Christian revient ici une nouvelle fois sur la structure spirituelle de la chaîne d'enseignement du Sahaj Marg, au travers d'une comparaison entre l'ISRC et la Shri Ram Chandra Mission de Chariji.
Celles-ci génèrent des pyramides organisationnelles dont on ne dira jamais assez à quel point elles pervertissent le système initial.
Elodie
L'ISRC théorise ainsi la structure spirituelle de la chaine d'enseignement : Aspirant-Instructeur-Babuji-Dieu.
Je discute cette structure une fois de plus, car je prétends que Babuji ne devrait y figurer ni comme intermédiaire, ni comme but ("Le Maitre" pour désigner dieu et Babuji, et ainsi créer de la confusion, comme à la SRCM).
Si on présente Babuji comme intermédiaire : il faudrait admettre que sa conscience n'était pas du plus haut niveau.
Si on le présente comme but : il faudrait admettre que le but du Sahaj Marg n'est pas Dieu mais Babuji, et donc vendre l'enseignement pour ce qu'on en a fait, à savoir un culte de la personnalité.
Or, puisque Babuji est présenté comme ayant atteint la rienté sous l'influence de son instructeur, de sa propre aspiration, et de la grace divine, celà signifie qu'il aurait atteint un niveau où il n'y a pas de différence spirituelle entre lui et Dieu (Babuji parle uniquement d'une différence nominale, ce qui parait faible pour justifier la création d'un chainon supplémentaire : il dit en même temps que le but est la fusion totale avec dieu, pas avec lui).
J'ai bien sûr ma petite idée, et je prétends que la seule structure correcte est : Aspirant-Instructeur-Dieu.
Toute autre structure résulte d'une altération de la voie, et conduit à terme à l'imaginaire et à la religion, non à la réalité.
Babuji se trouve dans la chaine parce qu'il y a été placé par ses disciples : comment justifier autrement leur prise de position au sommet de l'échelle sociale?
Celà a aussi un sens personnel pour les plus sincères de ces anciens disciples : il s'agit de préserver leur relation avec leur maitre, leur attachement et leur dévotion.
Pourtant, l'intégrer à l'enseignement est aussi une forme subtile d'égoisme : il s'agit de leur relation personnelle avec leur maitre, comment celà peut-il être institutionnalisé?
Ca n'a aucun sens pour ceux qui arrivent après la mort de Babuji.
La conséquence est de piéger les nouveaux dans l'imaginaire des anciens, c'est-à-dire de leur faire perdre de vue le vrai but, de les embrouiller.
Les avantages de la structure de l'ISRC par rapport à celle de la SRCM sont:
a) que la chaine de successeurs ne se continue pas à l'infini.
b) que la structure reste simple et ainsi, qu'elle ne perd pas son efficacité formatrice avec l'augmentation du nombre d'Aspirants.
Lorsque la surface à la base de la pyramide augmente, la distance entre l'instructeur (sommet de la pyramide) et la base (Aspirant) augmente. Il devient alors nécessaire d'ajouter des niveaux dans la structure pour maintenir le contrôle de l'organisation et de la base.
C'est mathématique et c'est obligatoire. Ne pas le faire aboutirait au chaos.
On a donc 3 structures possibles :
1) Aspirant-Instructeur-Dieu
2) Aspirant-Instructeur-Babuji-Dieu
3) Aspirant-Précepteur-Full précepteur-Centre en charge-blablabla-Successeur-Chari-Babuji-Lalaji-Dieu
Babuji qui enseignait la simplicité comme une des qualités premières de la Nature et de la vie spirituelle : à votre avis? Dans quelle structure a-t-il fait son parcours? Ni 2) ni 3), ces deux structures qu'on nous vend aujourd'hui, mais 1).
La structure 1) est la seule valable pour la réalisation de Dieu.
Elle est universelle.
Elle demeure éternelle pour l'Aspirant, que celui-ci soit réalisé ou non, et que son Instructeur soit vivant ou non.
Seul le contenu (acteurs) change à chaque génération.
La filiation est donc historique, non fonctionnelle.
La structure 2) représente déjà une déviation : c'est la semence d'une religion.
La structure 3), ce n'est même pas la peine de s'étendre, n'a pour objet qu'elle-même.
Actuellement dans sa phase de stabilisation, elle va devenir toujours plus uniquement occupée à se perpétrer.
La structure 3) est une religion déjà en place.
Les Sufis pratiquent la structure 1) uniquement, mais pas que les Sufis : toutes les spiritualités vivantes.
Tous les disciples de Babuji qui ont développé autre chose ont dévié.
Pour 3) il n'y a plus rien à faire.
Pour 2), une clarification des concepts et des positions est nécessaire.
Que l'ISRC décide de la faire ou non reviendra à choisir la cohérence ou la rejeter.
Le choix est clair : imaginaire ou réalité.