La Shri Ram Chandra Mission n'est pas la seule organisation à proposer des méthodes de méditation. La transmission dont elle est si fière se traduit souvent par un asservissement qui fait perdre tout repère et isole inéluctablement l'individu de son environnement.
La Shri Ram Chandra Mission a été classée comme secte dans un rapport parlementaire français. Avant d'adhérer, informez vous !

439 articles – 3449 commentaires – Dernier ajout le 9/09/2017

“Take criticism seriously, without anger or sadness. Use it for correcting yourself, and welcome it.”
Kamlesh Patel (1/04/2015)

20 mai 2006

Le départ de Narayana

Voici la réponse de K.C. Narayana, fils du Docteur Varadachari et membre de l'ISRC, à la question posée par Inès et Peter sur son départ de la Shri Ram Chandra Mission :
Par rapport aux raisons qui ont motivé mon départ de la SRCM, j’ai déjà un peu écrit à ce sujet auparavant. Cependant, comme vous désirez que je réponde à nouveau, je le ferai.

Cette histoire est réellement longue mais pour faire court, je devrais dire que cela remonte à la fin des années 50 et au début des années 60. Le problème de la relative importance des structures institutionnelles (construction d’ashrams etc.), des procédures spirituelles et du progrès s’est posé.

Ceci se passait au moment de la construction du premier ashram de la SRCM à Tirupati. Une donation substantielle avait été offerte par une femme médecin qui était aussi l’épouse d’un officier de police de l’Andhra Pradesh mais elle ne voulut pas accepter de reçu de mon père et donc c’est pour cela que la donation ne fut pas acceptée. Mais comme les choses doivent arriver, la somme fut payée à Shahjahanpur et Master envoya l’argent à Tirupati pour la construction, somme qui fut reçue à contrecœur par mon vénéré père. Construire signifie des briques et du mortier : des matières très grossières. Mon père se tira de cette position difficile. Vous pourrez lire la correspondance entre mon vénéré père et notre Maître Babuji Maharaj sur ce sujet dans les lettres des livres déjà cités.

Et pour être plus précis, le problème consiste en l’importance relative du matérialisme et de la spiritualité. Mon Révéré Père voulait qu’on donne plus d’importance à la spiritualité et que le système de formation ne soit pas négligé.
D’autres membres de la SRCM étaient d’un avis opposé. Le point de départ du mécontentement est parti de là. Le problème s’est amplifié lorsqu’on a commencé à commercialiser la SRCM selon les mots de mon Révéré Père ; et Notre Révéré Babuji a essayé de le convaincre qu’aucune dérive ne se développait comme il le craignait.

En plus d’être un fils, j’étais un proche disciple de mon Révéré Père, et j’étudiais avec lui la Philosophie Indienne, la Philosophie Occidentale dont Henri Bergson en tant que Philosophie de l’Évolution ce qui incluait Aurobindo et aussi d’autres. Plus tard, je me suis spécialisé dans une branche du Vedanta appelé Visistadvaita. De plus, mes professeurs étaient de proches collègues de mon Révéré Père, et j’ai étudié la psychanalyse pendant 2 ans, ainsi que la psychologie constitutionnelle.
Dans ce contexte, je me suis trouvé en accord total avec mon Révéré Père sur le fait que les institutions représentent aussi une entrave très puissante sur le chemin de la liberté spirituelle et qu’on a besoin de rester très vigilant sur l’institutionnalisme.

Mais le processus consistant à construire des ashrams dans plusieurs centres commença. Et on leva des fonds dans ce but avec toutes les bonnes intentions.
Nos livres qui coûtaient très peu cher (moins d’une roupie) ont commencé à être imprimés et publiés sûrement d’une meilleure qualité mais à un prix élevé (selon les standards indiens de l’époque) Les compétences en Marketing de Frère Parthasarathi on été pleinement utilisées ; il est une personne très efficace comme vous le savez également.

Mais ceci a perturbé mon Révéré Père et il trouvait que la spiritualité passait en second alors que les aspirants étaient très occupés à récolter les fonds pour les livres, les magazines, les publicités dans les magazines, et les souvenirs publiés lors des anniversaires annuels des Maîtres. Il écrivit au Maître à propos de cette commercialisation et des dérives qui se formaient dans la SRCM, ce que le Maître minimisait bien sûr. Tout ceci peut être lu entre lignes dans la correspondance entre lui et le Maître.

En plus de tout cela les critères pour évaluer correctement la condition spirituelle des aspirants posaient des problèmes qui ne pouvaient pas être résolus facilement. Certains précepteurs n’acceptaient pas non plus les évaluations faîtes par le Maître et ceci a mis des personnes comme mon Père au supplice. Il a exprimé au Maître son supplice en disant : "ceci est lourd de conséquences sur la manière d’apprécier le dernier stade de l’évolution suivant notre système".
Plusieurs précepteurs évaluaient les aspirants de manières différentes et la SRCM prenait de plus en plus la position de laisser le sujet de l’évaluation au Maître en demandant aux précepteurs et aux full-précepteurs de se taire - une pratique qui continue a être en vigueur encore aujourd’hui si je ne me trompe pas. On transféra la responsabilité des abhyasis à effectuer le Yatra au Maître en disant que ce n’était pas le travail des précepteurs.
Le problème a émergé principalement parce que le nombre des précepteurs augmentaient et que ces derniers espéraient être traités de la même façon que les full-précepteurs. Il était très dur de les mettre au même niveau que les full-précepteurs à cause de leur manque de pratique et d’autres difficultés. Aussi la solution la plus facile a été de les traiter comme des égaux et donc d’annuler effectivement la distinction originelle et par là même la motivation pour progresser sur le chemin. Donc ceci assurait une augmentation du nombre de personnes qui devenaient membres de la SRCM.
Comme d’habitude la quantité a tué la qualité, et dans ce cas aussi. Beaucoup d’entre nous ont trouvé tout ceci très désagréable.

Après le Maître a fait différentes évaluations de la même personne dans plusieurs cas et ceci a abouti à la standardisation des procédures d’évaluation. Ceci a amené le Maître à une clarification pour évaluer les personnes 1 : Aksi et 2 : Kasbi ou 1 : Potentiel et 2 : Actuel ou 1 : Réfléchi et 2 : Acquis. Je suis sûr que vous avez ces informations dans les manuels remis par frère Parthasarathi. C’est absolument essentiel de comprendre ces concepts pour pouvoir déterminer de façon correcte la condition de l’aspirant.

Deux séminaires on été menés a Tirupati à la fin des années 70, et dans un de ces séminaires le Maître a parlé à propos de la méthode d’entraînement qui à ma connaissance n’a pas été publiée depuis par la SRCM. Une partie de cette méthode se trouve dans le livre "Douches de Grâce Divine" publié par les éditions Sri Ramchandra et disponible sur le site sriramchandra.org en téléchargement gratuit. Le Maître dit dans un article que "le façonnage est de la responsabilité du précepteur". Mais cela a été ignoré à un tel point que vous aurez du mal à trouver cet article au sein de la SRCM.

En plus les précepteurs et quelques full-précepteurs de la SRCM ne donnait pas assez d’importance aux "10 commandements du Sahaj Marg" alors que dans un enregistrement, le Maître dit que c’est la pièce maîtresse du Sahaj Marg. Ils sont allés tellement loin même de son vivant qu’ils ont appelé le livre "les 10 maximes du Sahaj Marg".
De même l’importance des méditations sur les points A et B expliqué dans le livre "Efficacité du Raja Yoga" a été minimisé au profit de ce qu’ils ont appelé l’Amour pour le Maître. Que les points A et B soient des découvertes du Maître ; la seule purification de chacun de ces points permettant aux aspirants d’atteindre le plus haut royaume de la conscience ainsi que de nettoyer les points A 1, B1, A2 ; B2 ; et A3, B3 ce qui permet à chacun de se stabiliser dans les plus hauts royaumes de la conscience, tout ceci est totalement négligé et ignoré voire même dénoncé.
Le sujet fut abordé devant le Maître et j’ai soutenu que si le Maître était d’accord sur leur inutilité, il devrait, en toute justice retirer le livre "Efficacité du Raja Yoga" au public (où il est déjà en vente depuis plus de 20 ans) et s’excuser publiquement d’avoir mal guidé les aspirants. Choqué par ces mots, il s’assit immédiatement en méditation, entra en contact avec son Maître Révéré Lalaji et confirma que ce qu'il avait écrit dans son livre était correct et devait être pratiqué.
Quelques centaines de copies d’un livret listant les devoirs et les responsabilités de l’aspirant que j’avais apporté à Shahjahanpur, furent données au Secrétaire d’alors Frère Parthasarathi et le Maître dit qu’elles devaient être traitées comme des publications de la Mission. Mais beaucoup ignoraient le frêle et fragile Maître, et la majorité des précepteurs et des full-précepteurs disaient que le Maître peut tout faire, et qu’il n’y a pas besoin d’autres pratiques que l’Amour et la dévotion. Ceci signifia que les précepteurs abdiquèrent totalement de leurs responsabilités pour le Yatra et que l’entière responsabilité était rejetée sur le Maître.
Je n’étais pas du même avis et adoptait un profil bas d’autant plus que j’étais très occupé avec mes devoirs de Senior Officer du Gouvernement de L’Antar Pradesh. Cependant, je restais en contact avec le Maître, je pratiquais comme il était conseillé, et j’écrivais au Maître qui me répondait parfois.

Plus tard en Octobre 1979, il m’écrivit : « Mon Cher Narayana, j’ai reçu vos lettres. Mais je n’ai pas pu y répondre à cause de ma maladie. J’ai réfléchi aux suggestions que vous m’avez faites pour former les abhyasis à l’intérieur du système du Sahaj Marg. Je suis très heureux d’avoir lu dans vos précédentes lettres que vous avez le courage et la volonté pour ce travail. Puissiez-vous vivre longtemps. Vous savez, Narayana, que j’ai fait tout ce qui était nécessaire pour la vie spirituelle des hommes et que le travail continue encore. Le système est là, mon aide est là, donc c’est des personnes comme vous qui doivent former les abhyasis et prolonger la recherche. J’ai de grands espoirs en vous. Je souhaite que, vous et Parthasarathi fassiez ensemble ce travail.»
Lentement et sûrement, je comprenais l’importance des découvertes du Maître à propos de la croissance spirituelle mais pendant ce temps la fragile constitution du Maître se détériorait bien que cela n’ait pas affecté la qualité des transmissions reçues de lui directement ou à travers les précepteurs où les full-précepteurs montrant ainsi que le corps physique n’est pas si important pour le travail spirituel. Il s’éteignit comme vous le savez en Avril 1983.



La course à la succession du fauteuil du Président commença entre différentes parties. (La course continue) et c’est tout naturel pour des personnes qui recherchent le pouvoir et le statut. Le statut de guru peut-être très attrayant (lisez le chapitre sur le guru dans la Réalité à l’aube).
Comme je vous l’ai déjà dit dans les précédents mails, Frère Parthasarathi est venu me voir en 1984, a demandé ma collaboration et j’ai volontiers accepté. Il m’a demandé, en plus d’être membre du Working Committee où j’avais été nommé par Babuji de prendre les responsabilités supplémentaires de Secrétaire de Zone, Directeur SMRI, et responsable du Centre en Charge d’Hyderabad. J’ai bien sûr accepté toutes ces responsabilités et l’en ai déchargé pour notre satisfaction commune.
Puis en 1987, j’ai remis sur le tapis l’idée des stages de perfectionnement pour les aspirants et les participants qui étaient dans l’ignorance des pratiques importantes mentionnées ci-dessus dans ce mail, commençant à demander à Frère Parthasarathi et aux autres Précepteurs et Full-précepteurs pourquoi il ne leur avait pas parlé de l’importance de ces méthodes et plus particulièrement de la prière de 9 heures conseillée par le Maître.

Dans cette ambiance, j’étais capable d’animer 6 ou 8 stages de formation et Frère Parthasarathi se sentait très mal par rapport aux demandes de plus en plus nombreuses pour assister aux cours et aussi par rapport aux mécontentements de plus en plus forts des aspirants du système. Dans une de ces sessions de formation, en 1991 Frère Parthasarathi a suggéré a certains orateurs de plus parler sur le concept récemment développé de Maître vivant et de la nécessité d’aimer et d’être dévoué à lui plus que de pratiquer le système.
Comme tout cela était totalement inacceptable, je regardais le programme et restait tranquille. Le major Dr Madhava vieux pratiquant du système et membre du Comité de Recherche parlait à propos des essentiels du Sahaj Marg et traitait de tous les aspects expliqués par le Maître. Après le discours, Frère Parthasarathi l’a convoqué et lui a reproché de ne pas avoir parlé de l’importance du Maître vivant comme un aspect essentiel du système et il lui a demandé de réparer cela. Il vint me voir et je lui conseillais de faire comme le Président avait dit car je l’avais convaincu que Babuji est le Maître vivant sur le plan astral et que le plan physique n’a pas beaucoup d’importance.
Le soir de ce fatidique jour il y eut une conférence au Siège de la State Bank of India dans laquelle un orateur est allé jusqu’à dire que le grand Saint Ramakrisna Paramahansa pouvait transformer seulement un Narendra en un Vivekananda tandis que Frère Parthasarathi fait de chaque personne qui vient à Madras un Vivekananda. Comme j’étais dans cette soirée assis à côté de Frère Parthasarathi, je suis resté calme mais dès que la soirée fut finie, je rentrais à la maison, et je pensais à tout ce qui s’était passé aujourd’hui, et j’arrivais à la conclusion que l’organisation avait beaucoup dérivée et quelle s’était éloignée des buts spirituels.
Deux jours plus tard, Frère Parthasarathi me demanda pourquoi je l’avais évité, ce à quoi, je lui répondis que je n’avais pas eu la chance de devenir un Vivekananda, malgré plusieurs transmissions de Babuji et du Révéré Lalaji Saheb, et que je devais être très "nul".

Voici, en bref, l’histoire que vous désiriez savoir. J’ai omis de nombreux détails, qui, si je les avais mentionnés auraient fait un bon film…

9 mai 2006

J'ai été un précepteur du Sahaj Marg...

Le blog de Michael :
Traduction des commentaires envoyés par Michael :
J'ai été à la SRCM pendant 10 ans. J'ai commencé en 1979 et suis devenu précepteur en 1988. J'ai choisi de quitter l'organisation en 1990, lorsque j'ai été forcé d'accepter toute autorité dans l'organisation sans poser de questions, même lorsque cela allait à l'encontre des principes mêmes de l'organisation.
Depuis mon départ, j'ai appris beaucoup au sujet de l'histoire réelle du Sahaj Marg, y compris par la rencontre des derniers disciples vivants de Lalaji. J'ai découvert que le Sahaj Marg est du soufisme, qui a probablement ses racines dans les pratiques ancestrales du yoga. Lalaji n'a JAMAIS voulu d'une organisation. Il a choisi de ne pas en créer durant sa vie et encourageait ses proches à continuer leur quête spirituelle et à susciter la quête spirituelle chez les autres. J'ai rencontré Babuji - un homme très impressionnant et aimable, mais toutes ses proclamations d'autorité sont uniquement fondées sur des visions ou des rêves que nous ne pouvons que croire qu'il ait vraiment eus.
Le Sahaj Marg a plusieurs défauts significatifs, dont bon nombre vont contre les principes fondamentaux qu'il expose :
1/ On y croit que les régions les plus élevées spirituellement accessibles ne le sont que par la dévotion au Maître vivant/successeur de Shri Ram Chandra. Cela n'est pas avoué aux nouveaux abhyasis, auxquels on dit seulement de tester la pratique et d'en voir le bénéfice. C'est la ruse classique des gurus, enseignée aux précepteurs dans les ouvrages seulement destinés aux précepteurs et dans les sessions de formation.
2/ L'argent gère l'organisation. Obtenir de l'argent est une discussion constante au sein des réunions de précepteurs, bien que les changements dans la structure de l'organisation aient déplacé cette responsabilité sur les coordinateurs régionaux. J'ai participé à des réunions secrètes dans lesquelles on débattait de la manière d'amener les abhyasis riches nouvellement introduits à s'investir plus afin qu'ils donnent. Hélas, beaucoup de ces personnes n'avaient pas idée qu'ils recevaient les faveurs et l'accès à Chari à cause de leur argent, pas de leur pureté spirituelle.
3/ Le cercle des proches de Chari est contrôlé et manipulé par leur soif de pouvoir et d'importance personnelle. Mon contact avec Chari était dominé par sa supposition que je convoitais une position de précepteur, ce que je ne faisais pas. Il a été contrarié de ne pas pouvoir me contrôler comme les autres avec une promesse de préceptorat, de pouvoir spirituel, et d'accès au cercle des intimes si seulement je lui obéissais aveuglément pour la mission.
4/ Si le Sahaj Marg doit être jugé, il doit l'être sur la qualité des abhyasis et de leurs progrès, pas sur les principes qu'il expose. Beaucoup de précepteurs et d'abhyasis ont de graves problèmes de santé mentale qui ne font qu'empirer au cours du temps. Beaucoup de ceux qui s'investissent dans la mission et qui sont en position de pouvoir continuent à montrer, après 20 à 30 ans, un comportement égotiste sans diminution de leur égoïsme. Cela est dû au fait que, bien que la philosophie ait l'air pure, l'organisation prospère grâce au carriérisme, à l'argent, au pouvoir, à la proximité physique avec le "Maître", et surtout, à une obéissance totale au Maître. J'ai reçu une fois une lettre de Chari qui insistait sur le fait que j'étais désobéissant en ce qui concerne les affaires de la mission - je pense parce que je mettais en doute la raison et l'intégrité de certains en position d'autorité. Concept intéressant, mais non publié dans aucun des livres du Sahaj Marg. Pas même dans ceux que vous pré-payez 250$.
Personnellement, je trouve que les 15 dernières années que j'ai passées loin de la SRCM ont été plus enrichissantes que mes années au sein de la SRCM. J'ai dû faire face à mes propres fantômes et ai trouvé une guidance légère en l'absence de Chari, qui insistait en privé auprès des siens que je ferai certainement une chute spirituelle grave.
Je continue ma quête spirituelle avec inspiration et confiance comme vous le ferez tous si vous choisissez de quitter. Le divin n'est pas si exclusif pour limiter son accès au seul biais d'une organisation aussi obscure.
La mission était pure grace aux gens, pas grâce au Maitre. Elle est corrompue aujourd'hui à cause des gens. Chari choisit de promouvoir la mission à tout prix en utilisant des gens ambitieux et en quête de pouvoir, qui n'ont pas des intentions pures mais qui obéiront aveuglément et feront leur job dès qu'on le leur demande. Je pense qu'il croit sincèrement que la fin justifie les moyens, mais la fin est l'établissement d'une organisation, pas l'évolution spirituelle de l'humanité. C'est là que Chari m'a perdu, et ne répondait plus aux questions que je lui posais directement sur le sujet. En fait, il était purement et simplement évasif.
....et concernant le commentaire de Suyash: "Nous donnons tous par foi et amour du Sahaj Marg, rien d'autre"... hé bien, je pense que le concept d'obéissance à la mission est maintenant chose officielle. J'implore pour lui et les autres qui pensent ainsi, qui ont été complètement endoctrinés.
Je suggère respectueusement à Suyash et aux autres de relire l'aube de la réalité, particulièrement la partie sur la gratuité de l'enseignement spirituel, qui doit être gratuit et qui est un droit de naissance. Il y a ensuite la partie disant que Dieu ne peut pas être trouvé dans une organisation ou une secte.
De plus, l'aube de la réalité ne coutait que 1$50 et était donné gratuitement aux nouveaux abhyasis. J'espère vraiment que les abhyasis actuels n'évitent pas les anciens ouvrages, qui ne coutent pas aussi cher que les nouveaux !
En l'honneur du divin en VOUS,

Michael

1 mai 2006

Deux maux de la Shri Ram Chandra Mission

Je constate la présence de deux grands maux dans l’ensemble de nos critiques adressées à la Shri Ram Chandra Mission. D’une part, malgré le grand nombre d’années de pratique du Sahaj Marg pour certains d’entre nous, notre niveau spirituel reste très faible ; d’autre part la Shri Ram Chandra Mission s’institutionnalise, elle transforme le Sahaj Marg en religion et Chariji en Dieu-Guru :


Une absence de progression spirituelle

La plupart des abhyasis restent au niveau le plus bas (point 1) de l’évolution spirituelle promise par le Sahaj Marg, même après plusieurs dizaines d’années de pratique au sein de la Shri Ram Chandra Mission. Il en va de même ou presque d’un très grand nombre de précepteurs (point 2), à l’exception notables des full précepteurs (point 6).

Il peut y avoir plusieurs explications à cela, sans doute mélangées les unes aux autres. D’une part, les abhyasis occidentaux ont souvent peu d’aptitudes à la méditation et, à l’inverse, une forte propension à l’égocentrisme, au manque de respect, etc. D’autre part, les précepteurs manquent considérablement de compétences, ont des outils inadaptés (le travail sur le caractère plutôt que sur les attitudes, par exemple). Enfin, les full précepteurs – certains d’entre eux du moins – sont plus arrogants que pédagogues.
Cela soulève beaucoup de questions :
  • Les abhyasis occidentaux sont-ils capables d’évoluer spirituellement ? Sans doute oui, mais à quelles échéances ? Ont-ils un profil (psychologique ou autre) défavorable (propension à l’égotisme, à l’arrogance, à la dépression, etc.) ? Pourquoi se contentent-ils de sensations plutôt que d’évolution spirituelle ?
  • Les précepteurs sont-ils à même de former, accompagner et guider des abhyasis de ce type ? Vraisemblablement pas très souvent. Comment ont-ils été choisis ? Sur quels critères, spirituels ou autres ? Quelle formation devraient-ils avoir, quels outils ?
  • Comment se fait-il que des personnages très élevés spirituellement soient plus arrogants que pédagogues ? Pourquoi s’occupent-ils plus d’organisation que de spiritualité ? Pourquoi dénigrent-ils les candidats à la spiritualité ? Sont-ils nombreux ou une infime minorité ?
L’institutionnalisation de la structure

La Shri Ram Chandra Mission n’est plus un simple outil au service du Sahaj Marg. C’est devenu une vaste organisation administrative, pyramidale, voire totalitaire (interdiction des échanges entre abhyasis via internet) qui se suffit à elle-même. L’objectif initial a cédé le pas à celui de la préservation de la structure et à sa croissance exponentielle.

La première conséquence, même si elle ne nous est apparu que tardivement, est la baisse généralisée du niveau spirituel de ses membres. La diffusion du Sahaj Marg n’est plus l’objectif prioritaire, les cadres ne sont plus choisis pour assurer ce rôle et les moyens utilisés perdent de leur valeur et ne sont pas remplacés. L’enseignement qualitatif a cédé le pas à un prosélytisme exacerbé vers le plus grand nombre.

Une autre conséquence, qui nous a fait violemment réagir, est la recherche permanente de fonds. Pour accueillir le plus grand nombre, il faut des moyens conséquents, donc de l’argent. Pour obtenir une image respectable, il faut des ashrams, des écoles, des bibliothèques, des œuvres humanitaires, etc. donc de l’argent.

Là encore, cela soulève de multiples questions :
  • Chariji, et d’autres avec lui peut-être, est à l’origine de cette évolution de l’objectif prioritaire de notre Mission. Pour quelle raison a-t-il effectué ce glissement de la qualité vers la quantité ? Pourquoi refuse-t-il de s’en expliquer ?
  • Chariji a-t-il eu raison d’effectuer ce choix ? Babuji aurait-il fait ce même choix ? Peut-on allier qualité et quantité ? Ou bien revenir en arrière ? Et si oui, avec quels moyens ? Une organisation en réseau ?
  • Pour quelles raisons a-t-on développé à ce point le culte de la personnalité ? Pourquoi se retrouve-t-on aujourd’hui face à un Dieu-Guru ? N’eut-il pas été plus judicieux de ne pas concentrer tous les pouvoirs dans les mains d’un seul ? Pourquoi a-t-on fait ce choix ?
  • Y a-t-il d’autres moyens de gérer autant d’argent, en évitant les dérapages qui créent les disparités actuelles de traitement des plus aisés vis-à-vis de la plus grande masse, même si les plus pauvres bénéficient de certains avantages ?
  • Pourquoi culpabilise-t-on tous ceux qui posent des questions ? L’évolution de la SRCM a fait fuir la plupart des vrais chercheurs spirituels. Est-ce cela qui est recherché ? Et pourquoi ? Est-il normal d’opposer systématiquement spiritualité et pensée critique ?

Comment réagir pour que vive le Sahaj Marg ?
  • Faut-il faire comme le plus grand nombre ? Se taire et suivre aveuglément Chariji ? Sans se poser de questions ? Et accepter de stagner sur le plan spirituel ?
  • Faut-il quitter la Shri Ram Chandra Mission, cette structure qui a tout perverti ? Aller chercher ailleurs ce qu’on ne peut plus y trouver ?
    o Seul(e) et sans accompagnement ? au risque de se fourvoyer ?
    o Au sein d’un autre mouvement pas encore perverti ? Mais qui peut finir par le devenir aussi ?
  • Faut-il rester dans la structure et se battre de l’intérieur envers et contre tous ? Pour tenter de la ramener dans le droit chemin ? Si tant est que cela soit encore possible ? Et si oui, avec quels moyens ? Nos blogs, des questions incessantes à tout le monde, aux responsables et à Chariji ?
  • Ou bien peut-on essayer d’évoluer à cheval entre ces deux structures (l’ISRC et la SRCM), en s’appuyant sur la première (évolution spirituelle personnelle), pour tenter de faire évoluer la seconde vers plus de spiritualité et moins de croissance folle et démesurée ?

Quelles sont nos pistes ?
  • Abandonner immédiatement le culte de la personnalité, l’organisation pyramidale avec concentration du pouvoir dans les mains d’un seul
  • Privilégier immédiatement le spirituel à la croissance et au matériel, cesser de culpabiliser les uns ou les autres pour libérer l’expression
  • Adopter rapidement un mode d’organisation en réseaux, séparer les compétences spirituelles des responsabilités matérielles, adopter une transparence totale
  • Choisir ensuite des instructeurs sur leur niveau spirituel, mais aussi beaucoup sur leurs capacités relationnelles et pédagogiques
  • Retravailler enfin sérieusement les outils, sur la base des 10 maximes de Babuji

N’hésitez pas comme d’habitude à réagir à tout cela. Ma tentative de faire une toute première synthèse est forcément partielle. Vos critiques seront toujours les bienvenues.

Elodie