh Chandra Saxena puis Navneet Kumar Saxena, Babuji ne sera jamais remplacé, il ne peut y avoir de maître vivant et la SRCM doit rester à Shahjahanpur, dirigée par ses descendants, tout comme Lalaji en son temps avait privilégié la lignée familiale à la lignée spirituelle soufie de Hujur Maharaj.
Pour K.C. Narayana, Chari a été nommé président mais pas représentant spirituel. Il quitte la Mission en 1990, quand Chari commence à se présenter comme le "Maître vivant" et réclame amour et dévotion de la part de ses diciples. Pour lui, Babuji est le seul et unique maître, éternellement vivant. Pour la SRCM®, Chari est le président, le représentant spirituel, et il va aussi devenir progressivement le maître vivant, seul successeur de Babuji.
Président, représentant spirituel et maître vivant. On peut considérer que les différents courants actuels issus du Sahaj Marg se différencient sur ces aspects spirituels. Mais on peut aussi adopter une toute autre vision, beaucoup plus matérielle et humaine. L'attrait du pouvoir flatte les égos surdimensionnés de ces petits chefs. Il est difficile de ne pas succomber à la tentation de se voir adulé par des foules…
De tous les successeurs de Babuji, Chari est indéniablement celui qui a le mieux réussi. Reprenant à son compte l'objectif prosélyte de Babuji, il a le génie de réussir à instrumentaliser le culte de la personnalité déjà sous-jacent en réclamant amour et dévotion sans provoquer l'éclatement du mouvement. Peu à peu, il modifie subtilement la prépondérance des différents outils et en crée de nouveaux. Il relègue ainsi les dix commandements au rang de maximes, entretient soigneusement l'ambiguïté entre maître et divin, développe le souvenir constant…
La qualité de l'enseignement est délaissée au profit d'un simple vernis. Les précepteurs subissent la pression du patron pour multiplier les nouvelles recrues. Le prosélytisme triomphe enfin vraiment !
Pour approfondir...
La véritable histoire du Sahaj Marg :
Aux sources de la légende
- Lalaji et sa famille
- NaqshMuMRa, la lignée soufie issue de Lalaji
- Ramashram Satsang
- Akhil Bhartiya Santmat Satsang
- Le mythe fondateur
- Autobiographie de Babuji
- K.C. Varadachari :
- Complete Works of Dr. K.C.Varadachari (Vol. 1 à 9) - Ramachandra Publishers
- Letters of the Master (Vol. I & II), 1992 - SRCM® (Correspondance entre Babuji et Varadachari)
- Le temps des divisions
Témoignages :
- Après des années d'adhésion inconditionnelle, Madeleine est devenue précepteur du Sahaj Marg. Mais elle commence à douter de la qualité de cet enseignement, gangréné par l'expansion matérielle, surtout après le centenaire de la naissance de Babuji en 1999. Elle nous livre ici le résultat de ses recherches historiques sur le soufisme, Lalaji et Babuji (en savoir plus...)
- Michael témoigne de son passage à la SRCM de 1979 à 88, où il a cotoyé Chari avant et après la mort de Babuji, croisé André Poray, Kum. Kasturi et tant d'autres, mais surtout des jeux de pouvoir auxquels se livrait Chari(en savoir plus...)
- Le fils du Docteur Varadachari revient sur les reproches de son père à Babuji. Il donne sa propre version de la succession, dans laquelle il se range aux côtés de Chari. Puis il explique ce qui a motivé son départ en 1991 pour créer l'ISRC (en savoir plus...)
- Un ancien disciple de la SRCM de Shahjahanpur nous parle de son adhésion après la mort de Babuji, de son installation aux USA où il crée un website qui déclenche un procès retentissant entre les 2 SRCM, du climat de peur qui règne autour d'Umesh Chandra Saxena, des moyens démesurés de Chari (en savoir plus...)
- Navneet Kumar Saxena, petit-fils de Babuji et actuel président de la SRCM de Shahjahanpur revient sur le passé et accuse la SRCM californienne de Chari de tous les maux (en savoir plus...)
- K.C. Reddy, actuel secrétaire de la SRCM de Shahjahanpur nous livre aussi son témoignagerevient sur le passé et accuse la SRCM californienne de Chari de tous les maux (en savoir plus...)
- Trois témoignages publiés en Février Mars 2007, le 1er de Ravi sur l'occupation de l'ashram de Shahjahanpur en mars-avril 2006, le second de JM sur la présence de témoins (Kum. Kasturi et Donald Sabourin) au moment de l'écriture de la lettre de nomination de Chari par Babuji, le dernier de 'Old abhyasi' en réaction à celui de JM (en savoir plus...)
Le soufisme en Inde :
- La lignée soufie de la Naqshbandiyya et ses ramifications
- R.K. Gupta : "Sufi saints and Sufism"
Du même auteur : "Yogis in silence - the great sufi masters"
(A Naqshbandi-Myjaddidi Branch in the Hindu Environment) - 447 pages.
Islamic Heritage in Cross-Cultural Perspectives No. 3 - 2002 - ISBN : 8124601704 (Résumé)
- Kabir, "The ocean of love", les différents types de maîtres et leurs niveaux spirituels
- Les livres des maîtres de la Sant Mat, tels Kirpal Singh, Baba Sawan Singh ou Soamiji Maharaj
3 octobre 2007
Fréquentation
Ce blog existe depuis janvier 2006 et j'ai installé un compteur en septembre. Voici donc les chiffres de fréquentation pendant un an (octobre 2006 à septembre 2007) :
- 31 messages postés
- 437 commentaires
- 8269 visites
- 17688 pages consultées
Plus simplement, j'ai publié 2 à 3 messages par mois et vous avez envoyé une quinzaine de commentaires pour chacun d'entre eux. Le nombre de visites s'élève à 689 par mois, soit 20 à 25 par jour. Un peu plus de 2 pages sont consultées à chaque fois.
L'explosion des découvertes que nous avons effectuées (soufisme, etc.) a fait grimper la fréquentation de janvier à mars de manière très importante. Elle s'est effondrée cet été, mais remonte déjà au niveau de la moyenne.
Evidemment, le nombre de contributions est limité, le nombre de contributeurs très restreint (une dizaine, dont 3-4 fixes seulement), mais la fréquentation est loin d'être ridicule : nous sommes très observés.
La plupart des visiteurs sont européens, essentiellement de pays francophones, mais presque tous les états sont représentés. L'Inde et l'Amérique du nord s'y connectent aussi quotidiennement.
Elodie
Complément d'information (par Alexis) :
Pour info, je viens de faire le même exercice que toi sur mon blog, ceux de Michael et Don. Donc, sur la même période, si l'on additionne ces 4 blogs, on obtient une audience de :
- 23 434 visites, soit 1953 par mois, 64 par jour
- 46 348 pages vues, soit 3862 par mois et 127 par jour
Même s'il s'agit plus ou moins des mêmes personnes qui viennent surfer sur nos blogs, je trouve ces chiffres très encourageants.
Au palmarès, c'est toi [Elodie] qui détient le record d'audience avec 35% des visites, suivie de près par Michael à 33% puis Don avec 23%... et moi à 9% !
Maigre consolation, j'ai le meilleur taux de pages lues par visite avec 2,55, contre à peine 12 pour l'ensemble. Et j'espère bien augmenter encore ce taux avec mon projet de site d'information. Il y a visiblement la place pour 2 types de blogs : l'actu immédiate avec une forte fréquentation quotidienne (ex : ton blog), l'information complète avec peu de visiteurs mais des temps plus longs de lecture (websites en cours de création par Don et moi).
http://srcmsmproject.blogspot.com
